Mémoires d'un apathique

C'est hyper cool et c'est vachement bien !

28 septembre 2009

Escape from Picard-Land

(Un peu de vécu pour changer)
Ayant laissé le monstre aux grand-parents d'Amiens, nous sommes partis en amoureux dans une énorme bagnole de papys pour tenter de nous replonger dans cette délicieuse sensation - presque oubliée - de couple insouciant et libre de toutes attaches. Cap pour l'aventure, le dépaysement et les bouts du monde bordés de mers infinies, en l'occurence la baie de Somme, on fait ce que l'on peut, dans une Laguna instable, aussi facile à manoeuvrer qu'un char d'assaut dans un Mac Donald, et qui répetait d'une voix synthétique et agaçante : « vous n'avez pas bouclé votre ceinture, vous n'avez pas bouclé votre ceinture, vous n'avez pas bouclé votre ceinture .... ».
Disons-le tout de suite, la baie de Somme, quand on n'a rien à foutre des zoziaux, c'est chiant comme la pluie, d'autant que c'est envahi de hordes de vieux, débarqués d'autocars ou de véhicules personnels, près à s'extasier devant n'importe quoi et équipés d'accoutrement grotesques de marcheurs chevronnés, avec cannes façon bâtons de ski et sacs à dos peu convaincants. Merde, c'est avec notre pognon d'actifs soumis aux dérégulations que ces vieillards se trainent, encombrent et nous empêchent d'avancer à une allure raisonnable ! Ce fut d'ailleurs la première diatribe de B'., reprenant du poil de la bête. Malgré le but strictement ludique de ce micro-voyage, la syndicaliste qui sommeille toujours en elle, telle une belette hyperactive et affamée, ne put s'empêcher de se choper une grosse colère, sur laquelle je renchérissai en faisant remarquer  qu'on nous avait vendu l'allongement de la durée du travail sous prétexte de malfoutisation de la pyramide des âges sans envisager une seconde de diminuer les cotisations retraites, gérontocratie et sens des opportunités électorales obligent. Mais je suis pas ici pour parler de cela ...
Or donc, la baie de Somme, c'est chiant, et rapidement nous fûmes confrontés à un cruel dilemme : soit piquer plein nord, aller à Berck visiter les ex-sanas et tenter d'y découvrir les caves désormais scellées où sont entassés les squelettes des pensionnaires un peu trop rétifs à la discipline, soit nous échapper vers le sud, vers le 7-6, car j'ai omis de le dire, le picard est fier et ombrageux, en d'autres mots aimable comme une porte de prison, tentant de battre le catalan sur son propre terrain. Ce fut donc Le Tréport, au hasard, simplement parce que la distance à parcourir était grotesquement dérisoire. Magie des 25 kms parcourus : un peuple d'aimables proto-normands, à l'accent certes nasillard, derniers remparts face au déferlement picard, déjà mis en place par les ducs de Normandie. Hôtel charmant, truffé de sorties de secours donnant dans des jardins potagers où paissaient (c'est le mot) d'énormes lapins nains, gros comme des porcelets, et qui tondaient la pelouse avec la minutieuse et légendaire concentration de ces animaux à grandes oreilles. Siestes, siestes, nuits outrageusement prolongées, sexe enfin satisfaisant, loin de la pression toute brigbrotherienne que fait peser sur nous la présence du monstre et ses possibles réveils intempestifs. En dehors de cela, glandouille assumée sur les falaises, gaufres nutella-chantilly, grosse bouse au cinéma local, machines à sous en compagnie des mémés, et dents du fond qui baignent au restaurant. Car, des confins de la Normandie jusqu'à la frontière Belge - et au delà, règne en maîtresse une redoutable spécialité gastronomique : la FRITE. Qui plombe le foie au bout d'un certain temps, et vous fait le visage constellé de petits boutons inesthétiques. A tel point que le dernier soir, j'ai commis un écart et me suis envoyé une fondue normande, c.a.d une pomme découpée en tranches fines et recouverte d'un demi camembert fondu (avec un soupçon de calva). Très bon, et étonnamment fin, dans cette station balnéaire soumise au goût détestable des touristes en vagues inlassables ...
La prochaine fois, ce sera le tour des autres grands-parents, malgré leur âge avancé, le rapt de leur plus petite voiture, et grosso modo, Etretat comme destination lointaine ...

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28 mars 2009

La maternelle

Profitant

  1. d'une insomnie de ma part
  2. de la lente émergence du sommeil de B' sur les coups de 3 heures du mat'

je lui saute dessus et lui fait subir les derniers outrages. Assez ravie de cette rafale d'outrages, elle en profite pour ne pas se rendormir, et me tient la jambe (au propre comme au figuré) durant l'heure qui suit.
Et j'apprends donc qu'une sienne amie met ses gamines à la maternelle, ce qui n'a rien d'extraordinaire puisqu'elles ont entre 3 et 6 ans. Là où ça se corse, c'est quand j'apprends que les dites gamines sont notées, comme un lycéen moyen. Moi qui m'imaginais qu'à la maternelle, on faisait du dessin, de la pâte à modeler, du xylophone ou des trucs du même acabit. A vrai dire, on le fait toujours, mais on est noté pour ça. Avec des remarques sur le carnet de correspondance comme quoi X ou Y est en retard ou présente des lacunes pour le coloriage ou la natation dans la pataugeoire. Evidemment, après ça, les enfants présente des troubles psychologiques et deviennent insupportables à la maison. Des enfants qui ont entre 3 et 6 ans, donc, sont déjà entrainés dans la grande compétition scolaire, qui au final leur permettra de s'emmerder dans un emploi de bureau.

