20 septembre 2009
Lada
Lire des romans russes sur l'époque brejnevienne et post-brejnevienne est toujours éducatif, quoiqu'un peu lassant au bout d'un moment. Je parle non pas des romans écrits ces dernières années qui ont un fort relent d'opportunisme, mais de ceux conçus durant cette période et gardés au fond d'un tiroir en attendant des jours meilleurs. Toujours la même histoire : peuple de quémandeurs, décrépitude morale, feignantise généralisée, alcoolisme, népotisme, corruption à tous les étages ... Au final, tout se résoud dans l'étouffemement des moindres vélléités d'initiative individuelle et de la perte du sens de la propriété privée ... Gna gna gna ... Mais, à vrai dire, le plus frappant réside dans - justement - l'absence de différences avec la situation à l'ouest (à l'époque et de nos jours) ou plutôt dans le fait qu'il s'agit d'une différence de degré plutôt que de nature, comme si les régimes post-staliniens n'avaient été que des caricatures de nos propres régimes, dont les traits auraient été simplement plus marqués - comme dans toute caricature. Au moins en ce qui concerne le népotisme, la corruption, l'irresponsabilité tous azimuts et la promotion des plus veules.
Il y a 20 ans de cela, du temps où je voulais déjà marquer ma différence - et que je n'avais que fort peu de liquidités, j'avais acheté une Lada d'occasion. Vous connaissez la plaisanterie : Quelle est la différence entre le sida et une Lada. Réponse : essaie un peu de refiler une Lada ! Bref, c'était une merde montée sur 4 roues comme je ne pensais pas qu'il pouvait en sortir d'une chaîne d'assemblage. J'avais comme collègue un juif russe passé par Israël avant d'échouer je ne sais pourquoi en France et qui m'avait sincèrement plaint en m'expliquant les choses suivantes : Il ne faut pas acheter une Lada construite soit en début de mois, soit en fin de mois. En début de mois, parce que les ouvriers s'étant soulé la gueule avec leur paie ne travaillent que peu et mal. En fin de mois, parce qu'ils attendent la paie, en ont plein le cul et se les roulent en espérant que les machines bosseront toutes seules. Le même schéma pouvait s'appliquer aux week-ends et aux jours fériés. En résumé : mieux valait n'acheter que des Lada construites un des deux mercredi du milieu du mois.
De surcroît, les ouvriers en question avait eu au moins quelqu'un de leur famille qui était allé au camp pour « sabotage » quand ils n'y étaient pas allés eux-même. Dans ces conditions, les contremaîtres et autres petits chefs pouvaient toujours essayer de les menacer, ils s'en battaient fermement les couilles - que risquaient-ils donc de pire dans les années 70 et postérieures ? A l'ouest, en moyenne, on a continué à respecter la hiérarchie - sans même parler du peloton croissant de veaux du tertiaire pour qui l'idée même de protestation n'a tout simplement pas de sens.
D'accord, au final, c'est l'Ouest qui a gagné. Mais ce n'est que la première mi-temps ...
27 avril 2009
Une journée de travail

Résultat d'une journée de travail. On remarque :
- « zaza », la variable fétiche
- « dodo » parce que j'ai sommeil, moi !
30 mars 2009
La louse
Ca fait plusieurs fois que je tombe sur cette sombre histoire selon laquelle il est hérétique d'écrire looser alors que la véritable orthographe est loser.
En tout état de cause, il faudrait même écrire louseur, la transposition d'un mot dans une autre langue devant se faire suivant les règles de prononciation de la langue cible avec le plus parfait mépris de l'orthographe originale, le respect des graphies étant une préoccupation d'académiciens confits dans leur pipi.
On a tendance à être un petit peu petite bite dans la France des XXème et XXIème siècles. Au XVIIème, on écrivait sans complexe boulingrin (parterre gazonné) pour bowling-green. Plus près de nous, on s'est mis à garer les voitures dans des parkings (en anglais, car parks), ce qui est une aberration puisqu'on emploie un gérondif pour un substantif. Certes, mais so what ? En Espagne quand j'étais petit, on mangeait des bistecs et, de nos jours au Mexique, des pay (prononcer paille pour l'anglais pie = tarte). D'ailleurs l'absence de complexes des hispanophones éclatait avec vigueur sur la pochette d'un vieil album des Stones où toutes les chansons étaient « sous-titrées » et où Paint it black devenait Pintalo negro.
