10 mai 2008
Cantos

Love will tear us apart, Pochette alternative de P. Saville

Matado por tus perros (Killed by your dogs)

Reversing Potemkine (Ulan-Bator Remix)

Sur la plage abandonnée
17 mars 2008
Chef, j'ai une idée !
- Chef, chef, j'ai une idée !
- Doucement ... Tu respires lentement par le nez, deux ou trois fois, et ensuite, tu m'expliques calmement.
- J'ai un pitch d'enfer, chef, conceptuel et tout, mais assez racoleur quand même, ça peut être vendeur !
- Mon dieu ... La dernière fois, c'était les nouveaux-nés mutants qui massacrent toute une maternité et j'ai du te rappeler que Larry Cohen l'avait déjà fait ...
- Ok, ok. Mais cette fois, c'est du béton. On va faire un truc façon fiction-reportage, un peu comme Cloverfield, sauf que là, ce sera pour de vrai, pas de plans hyper-bien cadrés de la part d'un mec en train de courir comme un dératé. On fait un reportage sur un type pas bien dans sa tête, un faux reportage, bien sûr, avec des extraits de ses exactions dehors.
- Tu sais, C'est arrivé près de chez vous, c'est sorti depuis un bon moment déjà ...
- Soyez pas si taquin, chef. Effectivement, au niveau de la forme, c'est un peu l'esprit. Ca va rien nous couter : quand on l'interviewe chez lui, y'a quoi ? Un mec à la caméra, un ou deux spots et un ingé-son qui fait perchman par la même occasion. Pour les séquences en pleine action, là, c'est du brutal, son direct de la DV et le cadreur qui court dans tous les coins pour rattraper le gusse. Sans steady, ni même de stabilisateur d'image. Brut. A la rigueur, on peut le faire nous-mêmes, tous les deux, plus c'est crade mieux c'est, le budget va tenir sur un timbre poste.
- Continue, tu m'intéresses ...
- Bon, voilà le pitch : on fait un reportage sur un mec qui s'est aperçu qu'il pouvait frapper les femmes.
- Pardon ?
- Attendez que je vous explique. En résumé, dans sa tête, le type s'est dit que puisque parité et tout ça, typiquement lorsque tu t'engueules avec un automobiliste et SI c'est une femme, y'a pas de raison de la traiter différemment d'un gros con lambda qui te grille la priorité, donc grand coup de manivelle en travers de la gueule. Bon, il s'est aperçu de ça un peu par hasard, il a le sang chaud et un jour, il a mis un pain à une meuf, on verra plus tard pour quelle raison précise. Bref, ça a été une révélation, et depuis, il provoque les engueulades sciemment de façon à les latter.
- Bon, et après ?
- Attendez ... Déjà pour commencer, il ne va pas nous expliquer ça de manière aussi directe, il va atermoyer, noyer le poisson, nous servir des considérations à la fois plus générales, plus grandioses et plus confuses, même si on aura peut-être droit à la scène primitive presque in extenso, à voir. Ce n'est qu'au fur et à mesure qu'on comprend à peu près la psychologie du bonhomme et ses motivations réelles. Ca c'est la partie interview. Dehors, on le filme en train de regarder des bagnoles arrêtées à un feu, repérer que c'est une femme en début de file, puis se jeter en travers de la chaussée au moment où ça passe au vert : engueulade, le ton monte et les pains dans la gueule arrivent. C''est juste un exemple, hein.
- Si je te suis bien, on alterne les plans montrant le mec dérouiller des nanas et ceux où il se prend pour le messie en train de nous expliquer le vrai sens de la vie.
- En gros, oui. Mais ça peut être monstrueux. Déjà, les plans en extérieurs, faut les faire vraiment reportage. Sinon, ça fera chiqué : certains peuvent être pris de loin au zoom tremblé quand le cadreur est caché, les suivants de plus près, serrés, mais bougeant dans tous les coins quand il décide de s'approcher - en courant c'est mieux, avec le côté bien craspec du voyeur qui capte le sang avant de s'enfuir vite fait. Sans compter que par dessus le son direct (immonde, bien sûr), y'aura la voix du mec en train de commenter, de digresser, etc ...
- Ca me semble un peu léger, quand même ...
- D'abord, c'est qu'un court, chef, pas un long. Ensuite, y'a pas que ça. On va finir par se rendre compte que c'est que la partie émergée de l'iceberg. Qu'en fait, il se fait du blé en acceptant des témoins payants.
- Des témoins ?
- Ouais, ouais ... On finira par voir dans le champ, assez loin, des mecs, toujours les mêmes, voire toujours LE même. Et en mettant ça en corrélation avec ses délires sur nous-les-hommes-brimés et tout le tremblement, on finira par comprendre qu'il leur procure des snuffs softs mais en live. A tel point, que, pendant un tabassage, quelqu'un de notre équipe filmera le témoin avec une DV familiale toute pourrie. Imaginez le tableau : on voit 1) le mec en train de latter une femme, 2) notre cadreur en train de filmer ça avec fébrilité et 3) le témoin hésitant, se rapprochant, n'osant pas trop, reculant, etc ... On monte ça avec nos images - je veux dire, celles du cadreur - et ça donne dans le super grandiose !
- Ah ouais, le fondu peut aussi avoir monté une sorte de club de mecs qui lattent les meufs, tu vois, un peu comme dans Fight club ...
- Non, là, ça risque de virer à la Zèderie Rape and Revenge. Mais dans l'esprit, c'est ça : un film d'exploitation au deuxième degré avec un petit côté transgressif comme alibi.
- Euh, mais juridiquement, ça craint pas un peu de laisser des femmes se faire tabasser ? Non assistance à personne en danger et tout ça ?
- Chef ... Ce seront des actrices. Le mec aussi, ce sera un acteur. Mais l'idée, c'est de filmer ça en pleine rue sans prévenir personne pour recueillir les réactions des badauds. Ca peut être un peu chaud, mais je pense que ça vaut le coup. Le tout, c'est de décaniller avant que les flics ne se pointent.
- Bon, tu me gardes ça sous le coude, faut que j'en discute avec mes investisseurs biélorusses. Tu crois pas qu'on pourrait inclure des scènes de torture, aussi ?
- Chef ...
14 mars 2008
Encore
Encore une histoire d'histoires ...
12 mars 2008
Ca pisse pas loin
Dans notre série, je vais mumuse avec du flash, un truc, qui, d'accord, ne vole pas bien haut, mais je vous promets que je ferais bientôt une Histoire dont vous êtes le héros un peu plus fouillée, ce soir, j'étais fatigué et la majeure partie de mon énergie est passée dans la confection du player (merveilleusement générique) qui va s'afficher plus bas.
09 mars 2008
Réitérations
29 février 2008
Un jour