Génial.

Moi qui m'imaginais que la maternelle était une sorte de garderie. C'était du moins le cas du temps où moi j'y étais. Et on n'y notait évidemment personne, ma mère aurait d'ailleurs été outrée si ç'avait été le cas.

Résumons nous : les chiards qui entre en maternelle en ont pour 18 à 25 ans de scolarité à tirer pour des boulots qui in fine ne demande que 3 à 6 mois de formation (et je parle là de boulot de cadres et assimilés, pas de boulot dits non qualifiés).
L'école est une pute : on n'y apprend rien sinon à respecter l'autorité, à devenir un fayot, un zombie et/ou un demeuré. Je le sais ; je suis passé par là. Et j'y ai perdu mon temps. J'aurais pu y passer le 1/4 de ce temps pour le même résultat.

J'étais scandalisé et on s'est dit avec B' que notre fille n'irait pas dans une maternelle comme ça, n'irait pas dans une école primaire à formatter les futurs cons et qu'on verrait plus tard pour le collège ou le lycée. Reste à voir si ces virulentes paroles vont pouvoir trouver un début de concrétisation le moment venu ...

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19 mars 2009

Plat, c'est beau ; épais, c'est laid

Je l'ai déjà dit ici même, l'homéopathie, j'y crois autant qu'à la venue d'un type en traineau tiré par des rennes le 24 décembre. J'ai même réussi à convaincre B'. N'étant pas un true believer, et ne se sentant pas agressée par la remise en cause d'un dogme fondamental, elle a accepté de discuter et a finit par admettre la justesse de mon point de vue. Ce qui ne l'empêche pas de continuer d'utiliser les petites granules Boiron pour des raisons qu'on verra plus loin.

Les deux premiers arguments contre l'homéopathie sont connus et même archi-connus, mais il est bon de les rappeler :

  1. La matière est discontinue. Cela signifie qu'au delà d'une certaine dilution, il ne reste plus une seule molécule de substance active dans l'eau (plus exactement il en reste une dans un récipient et 0 dans les n-1 autres). Sans même atteindre ces dilutions extrêmes on ne voit pas comment d'aussi faibles quantités de substance active pourrait avoir le moindre effet. Et ce n'est pas la nébuleuse théorie Hahnemannienne qui risque de me convaincre. D'autant qu'on est en présence d'une théorie canada-dry qui se présente comme une théorie explicative de type scientifique, comme on se les représentait au XVIIIème siècle - tous les illuminés ne peuvent s'empêcher de faire référence à la « vraie » science, comme quoi le paradigme dominant reste le même.
  2. Aucun test empirique n'a jamais prouvé l'efficacité de l'homéopathie. En gros : quand c'est Boiron qui les commandite, ça marche, sinon, non. D'ailleurs, comme le livre dont il va être question le fait justement remarquer, définir un protocole expérimental placebo vs homéopathie est une vraie horreur et n'est jamais à l'abri de biais insoupçonnés

Mais le plus intéressant vient de ce qu'il existe une explication nettement plus satisfaisante aux guérisons observées dans le cadre de l'homéopathie, et, ainsi que vous l'avez deviné, il s'agit de l'effet placébo.
Pour une raison que je ne m'explique pas, le placébo a mauvaise presse. Il sous-entendrait que le malade n'est pas vraiment malade, voire hystérique, qu'il est un simulateur, un tire au cul ou un hypocondriaque.
Il n'en est rien.
Le placébo ne parait pas sérieux. les divagations de Hahnemann, si. Allez comprendre ...
Jusqu'à présent, je pensais que l'effet placébo était effectivement une méthode de traitement réservée, sinon aux hypocondriaques, du moins aux maladies fonctionnelles ou bégnines (rhumes, angines, colopathies, ...).
Pas du tout.
Dans son passionnant petit bouquin, Le mystère du placébo (pour une fois, un bon livre chez Odile Jacob), P. Lemoine, remet les pendules à l'heure. Non seulement le placébo n'est pas réservé aux « fausses » maladies, mais sa puissance thérapeutique est assez stupéfiante. Par exemple, en post-opératoire, en test contre de la morphine, il atteint des résultats proches de 40%. Ce qui laisse un peu sur le cul.

Virtuellement, n'importe quelle maladie est susceptible d'être traitée via le placébo.

En fait, il s'agit d'un phénomène réellement fascinant, qui, à terme, pourrait permettre de soigner sans médicaments (aux effets secondaires parfois génants). Ce n'est malheureusement pas pour tout de suite.

Déjà pour commencer, et contrairement à une idée reçue, le placébo marche très bien sur les enfants, les nourrissons et les animaux domestiques (en passant de la simple vaseline sur la peau d'un chien atteint d'éczéma, on obtient des résultats qu'envierait n'importe quel laboratoire fourgueur de saloperies).

