20 juillet 2007
Under the big red sun
Pauvres débris humain qui subissez soit la cinacule parisienne, soit les orages dégueulasses et tout aussi franciliens. Moi, je suis a Montpellier, où, j'aime autant vous le dire, le soleil a une toute autre qualité, une autre finesse, il sent bon la mer, les pins parasols, les gros platanes paresseux et le calcaire surchauffé.
D'ailleurs, je reste à l'ombre, se faire cramer la couenne au soleil, c'est bon pour les touristes qui s'agglutinent à Palavas.
J'ai eu un choc, quand même.
En arrivant dans l'appart' (j'écris comme Angot, c'est cool : retour à la ligne après chaque phrase de 6 mots ; ça peut en faire des pages à ce rythme).
Que vois-je ?
Soudain !
Blood and guts !
Quatre boites.
A chaussures.
(Bon j'arrête, c'est promis).
4 boites à chaussures, toutes neuves, donc 4 paires de chaussures tout aussi craquantes et croustillantes. Parce que - faut que j'explique - normalement, B'., c'est pas le genre à acheter des chaussures. Ou alors parce qu'il faut traverser le Kalahari à pied. Et donc, 4 d'un coup, ça me stupéfie net. Elle vient de claquer son budget grolles pour les 10 années à venir. Et en plus, elle aime les chaussures confortables, genre Scholl, vous voyez les machins que les infirmières bielorusses sont obligées de porter lorsqu'elles sont accusées de crime contre-révolutionnaire. Pire, même des fois : ce que mettent les mémères abonnées à La Blanche Porte. Parce que dans le tas, il y a même des chaussures de fille, de jolies petites choses, à la fois inconfortables et pleines de lanières. A son retour, elle m'explique que c'était les soldes et qu'elle n'a plus rien à se mettre. Comme une fille quoi. Merdation ! On me l'a changé, pendant que j'avais le dos tourné. Je fouille bien un peu partout, à la recherche de coke ou d'exta, mais macache : elle est clean. Très bien ok, la féminité, même déviante, c'est trop fort pour un gros lourd comme moi, tout est normal, il suffit que je continue à respirer par le nez et tout ira bien.
A part ça, je me tape toujours la traduc pour notre belle jeunesse qui ferait mieux de faire une bonne guerre plutôt que de trouver que les japonaiseries c'est top-kawai et donc hyper kikoo trop cool.
Résumé des opérations : notre héros se fait tirer dessus, notre héros va aux putes, notre héros se fait traiter de pédé, notre héros apprend à taper dans les couilles des gens qui mangent salement. La vie quoi !
Evidemment, j'ai expliqué à M. (qui n'y est pour rien, la malheureuse, et qui a du beaucoup souffrir aussi) que c'est scandaleux des conneries pareilles à mettre en bon français.
Le saviez-vous ?
D'après M., qui est bien placée pour le savoir, les prénoms japonais qui se terminent par ko,en général, c'est des filles.
Commentaires
Comment, tu savais pas ?
Cela dit, ça n'a rien d'une exclusivité, "ko" c'est un peu l'équivalent de "ette" en français. Il y a aussi pas mal de prénoms féminins qui ont d'autres terminaisons, mais celle en "ko" est assez fréquente, et ce depuis longtemps (cf. des impératrices de l'époque Heian qui s'appelaient Sadako, Akiko...).
Ben non je ne le savais pas. Ah la là, je ne peux meme plus être laissé aux joies enfantines de la découverte ...
Il reste tant de choses à découvrir, tiens par exemple moi, tout à l'heure, à la clinique du Sport où je consultais pour des problèmes de genoux, on m'a prescrit un médicament à base d'avocat qui régénère les cartilages. Tu savais, toi, que l'avocat (le fruit, pas le juriste) régénérait les cartilages ? Nous vivons dans un monde merveilleux.
>> En arrivant dans l'appart' (j'écris comme Angot, c'est cool : retour à la ligne après chaque phrase de 6 mots ; ça peut en faire des pages à ce rythme).