Sans compter que parfois, au lieu du glissement orthographique, on bénéficie d'un glissement sémantique, puisqu'aux USA, un rendez-vous est un rendez-vous galant (dans les autres cas, c'est appointment).
Bref, les puristes ne méritent que notre plus vigoureux mandrin dans le cul et avec des gravillons, s'il vous plait.
Au fait, en mandarin, au revoir se dit paipai (bye bye). Ce sera le mot de la fin, particulièrement de circonstances ...
25 octobre 2008
Signe particulier
Quand j'avais 8 ou 10 ans, je me suis rendu compte que ma carte d'identité ou je ne sais plus quelle pièce administrative du même acabit comportant à la ligne signe particulier : aucun. Je fus assez vexé, car à l'époque, j'en avais un, de signe particulier : une tache de naissance brun foncé qui, avec ma croissance, s'était dilatée et avait pâli, donnant, de ce fait, toujours l'impression que j'avais le cou sale, du côté droit.
Et puis, un signe particulier, c'était toujours ce que possédaient les héros : une marque en forme d'étoile qui permettait à la reine de France de reconnaître dans ce paysan couvert de chaînes le fils illégitime qu'elle avait eu avec Richard Coeur de Lion. Ne pas posséder ce signe d'élection, c'était faire partie de la masse indifférenciée des interchangeables. Bien entendu, je n'avais pas aussi bien articulé mon argumentaire à l'époque, mais je sentais bien que me dénier ce signe particulier revenait à me dépouiller de quelque chose d'une extrême importance.
Lorsque je protestai, ma mère m'expliqua que c'était à cause de signes particuliers qu'on identifiait les résistants pendant la guerre. Raison au moins aussi romanesque et qui m'emplit d'une certaine fierté. Je lui pardonnait donc.
J'examinais tout à l'heure ma fille sous toutes les coutures. Aucun signe particulier. Et si ç'avait été le cas, l'aurais-je déclaré ? Bien sûr que non. On ne sait jamais de quoi demain sera fait.
Maman avait raison.
08 août 2008
L'Estar
Les revues littéraires me font penser à l'estar, cet animal en voie de disparition doué de parole.
L'estar ne cesse de répéter que :
- il n'est pas en voie de disparition.
- s'il vient à disparaitre, ce sera la fin de :
- la civilisation
- toute vie
- l'expansion cosmique : annulation du Big Bang, déclenchement du Big Slurp et retour au néant primordial.
sans bien se rendre compte que ces deux assertions sont incompatibles.
19 juin 2008
Journée bricolage
Un lever gracieux, couilles fermement grattées, juste avant de me saisir du croissant que mon esclave femelle me tend d'une main languide. Car, les femmes enceintes, je les envoie chez le boulanger à des heures indues pour avoir mon content de lipides dès potron-minet. Elles transpirent, ahanent et soufflent dans l'escalier, mais quelle n'est pas leur joie quand je leur accorde un regard de remerciement depuis ma couche.
C'est journée bricolage. Le temps de manger le croissant, de me rouler dans les miettes comme le phacochère dans sa boue, de discuter le bout de gras avec le baleinoptère gravide, de proposer plutôt demain mais ça ne marche pas, de chercher un slip propre, deux chaussettes - a peu près - identiques et pas trop sales, de reproposer demain mais toujours ça ne marche pas, et nous voilà partis tels des gerfauts hors du charnier natal, en direction du BHV.