Ensuite, il y a l'effet nocébo. A savoir que les gens qui prennent un placébo à la place d'un médicament X peuvent ressentir les effets secondaires de X.

Suggestion et auto-suggestion. Donc travail (inconscient et peut-être semi-inconscient) du patient et du praticien (on l'espère, conscient).

Lemoine insiste bien sur le côté quasi-magique et rituel de l'opération : le médecin est un sorcier moderne : il est impératif qu'il accomplisse tous les rites (écoute attentive du malade, écriture d'une ordonnance - de préférence illisible, qu'il faudra amener au pendant du sorcier - le pharmacien). Si ces rites ne sont pas accomplis, pas d'effet placébo. Comme il le rappelle lui-même, en Afrique, certaines ethnies n'acceptent la médication que si le sorcier a craché dessus, c'est un autre rite socio-culturel de guérison, et il a du s'y plier.

Au stade où il en est, Lemoine est en train de tester sur des patients volontaires des prises de placébos désignés comme tels. On voit les perspectives qui pourraient s'ouvrir à la médecine - si elle n'était pas chasse gardée des grands groupes pharmaceutiques (au passage : Boiron est un groupe pharmaceutique).

Si, via le placébo, on peut obtenir parfois des rémissions, voire des guerisons dans le cas de maladies dégénératives (cancers et autres), il faut bien admettre que quelque part, quelque chose remet le corps en état à partir de la suggestion ou de quelque chose d'apparenté, donc en partie depuis le cerveau ou sa périphérie. On a là une illustration de ce qu'on appelle pompeusement la méthodologie scientifique : quelque chose (on ne sait pas quoi) dans certaines conditions (on ne sait pas lesquelles) guérit les patients. Le fait est indubitable ; il y a une explication ; ne reste qu'à la trouver.

Au final, si B'. utilise encore les granules, c'est qu'elle considère que, en matière que placébo, on n'a jamais rien fait d'aussi bien que l'homéopathie : des dizaines de spécialités aux noms ronflants (donc respectant le rituel), qu'on peut mélanger, doser, avec une méthode de prise particulière, en l'occurence sublinguale (toujours le rituel) et avec lesquelles le patient peut sembler avoir trouvé LE médicament adapté à son cas.

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11 mars 2009

Quelques paroles définitives

Nikita-jolie-fleur-de-java écrit que le cinéma ça pue du cul. En substance. Et je suis d'accord avec lui. Toutefois, si j'ai bien compris, il lui reproche de ne pas arriver à la cheville de la littérature et de faire croire que. Alors que pour moi, c'est plutôt un gage de qualité.

Je résume :

  • La littérature est morte
  • Le cinéma est moribond (mais de temps à autre, il bande encore)
  • Le théâtre est six pieds sous terre
  • Les seuls arts vivants sont la télé (ultime paradoxe), les jeux vidéos et éventuellement la BD (quoi que donnant des signes de sénescence depuis qu'elle a été bombardée 9ème Art)

Vous me recopiez ça sur un bristol de votre plus belle écriture, vous vous débrouillez pour toujours l'avoir sur vous, et vous le ressortez quand, entres amis, la conversation s'encroûte et s'alanguit. Résultats garantis.