Elle n'a rien inventé (décidément), Alphonse Allais le faisait déjà à la fin du XIXe siècle. Mais c'était beaucoup plus drôle.
Tu sais depuis que j'ai découvert qu'un épaississant (le xanthane) est le fruit de l'action d'une bactérie sur je ne sais plus quoi, plus rien ne m'étonne.
Quand à Alphonse, il faisait ça pour rire. Nos littérateurs trouvent ça vachement moderne et/ou transgressif. Bientôt il découvriront que c'est top novateur d'écrire en alexandrins.
Ça pourrait le redevenir. À force de ne plus écrire en alexandrins, un jour on s'y remettra en y voyant une innovation.
Oui, le jour où on se remettra à écrire en alexandrins, tu seras toi-même étonné par le nombre de gens qui s'écrieront "Trop délire ce truc, ça avait jamais été fait !"
Alphonse n'écrivait pas seulement pour rire. Il écrivait aussi pour gagner sa croûte (et son absinthe). Et il ne faisait pas mystère du fait que ces petits jeux servaient à tirer à la ligne ("j'abrège pour ne pas fatiguer le lecteur", ajoutait-il).
Il n'empêche que je donne volontiers cent mille romans "pour pas rire" qui plaisent au Monde des Livres ou dont les auteurs se revendent d'un groupe d'édition à l'autre comme des joueurs de foot pour un seul paragraphe de "pour rire" de cette époque-là. Mieux : il y a plus d'intelligence et d'art d'écrire dans une pochade d'Allais de trois pages écrite sur un coin de table de bistrot que dans tout un roman français comme-il-faut d'aujourd'hui.
En allant dans ce sens : on a déjà inventé quantité de trucs qui n'étaient que des redécouvertes...
« 1.9
Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
« 1.10
S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.
« 1.11
On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard. »
(L'Ecclésiaste)
Et pour donner dans le même genre de commentaires que toi, je te dirai que toute la littérature "sérieuse-contemporaine" de cette décade ne vaut pas tripette auprès d'une ligne de l'Ecclésiaste (par exemple).
Ptipois> Nous sommes encore d'accord (c'est terrible), et à propos de tire-à-la-ligne, je me souviens de l'histoire du Hussard de Monte-Carlo qui, enfermé dans le placard, passe deux pages à pousser sur la porte pour sortir avant de s'apercevoir qu'il faut la tirer.
Escape> Comment peut-on prendre au sérieux les écrits de gens qui voient Moise partir sur le mont Sinai avec un matériel de pyrogravure et qui le croient quand il revient avec un faux manifeste, pretendumment composé par le Seigneur, lui-même ?
Et maintenant, une chanson :
Moïse sur le mont Sinaï
Moïse sur le mont Sinaï
Disait à son peuple chéri :
"J'ai la pomme d'Adam
Qui monte, qui monte,
J'ai la pomme d'Adam
Qui monte et qui r'descend !"
Ou alors :
Moise, youp la boum, c'est le chéri de ces dames, Moise, youp la bom, c'est le roi du mont Sinai (yeu)
Moise youp la boum, Moiiiiiiiseu !
Bande de mécréants (comme moi), sachez que l'Ecclésiaste, c'est le livre le plus *athée* de la Bible, où l'intérêt de la notion de Dieu est carrément remis en cause...
Enfin bon, je t'ai bien eu, nananère. (Et je suis pas sur mon blog, donc c'est moi qui ai tort mais je m'en fous).
>>> Bande de mécréants (comme moi), sachez que l'Ecclésiaste, c'est le livre le plus *athée* de la Bible, où l'intérêt de la notion de Dieu est carrément remis en cause...
Alors là, ce que je peux m'en cogner l'œil avec une patte d'anguille... Y a vraiment que les athées pour accorder de l'importance à ce genre de truc.
Ma foi, c'est vrai qu'on s'en branle. Quand je pense qu'on a pris terriblement ça au sérieux pendant des siècles. Et là ... (presque) tout le monde s'en fout ... Où va la France ?
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