Point 1 : Le mécanisme des chiottes est cassé. Une donzelle avait raconté sur son blog qu'elle avait pleuré sa race de féministe contrite pour avoir du appeler un plombier, incapable de faire face à l'extension du marécage au pied de la faïence. Je pourrais le faire, moi. Fastoche. Tout seul, avec mes petites mains. Tu changes l'intégralité du mécanisme et c'est basta. Vite fait, bien fait, à condition de ne pas oublier de couper l'arrivée d'eau. Mais, en ce qui me concerne, c'est différent : j'ai décidé de réparer le dit méchanisme, ce qui n'est accessible qu'aux ninjas à partir du niveau 6. Les maitres du feu, de l'acier et du polyuréthane, les Immortels à la clé de 12 m'ont murmuré depuis leur Olympe et durant mon sommeil une possible solution.
Point 2 : Les portes du placard ne coulissent plus. Quand je veux, par exemple, prendre une chemise, j'agite un peu la porte jusqu'à ce qu'elle me tombe dessus, je la rattrape au vol et la dépose délicatement sur le sol, j'extrais de son logement l'objet de mon désir, puis ramène la porte dans une position vaguement verticale en forçant un peu pour qu'elle ne s'abatte pas derechef sur moi. Ce n'est pas une vie (encore que j'utilise assez peu de chemises), et j'ai diagnostiqué une usure du rail (sur lequel les portes via des roulettes coulissent etc).
Le point 1 ne m'a posé aucun problème, c'était même trop facile et ç'aurait du me mettre la puce à l'oreille. Pour le reste, on a fait les 6 étages du BHV qui est très grand, très plein de gens qui ne foutent rien de leur journée et désespérément vide de tout rail de guidage pour penderie ou autre. Tout le monde semble savoir où ils se trouvent et lorsque l'on suit les indications aussi nombreuses que contradictoires, on arrive au rayon des nounours en peluche, des soutien-gorges affriolants ou des accessoires pour loisirs créatifs qui font peur.
Alors on va à Leroy-Merlin où l'on nous raconte que ça ne se vend pas séparément, pas cons les fabricants nous explique un vendeur qui en a là-dedans et on est bien obligé d'admettre qu'il en a là-dedans et nous, bien profond, mais ailleurs.
On change alors notre fusil d'épaule, et on opte pour le plan B : on vire les portes et on remplace tout par un rideau. Moi, toujours kitsch, je voulais des rideaux de douches en vrai plastique translucide avec des vrais motifs de rideaux de douche, hippocampes multicolores, étoiles de mer phosphorescentes, blondes à forte poitrine à côté d'un pêcheur qui dit C'est des appâts comme ça qu'il me faudrait (non, c'est plutôt pour les cartes postales, en fait) ou petits poneys roses. Mais aucun ne fait plus de deux mètres de haut.
Larmes et éviscérations de rage.
On se rabat donc sur du tout-venant moche, après tout, je ne vais pas dissimuler mes chaussures et chemises douteuses derrière du tissu à 200 euros le tronçon. Plus pour soutenir tout cela, la tringle (rouge) de 2.50 mètre. Et l'on se retrouve à la caisse, devant une jeune femme, assez jolie, qui fait ça pour gagner de l'argent et pas parce qu'elle en a rêvé depuis qu'elle est toute petite. Je trouve ça injuste, évidemment, comme tous ceux qui s'émeuvent de voir même une ébauche de joliesse derrière les barreaux d'une cage. En d'autres termes, si c'était un thon, elle serait à sa place à expier une faute commise dans une vie antérieure. Tout ceci me fait penser que toutes les religions ou apparentées, laïques ou non, ont eu à coeur d'expliquer la merde dans laquelle pataugent certains en invoquant les existences précédentes, la prédestination, le talent, la lignée ou n'importe quoi d'autre qu'un lecteur du Point puisse comprendre. Imaginez un peu qu'on avoue que c'est pas de bol, et complètement injuste ; ne resterait plus que les fusils pour contenir la colère. Et la guerre civile, c'est pas marrant tous les jours.