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04 septembre 2008

Je fais confiance à la justice de mon pays

- Et si je dis que le président de la République, celui qu'on a, là maintenant, le gnôme à gourmette, il est aussi classieux que Travolta en train de danser sur les Bee Gees avec son costard blanc made in Tati ? Et encore, Travolta, lui, si je me souviens bien, il faisait ça pour emballer une pétasse - pas géniale d'ailleurs. Le bas du front qui a la clé de la force de frappe, lui, sa pétasse, il l'a déjà, et de toute façon, il a même pas d'excuse, sa tecktonik sous amphés, c'est juste parce que ça lui file une gaule d'acier d'être sous les projos en compagnie d'autres capi di tutti capi.
- Ah non, tu peux pas le dire. C'est injure au chef de l'état ou quelque chose comme ça, t'as pas le droit, même s'il n'est plus de droit divin et ne guérit pas des écrouelles. Un juge bien fayot, décidé à monter en grade, pourrait venir te faire chier et t'obliger à payer une amende jusqu'à la consommation des siècles.
- On a de la chance d'être sur un blog que personne ne lit ...
- Ca... De toute façon, on est des personnages de fiction, genre clochards célestes en train de cuver notre vinasse sur une plage de Bélize, la nuit. Rien à voir avec les opinions de l'auteur.
- Et comment ! D'ailleurs, s'il le faut, on peut parler au conditionnel, ça c'est beaucoup fait à un moment chez les personnages de fiction.
- D'ailleurs, je fais confiance à la justice de mon pays !
- Moi aussi, monsieur le juge ! Enfin, c'est l'auteur qui a confiance. Moi, je confierais pas les prochaines 15 années de ma vie à un type comme vous - un peu comme si je votais pour un député UMP qui fait dans l'immobilier. Mais vous savez comment c'est, les personnages de fiction ...
- Ce qui fait que, nous, on peut discuter des commerciaux comme au numéro d'avant. Sinon un peloton de ces connards pourraient se porter partie civile et nous envoyer devant un professionnel de l'incarcération arbitraire sous pretexte qu'on a attenté à leur dignité d'enculés de commerciaux.
- Voilàààààà ! Ceci étant, on ne comprend pas bien pourquoi la fiction de notre beau pays n'est pas bourrée d'insultes envers le chef de l'état et les soudards qui lui servent la soupe.
- D'abord, parce que, pour des raisons assez complexes et longues à expliquer, le fin du fin dans ce pays, en matière de littérature, c'est de s'extasier devant le rose crémeux de son nombril. Ensuite parce que ça ne viendrait à l'idée de personne ou presque : ça fait partie des choses dont on ne parle pas parce que ça fait partie des choses dont on ne parle pas. Et enfin, les rares qui pensent un peu tiennent à avoir le maximum d'amis possibles, c'est une condition sine qua none pour se faire éditer.
- Sans compter que se farcir 100000 euros de dommages et intérêts pour avoir raconté que A. Adler est un incapable, et un branleur arrogant doublé d'un arriviste sans scrupule, ça calme tout de suite. Même si c'est la stricte vérité, mais tout le monde n'est pas un personnage de fiction, faut dire.
- Honnêtement, dans ce pays, tu peux rarement invoquer l'excuse de la fiction, pour des raisons historiques, aussi. Le personnage, c'est toujours l'auteur, le culte du nombril n'arrangeant rien. Même, d'ailleurs, s'il y a plusieurs personnages ayant des opinions contradictoires. C'est tout un problème pour mettre en scène, par exemple, un raciste. Ou alors, il faut qu'il soit en plus cannibale et pédophile pour que tout le monde comprenne bien que c'est le méchant.
- Bref, tout le monde est prêt à mourir pour la liberté d'expression, mais quand il s'agit d'en utiliser ne fut-ce qu'un tout petit morceau, y'a plus personne. Mais on en a déjà parlé.
- C'est dingue d'ailleurs, comme on parle de tout quand on discute tous les deux ...
- Pourtant, c'est marrant, pour en revenir, aux personnages de fiction, comment c'est différent dans d'autres pays. Chez les ricains, par exemple. Vous savez, les décérébrés qui passent leurs journées devant la télé ou à chasser l'élan à l'épieu ?  Bon, on vient de lire Checkpoint de Nicholson Baker. C'est l'histoire d'un mec qui raconte à un pote qu'il va tuer Bush junior et pourquoi. C'est pas le livre du siècle, hein, c'est même un roman à thèse, par définition, mais plutôt drôle, sans le côté pénible du genre. Mais ce n'est pas là le problème ; il vient plutôt de ce qu'on reste un peu sur le cul : Bush, Cheney et Rumsfeld (entre autres) sont trainés dans la boue d'une manière hallucinante, sans l'ombre d'un respect pour leur fonction ou le fait qu'ils soient mandatés (même s'il y a eu tricherie). D'ailleurs le Christian Science Monitor ne s'y est pas trompé et s'interroge : « C'esr certes une fiction, mais est-ce bien légal ? ».
- En France, on ne se poserait même pas la question de la légalité. Personne n'y penserait, tout simplement. Dire du mal de gens si haut placés, dire du mal tout court, quelle idée ! Et parler du réel, quelle vulgarité !
- On l'a déjà dit tout ça ... Alors on va faire un peu de pub pour Lot 49, une collection d'auteurs US de très haute volée - qui publie Checkpoint sous le titre français de Contrecoup, au Cherche-Midi, même si le Gass est très trapu et le Vollmann assez chiant. mais on ne peut que saluer une telle ambition éditoriale au pays d'Angot.
- Ouais, Lot 49, c'est une vraie collection littéraire, et c'est suffisamment rare pour être signalé.
- Sur ce, les kids, on va se coucher. Yo !
- Yo, les choupinets !

(Rideau)