28 février 2008
Post-nuke conceptuel
C'est la fin du monde et une bande de potes est filmée par le cousin de Mathieu avec sa DV. C'est, si j'ai bien compris, l'argument de Cloverfield (le pitch).
Le petit côté formel piqué dans Cannibal Holocaust. Rien de très nouveau. Et dans Cannibal Holocaust, la putasserie du produit fini était telle que c'en devenait sympathique. D'ailleurs Deodato est un escroc foutrement sympathique (et Atlantis Interceptors, un de mes films cultes).
Il m'est venu une idée : plutôt que de découvrir des bandes tournées sur le vif (de faire croire que, bien évidemment) et d'en faire un film (comme dans Blair Witch, aussi), on pourrait bâtir tout un scénario sur la découverte des dites bandes et leur montage au fur et à mesure pour comprendre ce qui s'est passé. Simple : après La-Grande-Catastrophe qui a réduit la côte ouest des USA en tas de cendres, des chercheurs de Boston (disons) viennent sur place et commencent à collecter tout le matériel visuel qu'ils peuvent trouver : DV familiales, caméras de video-surveillance, voire des restes provenant des télés locales. Le film mélange donc le travail de reconstitution vu de l'extérieur, et le documentaire qui doit être fourni aux différentes agences gouvernementales. Pour qu'on puisse comprendre l'apocalypse (que l'on supposera avoir été brève, violente et imprévisible). Evidemment, on joue, entre autres, sur le suspens, de façon à ce que les causes de l'Armaggedon ne soient dévoilées qu'au fil du temps. Retournement de situations et compagnie pour agrémenter le tout.
Le problème, c'est que je ne vois pas comment scénariser cela sans tomber dans l'exercice de style chiant. Pour être franc, je ne vois pas comment le scénariser du tout.
Je vais y réfléchir ...
07 janvier 2008
Punition générale
Devant le manque d'enthousiasme manifesté lors de la parution de cet article et du chef-d'oeuvre inclus (à deux exceptions près auxquelles je concède des bisous amplement mérités), je ressors de derrière les fagots le projet initial, la purge ultime, à savoir l'intégralité des 45 minutes de ce qui se passe dans ma rue, sans montage, sans rien, sinon une bande-son pénible.
Vous avez boudé signifiant par là votre regret de ne pas vous taper de l'expérimental ultime raisonnablement brise-gonades ?
Très bien, vous allez y avoir droit.
Vous avez toutefois échappé au pire, Dailymotion (dans sa grande sagesse) ne me permettant pas d'uploader les 45 minutes règlementaires. Dix minutes suffiront amplement à vous faire regretter votre manque de flagornerie, car comme on dit chez les Malanari : « qui aime bien chatie bien » (sujet par ailleurs merveilleusement étudié par Claude Levy-Strauss dans Tristes Tropiques)
05 janvier 2008
Migraine
Migraine comme un clou bien enfoncé au dessus de l'oeil droit.
Alternatives :
- Geindre dans le lit en attendant que l'ibuprofène daigne agir
- Faire n'importe quoi d'autre.
Sale temps boueux avec les gens-lémures qui passent dehors en contraste complet avec les deux pétasse kookaisées que j'ai vu tout à l'heure sur une affiche.
Chose à faire en attendant que la tête dégonfle : immortaliser le spectacle.
Planter la caméra en retrait pour qu'elle ne soit pas visible de la rue.

