Mémoires d'un apathique

C'est hyper cool et c'est vachement bien !

07 décembre 2007

Retribution

Le problème avec les cinéastes dont on est un fan absolu, c'est que l'on a peur d'être déçu.
Etre déçu par un blockbuster, ce n'est pas grave. C'est juste du divertissement. On peut même être agréablement surpris par quelqu'un dont on n'attendait rien.
Mais Kiyoshi Kurosawa, il me fait peur.
Pourtant, je pense que c'est l'un des plus grands réalisateurs vivants avec von Trier.
Rien de moins.
J'ai même tendance à considérer Jellyfish, relativement honni, comme son chef-d'oeuvre (de par sa totale absence de sens).
Mais j'avoue qu'après Séance, ses films ne m'ont pas vraiment convaincu (Loft et surtout Doppelganger - jamais distribué en France - à la limite du mauvais).
Alors, lorsque Retribution, est sorti en salle, j'ai hésité, j'y suis allé à reculons et finalement je l'ai raté.
je l'ai donc acheté en DVD, import Hong-Kong parce qu'on est un vrai cinéphile ou on ne l'est pas (l'import japonais est vraiment trop cher).
Et pareil : j'ai attendu.
J'ai craint la déception.

J'ai   fini par le voir.

Et j'avoue que sa tendance actuelle à donner dans l'angoisse Ring-like me gave un peu. Je préférais nettement ses univers plus personnels de Kairo ou mieux de Charisma.

A sa décharge, je dois dire que les sous-titres anglais sont trop petits (trop petits ET en anglais, ça fait un peu beaucoup pour moi) et qu'un certain nombre de trucs me sont peut-être passés au dessus de la tête.

Toutefois, la direction d'acteurs me parait tout à fait faiblarde, voire pas convaincante, surtout lorsqu'on considère que c'est le merveilleux Koji Yakusho qui tient le rôle principal. Lorsque ce dernier mime la PEUR, on se remémore avec gêne certains nanards tournés en 1 semaine et 1000 dollars.

Evidemment, il est possible que ce décalage soit voulu. Kurosawa est un malin. Mais j'en doute un petit peu.

Reste ce qu'il y a de plus beau chez le réalisateur, à savoir une mise en scène suprêmement intelligente et inventive, parsemée de cadrages somptueux, et en particulier une utilisation  réjouissante des plans larges qui contraste avec un rare bonheur avec cette fâcheuse tendance  à filmer les personnages en gros plans, parce que tu vois, les acteurs, il faut qu'on voit leur jeu et les zémotions qui vont avec (méthode putassière, grossière, vulgaire, et sans imagination - y compris pour le spectateur).

Reste aussi une intrigue à la fois fine (malgré le rebondissement final convenu) et déliquescente, intrigante et non directive, à 100000 années lumière des scénarii malins qui n'éblouissent que les décapités du bulbe (c'est très bien dans Usual Suspects ; au bout du 250ème copieur, on soupire un peu).

Donc, je ne sais pas. Avis très mitigé. Il va probablement falloir que je m'offre le DVD en VOSTF pour pouvoir me faire une opinion définitive ....

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11 novembre 2007

Le pont des arts

On s'est décidés à regarder Le pont des arts. Enfin, surtout B'. Moi, ça ne bottait pas trop. Il faut dire que, elle, Green, ça la fait rire. Moi, moins. Déjà, à cause de la Green touch, à savoir les liaisons improbables. Par exemple Ce corps à l'arrêt a faim se prononce : Ce corps z'à l'arrêt t'a faim. Ce qui surprend un peu. Et rangent ces films dans une catégorie tout aussi improbable. Dans laquelle les critères ordinaires ne s'appliquent pas.
Comme le jeu des acteurs. Ou la vraissemblance.
C'est un peu comme du Rohmer, mais à la puissance 10. Avec un petit côté délirant qui fait défaut à Eric (Vous ne savez pas si je suis un homme ou une femme ? Vous voulez voir ma bite ? explique le méchant chef d'orchestre).
Bien sûr, cela pourrait être terriblement agaçant et vain (et l'un parce que l'autre). D'autant que Green est prof à la Femis et sature ses métrages de name-dropping et de ses copains (Bonello, par exemple - que je l'aime, lui !). Et le décalage censemment assumé, n'est-ce pas un artifice un peu facile pour éviter, justement, que des jugements puissent être portés ?
On pourrait le dire. Sans crainte de se tromper.
Mais on peut respecter aussi le côté volontairement anti-naturaliste.
D'autant qu'il y a une remarquable congruence entre fond et forme. Certes, on n'échappe pas aux longs plans fixes et à une mise en scène paresseuse. Mais s'y ajoutent d'insupportables champs-contrechamps à la limite de l'hystérique et de brusques et fluides mouvements de caméra sans utilité apparente. Ainsi que des plans-séquences tout proches du ridicule, sur la Seine en gros plan, par exemple.
Et l'on pense à Jess Franco. Ce qui est un comble.
Mais il est tout aussi certain qu'on se demande toujours si les « expérimentations » visuelles de Green sont volontaires ou dûes au hasard, ou plutôt à l'absence de budget. Par exemple, les travellings sur les spectateurs du  théâtre no semblent s'arrêter essentiellement parce qu'ils n'y a pas assez de figurants pour éviter les redites. Comme lorsque Franco change de bagnole en cours de route parce que la location est arrivée à son terme...

