Le dictaphone, c'est autre chose. Je l'écoute en me disant qu'elle est tout et que je ne suis rien, possible que j'en sois amoureux, mais quand j'entends cette voix, sur cette cassette, pas quand je suis avec elle , en vrai, en face à face. Amoureux, pas tant de la voix, que de la personne que j'extrapole à partir de cette voix, personne qui n'a pas grand chose à voir celle qui se tient devant moi, debout ou assise, que j'écoute et à qui je réponds.

La cassette dit : Souvent je rêve que je vole, près des falaises, nue, effrayant les goélands, sans agiter les bras, parce que je sais voler, sans gestes, mieux que n'importe quel oiseau. L'air me rentre par la bouche et ressort par ma chatte avec un chuintement ... Non pas un chuintement ... c'est trop prout-prout (rire) ... Ca fait schllll quand il ressort, une sorte de pet léger. Bref, quand il ressort, il colore tout en rouge, comme une photo virée, puis ça passe en moins d'une minute et j'en profite pour remettre ça. J'aime bien le monde en rouge.

Comment voulez-vous que je reste calme en entendant cela ? J'ai vraiment du mal à comprendre que ce sont les mêmes lèvres qui ont articulé ces paroles. Les mêmes lèvres que celles de cette fille timide, qui ne pose pas un mot plus haut que l'autre, que j'essaie d'explorer par delà son visage et ses apparences si lisses et si tranquilles.

La cassette dit : Les filles doivent être gentilles, tout pardonner, voire s'excuser. Même si objectivement on se fait tringler par un gros con qui s'imagine faire des pompes au Gymnase-Club ; certaines vont jusqu'à lui faire croire, au gros con, que c'est trop bon et en rajoutent dans les ah oh, ah oh. A faire comme ça, elles finiront par épouser un gros con et auront plein de petits gros cons. C'est merveilleux. Moi, quand je m'emmerde trop, je contracte mes muscles, mes muscles intimes (rire) et je l'éjecte aussi sec. Parfois, j'y vais tellement fort que la capote reste en moi tandis que le gros con, suivi de sa bite à nu se retrouvent comme des glands, les genoux enfoncés dans le lit. Dans tous les cas, j'éclate de rire, parce que c'est trop drôle de les voir comme ça. Ils sont furieux en général ; mais ils peuvent bien être furieux, rien à battre. Y'en a même qui font comme si de rien n'était et essaient de se faufiler encore entre mes cuisses. J'aime autant te dire que je les vire à coup de pieds du matelas.