Mais tout cela n'a fait que me traverser l'esprit et fort opportunément je demande à la caissière combien ça fait et, oui, je paie en CB. Puis, à la cantonade (je parle parfois assez fort pour foutre la honte à qui m'accompagne), je fais remarquer à mon amie la baleine que la tringle ne va jamais rentrer dans le métro. Pas verticalement, en tout cas, et horizontalement, ce sont des énucléations en série assurées. L'employée du mois me donne raison. Ca va être trop chaud, dit-elle avec ce franc parler banlieusard dont on fait les films de Besson. Mademoiselle, on voit bien que vous n'êtes pas la moitié d'une conne, vous non plus, cher chauve porteur d'une carte gold, vous allez vous faire haïr, ajoute-t-elle à la future mère qui insiste, mais de toute façon tout le monde hait tout le monde dans le métro, comme quoi, pour les réflexions sur la condition humaine, pas besoin d'acheter le bouquin de mémoires d'un ancien ministre incompétent dès son cours préparatoire.
Comme c'est vraiment trop loin pour rentrer à pied - enfin moi, les sept mois sur pieds prenant de toute façon les transports en commun, on descend les escaliers qui y mènent, au métro. Mais c'est madame qui porte la tringle : on hésite à frapper une femme enceinte, même si elle vient d'éborgner le petit dernier.
Le voyage s'est déroulé sans le moindre incident.
19 mai 2008
VFSG
Le dernier homme sur Terre croise la dernière femme sur Terre.
Il lui dit : « Bonjour, madame », puis s'efforce de penser à autre chose.
01 avril 2008
Gras double
Plutôt que de pérorer sur les choses du monde auxquelles je ne connais rien ou de faire de la prose à la fois poétique et névrotique (ce qui n'est jamais une très bonne idée), je vais donner dans ce que je sais le mieux faire : la tranche de vie au débotté, dont tout le monde se contrefout (mais le reste aussi).
La grande question de ce début de XXième siècle n'est pas :
- Jusqu'à quand allons-nous supporter les conséquences des hallucinations cognitives d'Adam Smith ?
- Pourquoi X couche-t-elle avec tout le monde sauf avec moi ?
- Avons-nous autant besoin de valeurs que d'une bonne isolation phonique ?
Mais :
- Où peut-on trouver une triperie à Paris ?
C'est S. qui a soulevé le problème la première. Comme ça n'entrait pas dans la catégorie grandes questions existencielo-sociétales (et que ce n'était pas gout apocalypse), je n'ai pas pris cela très au sérieux. Après tout, le type qui est à l'Elysée et qui est à la classe ce que le Prince-Ringuet est aux oreilles, il faudrait trouver un truc astucieux pour le renvoyer chez lui faire du sodoku, et ça c'est une putain de vraie problématique.
Mais quand vous voulez faire des tripes à l'Algéroise (ie : avé des poivrons et de la cannelle), l'absence notoire de dealers en tablier blanc vous fait prendre conscience de l'énormité de la quête à entreprendre et par conséquent de l'anormalité de l'absence en elle-même. En d'autres termes : S. a foutrement fucking raison.
Nos concitoyens ne croient plus aux valeurs du travail, ni au coté soyeux et agréable à caresser du lien social. Ils ne mangent pas non plus de tripes, c'est moyennement hype, ça fleure bon son terroir vichyssois les sabots dans le crottin, et le petit cadre, les sushis, ça le laisse comme deux ronds de flan - l'apex de la modernité diétético-hygiénique et de l'exotisme.
Je me suis pris par la main, et suis allé dans une boucherie de taille raisonnable au marché dont j'ignore toujours le nom, mais, c'est pas difficile, vous descendez à Chateau-Rouge le samedi et c'est Dakar comme à la maison, avec, en sus, systématiquement, un plein car de CRS en faction pour que l'on sache que, dans ce pays, faire ses courses dans les meilleurs conditions de sécurité, nos amis les cooptés du ministère de l'intérieur, ça leur tient fort à coeur .