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03 septembre 2008

Une devinette

- Tiens, j'ai une devinette pour toi : tu sais ce que c'est qu'un commercial ?
- J'ai une assez bonne idée, oui, mais dis toujours...
- C'est un mec qui réussit à vendre un vélo de course 30 vitesses à un grabataire et qui en plus s'en vante !
- Très drôle. Mais tu fais comment, toi, pour écouler ce que tu produis ?
- Je produis rien, moi, je vis aux crochets de la société, je te le rappelle. De surcroit, tu peux vendre sans nécessairement avoir une mentalité et des manières de voyou. Parce que, sans leur cravate jamais coordonnée à leur chemise à rayures, c'est jamais que des petites frappes montées en grade. Normalement, un jet de bombe lacrymo dans la gueule et tu les finis à coup de tatanes par terre. Mais non. Ca me tue d'ailleurs, le nombre de crapules qui restent en circulation, pas que des commerciaux, hein, des politiciens, des directeurs de banques qui se font piquer la main dans le sac ou la bite dans le cul d'un enfant de moins de 8 ans et à qui un tas de gens continuent à serrer la main. Pas qu'ils leur doivent du fric ou quelque chose comme ça, non, c'est compulsif, on a toujours du respect pour les enculés, et plus t'es un enculé, plus t'as droit au respect et même à deux escadrons de gardes mobiles au garde à vous dans les grands moments.
- C'est pas nouveau tout ça. Sans l'admiration des pécores sempiternellement roulés dans la farine, y'aurait plus un seul maquignon en activité.
- Exact. Et pas besoin d'aller pleurnicher que la méchante société, elle a fait un noeud à ta bistouquette pendant la nuit, c'est toi le coupable. Et que toi.
- The problem is youuuuuuuuuu !
- On est en phase, compadre. Alors, les commerciaux, faut les emmener en haut des falaises, les laisser regarder le soleil se lever sur la mer et les balancer en bas. Les anars faisaient ça au début de la guerre d'Espagne. Très classe...
- Sauf que c'était pas que des commerciaux, je pense ...
- Effectivement, non. Alors évidemment le mec, il va pleurer, invoquer ses gosses, ses traites à payer, sa blondasse à gros mollets qui sait rien faire de ses 10 doigts.
- Met toi à sa place ...
- Je risque pas. Mais évidemment, ça passera pas longtemps inaperçu ces sauts matinaux dans le vide. Va se mettre en place des téléthons ou Sauvez l'enculé II. Avec une floppée d'intellectuels pour éditoriaux bâclés qui vont ressortir la vieille complainte du totalitarisme, d'une manière ou d'une autre.
- C'est vrai que ça va faire tâche sur la déclaration des droits de l'homme.
- C'est marrant ça. Tous les maos et les trotskos recyclés qui vont nous larmoyer la complainte de la démocratie de marché alors qu'en leur jeune temps, ils étaient pour envoyer tous les joibourgs repiquer du riz avec une balle dans la tête s'ils respiraient trop fort. Sauf que maintenant, les joibourgs, c'est eux et qu'ils font dans la vente.
- Pas que ...
- Non, c'est vrai : aussi dans la pub, le marketing, tout ce genre de trucs où on te baratine, on t'enfile à sec et pour lesquels on te demande de payer après. Comme quoi, se coltiner des AG, ça sert toujours à quelque chose.
- Alors tu vas faire quoi ? Louer un terrain du côté d'Etretat avec vue sur la mer ?
- Je pense que dans un premier temps, je vais m'en tenir à la lacrymo. Et pourquoi pas fonder un club.
- On acceptera les vieux cons ?
- On va voir ...

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30 mars 2008

Géographie de l'Enfer

Je me suis toujours demandé qui allait en Enfer. Dans mon esprit il y a toujours eu deux cas de figure : soit on y est expédié pour des fautes vraiment graves (relevant du pénal, en gros), soit en ayant succombé à un des pêchés capitaux (y compris en  pensée). Dans le premier cas, l'Enfer ressemble à un village de vacances, façon bungallows au bord de la mer et n'abritant qu'une population dérisoire, dans le second, c'est la banlieue de Rio.
Il faut bien voir que, les damnés étant immortels, leur lieu de résidence ne peut que croitre indéfiniment  en  cercles concentriques à partir d'un noyau dur constitué vers l'an zéro de l'ère chrétienne. La punition étant aussi infinie que la faute (si l'on en croit St Augustin), l'Enfer - en tant qu'espace urbain - doit être de même infini. Avec tous les problèmes d'habitat qui en découlent.
D'après les quelques renseignements lacunaires dont nous disposons, il semble qu'il faille répartir les habitants de l'enfer  (Hell dwellers) en 4 catégories :

  • Ceux qui vivent dans dans le noyau central, dans des logements individuels de type résidentiel correspondant à ce qui se faisait sur terre au moment de sa création (malgré les insulae romaines). Ce sont des privilégiés, similaires aux électeurs de Neuilly-sur-Seine.
  • Ceux qui possèdent un appartement dans les barres de la première couronne.
  • Ceux qui partagent un appartement collectif dans la seconde et troisième couronnes, équivalents des moscovites des années 70.
  • Enfin, ceux qui sont parqués dans les favelas suburbaines, en nombre croissant et de plus en plus turbulents.

