Ce début janvier polaire a fait crever les plantes en pot de B'. sur le balcon (de B'. - logique). Ce blog suivra donc le même trajet et ce 560ème billet sera le dernier. Les meilleures choses ont une fin, et les pires aussi, comme quoi il n'est pas vraiment nécessaire de s'évertuer à les rendre meilleures.

C'est Jacques Rancière qui a formulé ce que je sentais confusément : donner dans la théorie critique à destination d'un public d'abrutis (ou supposés tels) est complètement vain et finalement assez douteux, la position surplombante n'étant qu'une position surplombante de plus. Le pire étant évidemment la théorie critique à destination des convaincus d'avance, la connivence avec ceux qui se gaussent en douce des abrutis. Bref, jouer les petits profs est plus qu'agaçant - et totalement inutile de surcroît. Sans compter qu'on finit par succomber à l'auto-censure, comme un journaliste lambda ; à quoi bon, dans ces conditions ?

Certes, certes, ce blog n'était pas qu'un défouloir pour petit prof nourri de sciences sociales piquées dans les bibliothèques municipales. Pour tout dire, je me relis de temps à autre et ne peut m'empêcher de penser putain, qu'est-ce que je suis bon. Mais il était temps de mettre un terme à cet exercice de style.

Certes, encore, il m'a permis de rencontrer des gens intéressants, sympathiques, fauchés, psychotiques (rayer les mentions inutiles), mais je tiens à confirmer que pour emballer les filles, c'est nul. Je vais plutôt m'acheter l'excellent ouvrage de David de Angelo.

Pour tout arranger, ce n'est pas ce que j'ai fait de mieux. Je vous conseille plutôt Edmonzzz, qui, lui, est un chef d'oeuvre comme il n'y en pas 5 par siècle. Et j'ai d'autres projets sous le coude, pas liés à Internet (lequel commence à me gaver sévère), projets que je ne pourrais mener à bien si je continue à raconter pourquoi j'ai raison et les autres tort.

Donc, c'est fini, et plein de gros bisous aux gens qui ont suivi consciencieusement ce machin, par intérêt, par masochisme ou parce qu'ils étaient punis.