Mémoires d'un apathique

C'est hyper cool et c'est vachement bien !

05 avril 2008

Le style

Pour réussir dans le dessin, il faut dessiner des personnages avec toujours les mêmes pieds et les mêmes nez. Les gens croiront que c'est un « style », votre « style ». Vous-même finirez par le croire aussi. Ne changez jamais de « style ». Le public le ressentira comme une trahison et ne vous pardonnera pas. Quand les éditeurs ne savent pas dans quelle catégorie vous classer, il se peut que vos travaux finissent dans la corbeille. Si, par chance, vous faites une découverte, si petite qu'elle soit, exploitez la à fond pour le reste de votre vie. La répétition est rassurante. Le public vous paie pour être rassuré, pas pour que (excusez l'expression) vous vous fichez de sa figure. L'idée doit être évidente à première vue. Evitez des subtilités dont on ne s'aperçoit qu'après avoir regardé votre dessin pour la onzième fois. [1]

Ca se passe de commentaire. A part, évidemment, qu'à la place de dessin, on peut mettre n'importe quelle activité dans n'importe quel domaine, du social le plus panurgique jusqu'à l'intimité la plus protégée.

1 Willem. Préface à Show de Cathy Millet. J'ai corrigé certaines fautes de français et rajouté les miennes.

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30 octobre 2007

Les conditions de St Thomas

Durant la guerre d'Espagne le clergé basque justifia sa fidélité à la république en considérant que les quatre conditions de St Thomas n'étaient pas réunies (et aussi que de récentes encycliques niaient qu'une révolte contre l'Etat pût jamais être légitime)[1].

Les conditions de St Thomas pour une rébellion contre l'Etat sont les suivantes :

  1. Le bien commun (religion, justice et paix) doit être gravement compromis.
  2. La rebellion doit être considérée comme nécessaire par les autorités sociales dans leur ensemble et les sages qui représentent le peuple dans son organisation en tant que nation.
  3. Il doit y avoir une forte probabilité de succès et le mal probable fait par la révolte ne doit pas être plus grand que le mal probable fait par absence de révolte.
  4. Il ne doit y avoir aucun autre remède pour écarter le danger qui menace le bien public.

On remarque qu'en pratique les 4 conditions ne sont jamais réunies en même temps. Aucune révolte contre l'état n'est donc légitime (selon les critères de St Thomas).

Autant les conditions 1 et 4 vont de soit et relèvent du simple bon sens, autant les 2 autres sont plus problématiques. La condition 3 semble être une formulation de ce que l'on appelle de nos jours le principe de précaution ; toutefois son deuxième moment est impossible à assurer, quand bien même on s'en tiendrait à une probabilité.
C'est évidemment le 2ème point qui nous semble le plus aberrant : toutes les révoltes ou révolutions nous paraissent avoir été modelées sur le principe classe-contre-classe, et ont généralement dégénéré en guerre civile de ce fait.
Dans l'esprit de St Thomas ces conditions ne pouvaient être validées que dans le cas d'une tyrannie arrivée au pouvoir par des moyens extra-légaux, typiquement par un coup d'état, tyrannie de surcroit ne bénéficiant d'aucun appui dans aucun groupe du corps social. Avec notre cynisme, nous envisageons cette situation comme impossible et/ou purement théorique, tandis que St Thomas se référait probablement aux quelques exemples fournis par l'antiquité greco-romaine (dont on peut d'ailleurs nier la réalité historique).

goma

Quoi qu'il en soit, l'argument du clergé basque ne parut pas ébranler outre mesure le cardinal Goma, alors Primat d'Espagne et supporter acharné de la junte de Burgos ...

1 - La république espagnole était à l'époque le régime legitime et les franquistes, par conséquent, des factieux.

 

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18 septembre 2007

Sacré inspecteur Khan !

ghutan1
- Vous là ! Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Un doigt.

ghutan2
- Si on le tord... Qu'est-ce qu'on obtient ?
- Du beurre clarifié (ghee) !

ghutan3
L'inspecteur Khan sait comment faire parler les gens !