Il ne faut pas perdre de vue que les damnés, du fait même de leur nature, sont d'assez mauvais coucheurs dotés d'un esprit civique particulièrement déficient. Les incivilités ne sont donc pas rares, et pour peu qu'on abandonne ce jargon de sociologue aux ordres, il faut bien admettre que les émeutes du logement sont extrêmement fréquentes.  Emeutes qui ne débouchent sur rien, les protagonistes étant immortels et réussissant de ce fait à conserver leur bien (ou ne parvenant pas à le conquérir, suivant les cas). La situation reste donc stationnaire (malgré l'absence notoire de forces de maintien de l'ordre), d'autant plus stationnaire que l'impossibilité de tout décès ne peut assurer un renouvellement des locataires.
l'Enfer est donc condamné à s'étendre indéfiniment, et les services concernés à construire de plus en plus de barres de plus en plus hautes, en diminuant l'espace vital alloué à chaque damné (6,5 m2 par personne semblent aujourd'hui une limite haute).
On pourrait croire que les autorités se contentent de laisser cet état de chaos croitre et embellir. Après tout, un lieu de pénitence, de souffrance et de misère (au moins morale), peut parfaitement s'accommoder d'une situation de quasi guerre civile.
Il n'en est rien, les dernières directives provenant du Centre Administratif étant très claires à ce sujet. La situation est similaire à celle d'un camp : en cas de perte progressive de contrôle, la possibilité que les internés s'échappent ne fait qu'augmenter ce qui va à l'encontre de la finalité même du camp. Certes, on ne voit pas très bien, en l'occurence, pourrait bien aller les damnés s'ils parvenaient à sortir de l'enceinte.  De surcroît, l'Enfer pouvant être assimilé à une sphère de rayon potentiellement infini, on ne peut pas non plus imaginer où pourraient se situer les points de sortie. Reste toutefois, l'entrée, la porte A, le centre de la sphère, le lieu par où transitent les damnés après leur séjour terrestre, et qui constitue le point faible de tout le dispositif.
Le danger, d'après plusieurs analystes, demeure néanmoins assez faible : les plus virulents des émeutiers, résidant à l'extrême périphérie,  devraient traverser les différentes couronnes avant de parvenir au point d'exfiltration. En particulier, il auraient à affronter les habitants du noyau central, attachés à leur privilèges et peu désireux de voir le statu quo remis en cause par une ouverture des Enfers vers l'extérieur. Des milices auraient été mises sur pied dans ces quartiers, milices qui, selon des sources officieuses, se livreraient à des expéditions punitives (et préventives) dans la zone suburbaine. Certains y voient une source d'intensification du chaos, d'autres un gage de stabilité.

Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, nul n'est capable de dire où exactement déboucheraient d'eventuels évadés, et c'est probablement cette absence de certitude qui explique la coopération de toutes les parties concernées.

 

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11 janvier 2008

SuperCompétent

- Et tu sais ce qu'il me dit ?
- Non ?
- Attends, tiens-toi bien ... Eh ! C'est quoi ça ?
- Le type en collant jaune et bonnet péruvien ?
- Ouais ...
- C'est un flic en civil ?
- Naaan ...
- Un évêque qui fait son jogging ?
- Tttt ...
- Un électeur sarkozyste qui va à Canossa ?
- Non, c'est ...
- Mais oui, c'est ...
- SUPERCOMPETENT ! (en duo)

Et, SuperCompétent (car c'est bien lui) entre dans le hall sous le regard à la fois inquiet et vaguement énamouré des deux hôtesses d'accueil, prend l'ascenseur, et, grâce à ses super pouvoirs, pénètre sans badger dans les locaux de la Glomek Corp, au 26ème étage de la tour Tradition et Modernité.

Où végètent des hommes et femmes des deux sexes, mollement occupés à de flasques activités, sans utilité apparente, mais espérant bien gagner assez de pognon pour filer en février prochain dans quelque paradis plein de nègres souriants, ravis de faire profiter de leur niveau de vie ridicule les lamentablement fringués que déverseront les A320 des tours-operators.

SuperCompétent se penchent par dessus chaque épaule, histoire de voir ce que son possesseur peut bien glander, tandis que personne ne moufte.

Nan, bonhomme, tu proposes pas la botte à une bulgare à gros seins sur un site de rencontre on-line au lieu de faire le planning bidirectionnel pour le projet Nutella.

Et toi, t'es pas là pour regarder Roland-Garros en streaming.

On ne  met pas  Veuillez agréer mes sentiments les plus correspondant  à mon bonheur surhumain en bas d'une lettre professionnelle.

Et enlève le doigt de ton nez.

On entendrait une mouche voler si tous les diptères n'avaient pas été depuis longtemps décimés par la clim. Ca se met à bosser de manière un peu léthargique, bien que tout le monde attende que l'emmerdeur se tire, histoire de reprendre une activité normale.

Puis, SuperCompétent débarque dans une des nombreuses réunions quotidiennes. Aujourd'hui, c'est : Si je me gratte la couille gauche, est-ce que l'autre est jalouse ?  D'emblée , il fait le tri : 14 personnes, ça fait 13 de trop. Disons 12. Il a tout de suite repéré les deux  qui attendent patiemment  que les conneries aient fini de se répandre avant de faire les propositions concrètes 10 minutes avant la fin, propositions qui seront adoptées avec enthousiasme parce que personne ne pensait que c'était possible.

Il prend je-m'écoute-parler par le col et le vire à coup de pompes dans le cul. Les trois je-tape-sur-mon-clavier-d'un-air-absent et qui ont vu de la lumière et sont entrés rejoignent le précédent. Je-donne-mon-avis-parce-que-je-donne-mon-avis est invité à aller voir s'il ne peut pas se rendre utile ailleurs, par exemple en changeant le toner de la photocopieuse du couloir. Reste encore les n+quelque-chose qui émergent doucement de leurs rêves de splendeur (un club de golf en acier chromé dédicacé par une pétasse quelconque de la télé). Ils s'en vont prudemment. Au final restent les deux gusses précités qui torchent fissa le machin avant d'enquiller la prochaine (Si ma tante en a deux, le processus win-win de fidélisation a-t-il le droit de porter des lunettes de soleil dans le métro ?).