D'une manière générale, comme B'. l'a justement remarqué, le métrage parait se concentrer autour de « morceaux de bravoure » (comme la scène finale, magnifique), et le reste ... Un remplissage un peu laborieux.

Et en tout état de cause, ce qu'il y a de mieux dans le film, c'est la BO. C'est à dire essentiellement la Complainte de la nymphe de Monteverdi (aucune chance que ce soit La vie en rose ...). Alors rien que pour vous, deux versions : celle du film, récupérée avant le générique (luth et viole de gambe)

Et une autre au clavecin

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17 juillet 2007

Rote Sonne

A la demande générale de Monierza, voici un merveilleux compte-rendu de Rote Sonne dont j'avais parlé il y a peu. Le SCUM Manifesto et tout ça.

Pour être honnête, ça ne scum pas des masses dans ce film. Bon, le principe est simple : 4 filles, la vingtaine, partagent un appartement, y ramènent leurs amants, et les éliminent au bout de 5 jours, car dixit Isolde, au bout de 5 jours, ça se complique, on risque de tomber amoureuse. Difficile de verser une larme sur le sort de ces messieurs à tronche de vendeurs d'andouillette en gros et qui ne cessent de parler de leur bagnole. Non, ce n'est pas du tout caricatural. En 69, ça avait peut-être un sens, maintenant, c'est aussi pertinent que le méchant qui veut devenir maître du monde avec son rire démoniaque et ses sourcils broussailleux.
Evidemment, arrive un type pas-comme-les-autres, moche comme tout, avec une coupe indécente et une amorce de moustache qui ne l'est pas moins (mais c'est l'époque qui veut ça). Son amante commence à temporiser, on dépasse le délai des 5 jours  fatidiques, on sent que le soviet de gonzesses commence à se barrer en couilles, et évidemment, tout cela se termine fort mal.
En fait, c'est pas si mal, bon, évidemment c'est nouvelle vague, avec une continuité bizarre, des péripéties absolument pas crédibles et réalistes, mais ça a un charme fou, ainsi des réparties étranges et un peu hors de propos. Mais les sous-titres français ont l'air d'être faits avec Google, il y a un joyeux mélange des temps et surtout des modes (masculin/féminin), quand on parle de ils, en fait il faut comprendre elles (les filles), on s'y fait au bout d'un moment. Mais évidemment, ça n'aide pas à la compréhension.
La question qui se pose tout de même à la fin est de savoir quel est le message politique, s'il y en a un, et si sur le fond ce n'est pas en fait un film d'exploitation déguisé (ça permet de montrer des filles à poil - mais pas des masses, il est vrai). Parce que pourquoi elles tuent les 4 de Berlin ? Et bien, toujours dixit Isolde, Machine s'est faite trompée par son mec à l'époque, l'a balancé par le balcon, et on a conclu à un suicide. Et elle s'est dit qu'elle allait continuer comme ça avec ses copines. Pour se venger. C'est un crime passionnel avec sequelles, pourrait-on dire. Ca fait un peu court comme dialectique révolutionnaire. On a bien un alibi lors d'une scène durant laquelle on voit un barbu à cheveux longs, sorte de précurseur de la RAF à lui tout seul. Mais il apparait uniquement là, et ne sert à rien dans le reste du métrage. Et malheureusement, le sous-titrage atteint là des sommets d'ésotérisme, ce qui fait qu'on n'entrave rien à ce qu'il raconte. Sans compter que le seul révolutionnaire professionnel est un mec.
Oui, je sais, j'ai l'air d'ergoter, de vouloir être plus royaliste que le roi, sur le mode de certains de mes meilleurs amis sont juifs.
Mais il y a aussi que le réalisateur est un réalisateur. Et qu'on se dit que le film semble plus une réactualisation du fantasme de la mante religieuse qu'autre chose. Et l'on se demande ce qu'aurait donné le film s'il avait été réalisé par une femme. Et l'on se dit que l'on est très con, que ce genre de reflexion est inepte, car elle soutend l'idée d'une sensibilité féminine, sorte de cliché social, qui veut que la sphère de l'intime soit réservée aux femmes, sorte de lot de consolation pudiquement rebaptisé différence. On n'aurait probablement pas eu un film autre, ou en tout cas plus saignant, probablement moins (du fait de la répartition fictionnelle exposée plus haut). Quoi qu'il en soit, on est trés, mais alors très très loin de Valérie Solanas ...