45 minutes en roue libre et cassette toute neuve pour l'occasion.

45 minutes de gens-lémures qui passent dehors.

Jeter un coup d'oeil depuis le lit de temps à autre pour vérifier que le témoin rouge clignote.
Montage final très chiant. Mais final quand même. Une minute trente, c'est bien suffisant ...
20 octobre 2007
Pitch CM
Quelqu'un hors champ fixe des poids de plongée aux pattes d'un chat à l'aide de chatterton. Quatre plombs donc. Puis la bestiole est posée dans un bac de douche et le quelqu'un ouvre le robinet d'eau froide.
Spectacle pitoyable de l'animal, incapable de se déplacer, trempé comme une soupe, misérable et miaulant à s'en faire pêter la gorge.
[Fondu]
L'amoureux est au pied d'un immeuble sous la pluie, mélange poisseux de cheveux rares et d'imperméable de moins en moins étanche (un amoureux vraiment transi en somme). Il s'adresse - ou plutôt hurle - vers une fenêtre au 4ème ou 5ème étage, eclairée. Le reste du bâtiment est plongé dans l'obscurité.
Il gueule à une femme invisible qu'elle n'a pas le droit de le laisser tomber, de le laisser là comme une merde aqueuse, qu'elle doit revenir, lui revenir, qu'il a traversé la moitié de Paris à pied sous l'averse, pour elle, rien que pour elle, qu'elle n'a pas le droit, qu'il va se foutre à la Seine si elle ne vient pas le chercher, c'est pas possible, il souffre tellement, ça fait comme des trous dans la plève, HELENE ! me laisse pas HELENE, sale pute ! T'as pas le droit !
D'autres fenêtres s'allument durant sa tirade et des têtes apparaissent aux différents étages, mais bien sûr pas au bon.
HELENE, si tu sors pas de ton trou, je me tire une balle dans le bras pour commencer. Et ensuite je me fous la tête sous un autobus de nuit. Je déconne pas HELENE ! Et le voilà qui sort un automatique de sa poche droite et colle le canon sur l'avant-bras en vis-à-vis. HELENE, je vais le faire, HELEEEEENE !
A ce stade là, tout le contenu humain de la batisse est au balcon. Sauf évidemment l'appartement visé par la menace.
Il tire. Putain ça fait mal ! PUUUUTAIN ! Il se met à tourner en rond en serrant le bras blessé. La vache, putain de sa mère, si on m'avait dit ... Mon braaaas ! HELENE ! Pourquoi tu m'as fait ça ? Il se cogne plusieurs fois contre le mur, en virant sur lui-même, affolé par la douleur. Il n'a pas laché son arme et se la colle contre la tête. Tremblant de douleur, comme halluciné, il gueule plus fort que jamais. HELENE ! Et dans la tête, ça va te faire descendre ? Hein, faut que je m'explose le crâne pour que tu l'ouvres, cette putain de fenêtre ?
Puis, un spasme agite son bras gauche, il se plie en deux, et commence à s'éloigner en geignant. Au loin une sirène de flics.
On le retrouve devant un autre immeuble. Tout est éteint, sauf une fenêtre. Il est de toute évidence en pleine forme. Le numéro va pouvoir (re)commencer.
[Oui, je sais, c'est un peu facile, mais il est tard]