SuperCompétent, qui a une mission, fait un petit tour à la machine à café et fait bien comprendre que les histoires de gouttières obstruées, de chiasses vertes du petit dernier, et comment qu'il était trop fort Machin-Dugland dans le magazine de société de la veille sur M6, rien à foutre et qu'il serait peut-être temps de justifier des salaires surréalistes. Sans compter que ça lui les brise menues de se farcir les nazeries au kilomètre de la France qui gagne, alors qu'il était juste venu se taper un petit kawa avant la prochaine étape.

Laquelle consiste à se pointer chez un des sous-offs de l'étage dans son beau-bureau-pour-lui-tout-seul avec mobilier Ikea en vrai bois des iles poli à la main. Alors, que je t'explique : tu arrêtes de te la raconter, t'es pas Alexander The Great parti à la conquête de nouveaux marchés, t'es déjà pas capable de reconnaitre ta jambe droite de la gauche sans GPS. Tu prends pas cet air supérieur avec moi, mon bonhomme, parce que ça va gicler des éclats de cadre mi-supérieur sinon. Tu nous a pondu quoi aujourd'hui  ? Oh le joli powerpoint ! C'est très bien, ça, Christophe, ça dérange pas si je t'appelle Christophe ? Et ce truc, là ? Ah, je vois : à l'ordre du jour, 26 réunions préliminaires pour décider des salles pour celles de la semaine prochaine. Oh ! un Joli prospectus pour aller faire du karting dans les gorges de l'Aveyron avec un bandeau sur les yeux. Je vois que la motivation des cons, c'est ton truc, Christophe. Tu m'as l'air bon pour ça. Ou pour mettre des graines dans la mangeoire du hamster. Et tu touches combien pour ça ? Bon, je m'en occuperai à mon retour.

De nouveau dans l'open-space à motiver un demi-endormi dont les compétences sont rudement bien planquées. Alors, depuis tout à l'heure, t'as écrit 6 lignes ? (Petite Tape Derrière La Tête) Mais à ce ryhtme là, ta proposition, elle va se retrouver sur la planète des singes (PTDLT) Et ne réponds pas (PTDLT) Tu sais pas encore qu'en utilisant le bouton droit, ça va dix fois plus vite (PTDLT) T'es pas obligé de rebooter entre chaque mot, parce que toute cette technologie, ça te fait peur (PTDLT) Et c'est quoi ce fond d'écran ? (PTDLT) Un bébé en gif animé qui fait areuh-areuh à la Vénus de Milo ? (PTDLT)

C'est à ce moment là que les vigiles se pointent. SuperCompétent subodore brillamment que demain y'aura dans tous les journaux des manchettes scandalisées sur la liberté d'entreprendre qu'on foule aux pieds. Il envisage bien de sauter par la fenêtre au milieu d'un geyser de débris transparents et de s'enfuir porté par sa cape via le chemin des nuages, mais se dit qu'il risque surtout de laisser sa cervelle sale sur le verre securit renforcé, sans compter qu'il n'a pas fini le TD de navigation aérienne. Alors, il se laisse embarquer en gueulant qu'on est en république, bordel.

En route pour de nouvelles aventures !

 

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02 décembre 2007

Le manger des solitaires

C'est un peu dommage de fréquenter des gens pleins de raffinement culinaire comme S. et de faire aussi mal la cuisine.
C'est aussi dommage de vouloir faire une brandade parmentier sans brandade (au passage, je signale à la foule que le correcteur orthographique de Firefox ne connait pas le mot parmentier, bien qu'il connaisse - gros malin - le mot Firefox).
C'est dommage aussi d'être tellement fasciné par les dénoyauteurs (je signale aussi etc) à olives qui expulsent des débris de drupe un peu partout mais pas les noyaux.
Tout ça parce que je me suis retrouvé à la tête de 800 grammes de colin (d'Alaska) qui verdissaient tranquillement dans mon congélateur. Et que, hein, sur le fond, le colin et la morue, c'est quand même assez cousins comme bestioles. Donc pour la brandade, ce doit être entre kif-kif et bourricot.
Pas du tout.
Déjà le colin, c'est dégueulasse. C'est même pour ça qu'il prenait la poussière dans la chaine du froid.
Alors émietté au milieu des bintjes pulvérulentes achetées chez le tamoul du coin, c'est un peu comme la version uncut de Hostel.
D'autant que ça a cramé dans le fond avec une ardeur tonique. Il faudrait que j'achète un diffuseur pour juguler l'ire de mes bruleurs (j'explique tout ça pour que mes lectrices se rendent bien compte à quel point je suis concerné par les problématiques bassement domestiques comme tout nouvel homme qui se respecte). Pour éviter ça, j'aurais pu aussi  le faire à la portugaise vernaculaire et noyer le tout dans l'huile d'olive (qui réduit notoirement les qualités adhésives du poisson en phase de cuisson). Mais j'ai pas osé. Et ai ainsi trahi de lointains ancêtres, du même coup.
Pas de panique : je vais répartir ça dans des petits sacs à usage alimentaire, les coller dans le congélo et les oublier avec le sens du devoir accompli. Dans 5 ans, je n'aurais plus qu'à jeter tout ça dans une poubelle verte.
En attendant, je vais aller me goinfrer un kebab-frites ...

Au passage, je signale que c'est aujourd'hui mon anniversaire et que j'ai le même âge que le Christ aurait eu s'il n'avait pas fait le mariole en Galilée dans sa trente-troisième année ...