Et je demande au boucher s'il a du gras double. Parce que les tripes, dans les livres de cuisine, ça s'appelle du gras double. Vous allez comprendre pourquoi. Le mec me regarde comme si j'étais l'idiot du village, ayant paumé ses chèvres et un canard caquetant encore planté au bout de la bite. Mais mon pauvre monsieur (Traduction simultanée : Non, mais d'où tu débarques ducon ? ), mais y'a des années qu'on n'en vend plus et vous n'en trouverez pas à des kilomètres à la ronde. Devant mon air penaud, il ajoute : mais si vous voulez, je peux vous vendre des tripes fraiches, me désignant un énorme sac débordant de coupes de moquette brunâtre. Je lui explique que, non, c'est à manger que je veux faire et il me révèle que le gras double, ce sont des tripes (oui, les trucs, là, tout poilus), mais pré-cuites. Prêtes à l'emploi. Parce que sinon, 4 bonnes heures à la cocotte-minute sont nécessaires à la transmutation.
Trop c'est trop ! J'ai laissé tomber, ai acheté un kilo de chèvre, et j'ai préparé ma recette old-school de la daube provençale. B'. a été émue de voir que j'étais capable de faire autre chose que d'enfourner des plats surgelés dans le micro-ondes et de le lancer plein pot pendant 5 à 7 minutes.
13 décembre 2007
Gne suis fa-ti-gué !
En fait, je m'en rend compte maintenant, ce n'est pas un travail en particulier qui me fait chier, c'est le travail en soi. Le fait de travailler et d'y être obligé. Bien que le mien actuel (de travail) soit presque optimal. Mais rien n'y fait : ça m'emmerde.
Je sais, j'ai râlé que mon oisiveté payée par les ASSEDIC me rendait tout mou, et ne me donnait aucun tonus. Maintenant, quand je rentre chez moi, je n'ai qu'une envie : me défoncer. Mais c'est interdit.
D'autant que quand je rentre chez moi, les plombs ont sauté, le congélo s'est répandu en liquide sur le sol moyennement propre de la cuisine, y'a plus de lumière et surtout il fait à peine 15 degrés dans l'appartement. Si j'étais resté chez moi à contempler mes orteils, j'aurais pu remettre le disjoncteur sur marche dès la venue de l'incident. Et en plus je ne me serais pas frigorifié à marcher jusqu'au RER.
Gag suprême, B.' fait un peu la gueule sans oser l'avouer mais quand je glandais, je l'attendais à la maison, j'avais fait à manger, j'étais tout propre et tout rasé, j'avais déroulé le tapis rouge, j'étais prêt pour le massage et les feux d'artifice. Maintenant je fais Rahhh gne suis fa-ti-gué.
Bref : j'ai beaucoup perdu (et gagné un peu d'argent, il est vrai).
05 novembre 2007
Evènement de la rentrée
Allez, fini de rire ! La semaine prochaine, je bosse. Je veux dire, vraiment, avec des gens qui me paient, des horaires scandaleusement matinaux, et une mutuelle pour refaire mes lunettes.
Je vais donc me calmer ici, ce qui tombe assez bien parce que je commençais à m'essouffler.
D'autant que personne ne m'aime.
Il va d'ailleurs falloir que je m'achete un, et même deux costumes. Pas que je n'en ai pas. Trois dans la penderie. Mais, comment dire ... Les pantalons ont disparu ; ne restent que les vestes.
La vie n'est pourtant pas une pièce de Feydeau où l'on s'extrait des placards en catastrophe et caleçon. Normalement, on ne perd pas ses pantalons. On ne les oublie pas non plus chez quelqu'un comme un vulgaire parapluie ou une écharpe. Ils ne disparaissent pas dans les micro-vortex ménagers, en compagnie des chaussettes et des slips douteux. Autant que je sache, je n'ai pas été foutu à la porte en petite tenue par une maitresse furieuse. Je ne les ai pas donnés à un pauvre méritant.
Je reste perplexe.
Pour tout dire, un peu stupéfait, aussi.
Je suis allé signer le contrat avec un futal modéremment propre et repassé. Mais avec une jolie chemise de cadre à rayures et mes pompes italo-espagnoles. Pas rasé non plus. Mais, c'est l'hiver et le col épais de mon manteau m'irrite le cou. Alors le Mach III, pas tout le temps pour que mon épiderme sucré et délicat puisse se remettre.
Vous vous en foutez de tout cela ?
Continuez comme ça ...