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21 octobre 2006

Bercy on Seine

Tiens, on est allés voir Les fils de l'homme.
J'ai pas accroché au film, je ne sais pas pourquoi. Il faut dire que j'étais assez fatigué en entrant dans la salle.
Pourtant ce film est bourré de qualités.
La première étant d'être extêmement ambitieux. Pas moins que la reconstitution ou plutôt une constitution d'un futur proche, avec un soin du détail émouvant.  Un film ou un livre ont (ou devraient avoir) pour fonction principale la création d'un monde imaginaire à la fois riche et rigoureux dans sa richesse. Et je dois dire qu'en l'occurence, on est gâtés. Il parait que le fim a couté 100 millions de dollars. On voit où ils sont passés : dans une Londres sale, décadente, paranoiaque et très proche de celle que nous connaissons. D'ailleurs, investir 100 M$ dans un sujet aussi risqué et aussi couillu dénote une bonne santé de la part des studios. Ils sont forts, ces ricains !
Ensuite, l'histoire, bien que linéaire, se laisse bien regarder et surtout évite le twist foireux de la fin. Les acteurs sont bons, le réalisateur maitrise de bout en bout (en particulier un monstrueux plan-séquence de guerilla urbaine).
A vrai dire, je ne lui ai trouvé que des qualités à ce film. Mais je ne sais pas ... Face à l'ampleur de ce qui était déployé, j'ai dû me montrer particulièrement exigeant et trouver qu'un impondérable manquait pour en faire un vrai chef-d'oeuvre. Peut-être ...
De toute façon, à voir, à mon avis, ne fut-ce que pour défendre le concept de fiction face à l'offensive tout azimut du nombrilisme et de la docu-fiction bien de chez nous.

On est allé voir ça à l'UGC-Cité de Bercy. J'ai trouvé que les gens y étaient moches.

(MOI) Non vraiment ils sont moches. Regarde celui-là ! Et celui-là !
(ELLE) C'est la banlieue Est qui vient ici en bagnole.
(MOI) Tu crois ?
(ELLE) Aux Halles, c'est les banlieues Est et Nord qui viennent en RER.Ici c'est pour les bagnoleux.
(MOI) Mais pourquoi le fait d'avoir une bagnole rend si moche ?
(ELLE) J'en sais rien.

Bref, faut assumer son rôle de petit bobo parisien ....

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15 septembre 2006

Le surréalisme me gave

Hier, avec B'., on est allé voir Avida. Parce qu'on avait bien aimé le précédent, Aaltra. Et que j'aime bien Benoit Delepine que je voyais à une époque hanter les soirées Bis de la cinémathèque avec un air perpétuellement malheureux. Le plus drôle, si je puis dire, c'est qu'on est allé le voir sur les Champs, parce que les autres salles étaient vraiment trop nazes. Le cinéma du drugstore passe assez souvent des films un peu bizarres, plutôt décalés vis à vis de la fonction première des Champs qui est d'être un parc à beaufs.
Bref, on était 4 dans la salle. Ce qui nous a permis d'enlever nos chaussures et de grogner de bonheur parce qu'on s'était farci le trajet à pied depuis Barbès en prenant le chemin des écoliers.
Pour être honnête, j'étais un peu inquiet : j'avais vu qu'il y avait Arrabal parmi les acteurs. Et j'avais raison d'être inquiet. Je me suis fait lourdement chier la bite pendant la projection. J'avais l'impression de regarder un film surréaliste des années 30. Ne manquaient plus que les plans fixes sur des horloges ou une vache dans une baignoire. Et je me suis aperçu que le surréalisme - dans sa version iconographique du moins - me gave au delà du possible. Trucs et tics. Vieux machins d'agit prop. Desnos et Queneau en leur temps ne s'y sont d'ailleurs pas trompés.
Pour être honnête, il y a quand même quelques plans drôles (je pense à la discussion entre le sourd-muet et le propriétaire du zoo). Le reste est mortellement sérieux. D'ailleurs, pour bien enfoncer le clou, à la toute fin, on a une reproduction de Dali. Que je m'explique : est reconstitué à l'écran un tableau de Dali, puis, 2-3 minutes plus tard, plan fixe sur le tableau lui-même, histoire qu'il n'y ait pas maldonne. le problème, c'est que j'exècre Dali, pape de la phase industrielle du surréalisme.
Une des curiosité du film tient à ses acteurs : on rencontre un tas de gens plus ou moins connus, dont Chabrol (arghh !) et Vuillemin.

Bref, je suis sorti du film, grognon et affamé (alors qu'ils passent leur temps à bouffer dans le film). B'., elle, avait bien aimé. Je l'aurais embrassée. Je l'ai d'ailleurs embrassée, mais pour une toute autre raison.

Posté par memapa à 02:22 - Les films que je sais pas - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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