Posté par memapa à 12:10 - La vie des bêtes - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 août 2007

Men at work

En réponse à O. qui a entamé la discussion.

- (O. causing) A-t-on le droit de dire à une femme qu'on a envie de lui bouffer la chatte parce qu'on est subjugué par son intelligence, sa culture, sa présence, en un mot, par sa personne ?
- (Moi baragouining) Comme ça, tout de go ?
- Ben, ouais, sinon je poserais pas la question.
- Elle est mignonne, en plus ?
- Oui, mais c'est pas là le problème. Elle me laisse pantelant comme un con, rien que d'entendre sa voix, je ne peux penser qu'à fourrer ma tête entre ses cuisses.
- Mais ta bite, non ?
- Naaan, pas tout de suite, ce serait un manque de respect.
- Je vois ... (muchas refleccionnes at full speed) ... je dirais que, dans l'absolu, oui, tu en as parfaitement le droit. Mais ...
- Mais, ça ne se fait pas, c'est ça ?
- Pour être franc, j'en sais rien si ça se fait ou pas. A en croire certains courriers des lectrices, tu peux y aller franco. Personnellement, j'ai quelques doutes. Mais le problème n'est pas là. On est des inhibés ...
- Toi aussi ?
- Comme 80% des mecs. Sauf que je ne me la raconte pas, et encore moins aux autres en me tapant une mousse et en mattant en choeur une mignonne, cuisses à l'air.
- On a bien appris la leçon à l'école, et les tartes dans la gueule à la maison, c'est ça ?
- C'est un bon résumé ...
- Donc faut y mettre les formes, faire le beau, jouer les marrants, mais respectueux quand même. Travaux d'approche obligatoires avec quelques pointes, discretes, mais pas trop. Garder la veste probable à l'esprit, mais encercler le donjon à soi tout seul, l'air de ne pas y toucher, mais pas non plus comme le touriste moyen ...
- Je vois que tu as tout compris. Pourquoi poser la question, alors ?
- Tu pourrais être un tombeur à éventrer les koalas et être de bon conseil ...
- Ben voyons, j'ai qu'à me baisser, je claque des doigts pour me retrouver avec 20 candidates au pompage de zguègue illico ... T'as vu jouer ça où, toi ?
- (...)
- Et puis, c'est la femme de ta vie, au moins potentiellement ou c'est juste pour voir venir jusqu'au lendemain ?
- Putain, j'en sais rien, moi, comme si c'était possible d'avoir une idée claire de ce genre de truc. J'ai juste envie de lui mâcher les poils ...
- C'est une obsession, my dear friend ! je ne suis même pas sûr que ce soit une bonne idée et que ce soit bien perçu.
- Le broute-minou ?
- Tutafè, Herr doktor ! C'est un truc qui provoque parfois des remous ...
- Tu déconnes !?
- Naan ... Elles roulent des mécaniques et vont se raconter ou entre elles que ça les fait kiffer trop grave, mais c'est des tchalefs. Comme les mecs quoi, belle victoire du féminisme, soit dit en passant ...
- Tu m'encourages pas, là ...
- Je vais t'avouer un truc : en matière de drague, de bite et foune, et de filles en général, je suis comme tout le monde, je ne sais rien sur rien. On risque toujours de se retrouver comme un connard, comme un convive à poil lors du bal de l'ambassadeur ... Le reste, c'est de la littérature, des fantasmes pour journaleux en mal de copie, du bovarysme bisexué, des conneries qu'on entend, des conneries qu'on se répète tout seul, mais pour ce qui est de mettre tout ça en pratique ...
- Merci, monsieur plus. Grace à votre thérapie-minute, je me sens un autre homme et mes rapports avec le sexe opposé sont devenus frais et limpides comme l'eau qui descend en cascadant des sources volcaniques.
- Le gourou te donne la solution : démerde-toi ...
- Trop cool ...

Un peu plus tard, j'en discutais avec B'. Enfin, pas vraiment du problème de broute-minou ou même de passage à l'acte, mais de thématiques connexes. Résumé de la jeune demoiselle : Il est toujours préférable pour une fille de se faire passer pour plus conne qu'elle n'est. Ca rassure en face. Avec l'inconvénient majeur de risquer de se cogner des tocards finis ad nauseum. De toute façon, d'après elle, il y a statistiquement autant de connes que de cons, la bétise n'etant pas sexuée. Et alors, que je fais remarquer ? Réponse : tout le monde trouve chaussure à son pied. D'après ce que tu as dit avant, c'est pas tout à fait vrai, si les geuzesses doivent se retrancher 10 points de QI pour ne pas affoler les populations. Pour un coup, c'est vrai, mais pour le père des enfants, pour le sérieux, pour le long terme, on arrive à l'équilibre. Ouais, mais dans ce cas, pourquoi y'a-t-il tellement de couples merdiques ? Parce que les gens sont cons en moyenne, et que passés 3 ans, ça finit par remonter à la surface et les mauvaises raisons se bouffent la gueule.

Merci ma chérie.

Bisous-bisous.

[cut !]

 

Posté par memapa à 00:28 - La vie des bêtes - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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