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24 juin 2007

C'est ça le secret ?

- (...) Sors de ce truc dégage. Fait des mômes qui jouent au ballon dans le jardin. Trouve-toi une nana avec qui c'est chouette de discuter, qui aime sucer la bite et se faire enculer. Dégotte-toi un barbecue, un coucher de soleil et apprécie la vie.
- C'est ça le secret ?

Rob Roberge, Panne Sêche, Série Noire, 2005

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06 avril 2007

Tirésias

Un jour qu'Héra lui reprochait une des ses nombreuses infidélités, Zeus, qui ne savait plus comment s'en sortir sans une prise de tête étalée sur 12 jours, lui répondit qu'il était bien normal qu'il multiplie les trempages de biscuit, le plaisir de la femme étant tellement supérieur à celui de l'homme que ce dernier ne pouvait que compenser la qualité par la quantité.

Hera resta un peu sciée. Elle ne l'avait pas venu venir, le Zeus .... Puis évidemment, elle l'accusa d'affabuler, de raconter n'importe quoi pour se justifier. Zeus, qui avait reprit du poil de la bête, convoqua Tirésias.

Tirésias, initialement homme, avait été tranformé en femme, était devenu courtisane, puis était revenu à son état premier. Il confirma les dires de son mari à Héra : « Si le plaisir est composé de 10 parties, la femme en a 9 et l'homme 1 seul ».

Hera furieuse (et probablement frigide) ne supporta cet affront : elle rendit Tirésias aveugle. Zeus, tout Maitre des Dieux qu'il fut, ne pouvait détruire le travail d'un de ses congénères. Il donna alors à Tirésias le don de double vue, et c'est cet oracle qui, plus tard, confondit Oedipe.

La morale de cette histoire, c'est que curieusement, depuis, nombre de femmes ne cessent de trouver leur sexualité problématique et ont une fâcheuse tendance à se tourner vers les prophètes de malheur qui leur expliquent que tout va mal, que le désir est leur némésis, et qu'elles feraient bien d'expier un corps si rétif ....

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11 mars 2007

Fournier

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Essayez pas de faire comprendre à des ploucs que vous êtes désintéressé, ils arriveront jamais à s'en convaincre, y'a pas de place pour cette notion là dans leurs petites têtes. Toute  leur éducation a été faite dans le sens du maquignonnage. Toujours  être « plus malin » que le type d'en face. Pas leur faute. Pas la mienne non plus. Pour tirer quelque chose des ploucs faut avoir ce que je n'ai pas, des liasses de gros billets à leur faire passer sous le nez.  Grâce  à ça, on peut tout obtenir des ploucs. A près, y'a plus qu'à remettre les billets dans sa poche. Vous en veulent même pas. Vous trouvent « drôlement malin ».

Ce texte est extrait de Où on va ? J'en sais rien, mais on y va de Pierre Fournier. Fournier bossait à Hara-Kiri au début de années 70. Un autodidacte, un des types les plus brillants qu'il m'ait été donné de lire. Un oublié, alors qu'il était à mon avis un génie, parfois un peu confus et contradictoire, mais un génie, je pense. Un génie modeste, qui plus est.

Les ploucs de Fournier sont ici des ploucs au sens strict ; des ruraux madrés. Mais ce texte reste d'actualité. D'ailleurs, il concluait ce texte par Pas qu'avec les ploucs que ça marche, d'ailleurs. Avec tout le monde, dans une société où les gosses sont élevés dans l'hypocrisie de la hiérarchie et le respect des SICAV. Ca marche très bien en particulier avec les néo-ploucs urbains, à savoir les cadres, et tout particulièrement avec la sous-branche des commerciaux et financiers.

 

fournier1 fournier2
Plouc normal Plouc urbain

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