28 novembre 2006
A la bibliothèque
Tiens je suis allé à la bibli(othèque). Pour prendre des livres. A lire. Dans mon petit lit encombré de choses n'ayant rien à y foutre (comme mon fond de documentaires en DVD).
Tiens, après être passé au contrôle (blip blip), juste derrière moi, un héroïnomane chargé comme un goret en train de demander je ne sais quoi à la préposée. De sa voix baveuse, comme s'il fabriquait à la salive de la purée à partir de flocons dans sa bouche. Et les lunettes noires. Et qui pique du nez, le bonhomme, malgré des efforts méritoires.
Tiens, ça ne manque pas, la fille plutôt troublée qui l'envoie ailleurs, loin, et me jette un coup d'oeil à moitié affolé en voyant mon air hilare devant l'apparition du junkie en mal de culture (pour une fois).
Tiens donc, je semble être le seul à avoir saisi ce qui se passait, on dirait bien. Et il y aura toujours des aveugles pour dire qu'il ne se passe jamais rien dans nos sociétés surprotégées ...
Borges y Caillois
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu Borges. 15 ans, au moins. Comme d'une part, je me sentais ces derniers temps plus apte à glander dans mon lit qu'à autre chose et que d'autre part j'étais arrivé au bout de mes emprunts bibliothéquesques, j'ai extrait de mon fond les 4 volumes de l'auteur que je possède (Fictions, l'Aleph, Le livre de sable, Le rapport de Brodie). M'attendant au pire, parce que j'ai déjà remarqué que j'étais souvent incapable de relire ce que j'adorais une décennie plus tôt. Comme je m'en souvenais, Le rapport de Brodie est vraiment peu interessant, à part la nouvelle éponyme. Désormais, je préfère Le livre de sable à Fictions, alors que c'était l'inverse, auparavant.
Borges joue sur le fil du rasoir. Le temps ayant passé, je me rends compte qu'il manipule des concepts philosophico-mathématiques qu'il ne maitrise pas vraiment. Souvent les mêmes d'ailleurs. D'une certaine manière, Borges est un pédant. Qui se présente sur le fond en tant que tel, mais avec de la distance et une ironie discrête. Un pédant au second degré qui envoie des clins d'oeil aux happy few qui savent. Qu'il est un pédant qui se dissimule sous le déguisement d'un pédant qui sait qu'il est un pédant et qui se moque sur le fond de sa propre pédanterie. Tout cela est fort subtil ; ou du moins s'étale en tant que. On comprend les portraits peu flatteurs qu'a laissé Gombrowicz du personnage.
Ceci étant, plutôt que de laisser une impression de grandeur dûe à l'intelligence du personnage (un peu douteuse et usurpée, à mon avis), ces nouvelles distilleraient plutôt ... disons une brume de nostalgie. Nostalgie interne puisque je me prends à regretter, comme les personnages, le temps de ces congrès, de ces encyclopédies infinies, de ces dictionnaires de toutes les langues passés, présentes et à venir. Nostalgie externe, puisque j'en viens à soupirer après l'époque de Borges durant laquelle on pouvait écrire des livres traitant de pareils sujets. Nostalgie qui se renforce de la préface de Caillois à L'Aleph, préface érudite, complexe, maniant le concept comme d'autre la langue, qui fait qu'au final le doute s'installe : qui pouvait bien comprendre ce que Caillois racontait à l'époque, ou plutôt y'avait-il des gens pour comprendre, ou n'était-ce déjà qu'une question de signes, d'indices et même de signes de signes ? Parce qu'évidemment, à notre époque, je me demande qui peut comprendre ce qu'écrivait Caillois (à part les quelques égarés de rigueur) ? A vrai dire, pas d'un point de vue strictement cognitif, mais plutôt : quel interêt le discours de Caillois peut-il bien présenter ? Les problématiques qu'il invoque n'ont-elles pas été englouties par le demi-siècle qui nous séparent de cette préface ?
La préface de Caillois me parait aussi saugrenue qu'un livre de théologie dans un monde notoirement sans dieu(x) ...
Nostalgie donc d'une époque où comme dans les romans d'Ambler ou le journal de Junger, tout le monde semble parler au moins 3 langues européennes et deux mortes. Bien sûr, il ne s'agit pas de tout le monde. Je sais, je sais ... Mais nostalgie, tout de même d'une époque qui semble plus intelligente que la nôtre ou qui, du moins, joue à l'être en préfaçant entre autre un auteur qui joue à l'être, et peut-être, sur le fond, en jouant à l'être ...
27 novembre 2006
hutongs et post-modernité
J'avais dit
que je parlerai des hutongs. Que sont les hutongs, se demande le
lecteur francophone qui n'est pas allé en Chine, comme quoi c'est un ringard
contrairement à moi, qui suit la queue de la comète de la post-modernité
superactive ?
Disons que les hutongs sont ou plutôt étaient les quartiers populaires
de Beijing (et probablement d'autres villes chinoises, mais je n'y suis pas
allé vérifier). De petites maisons de plain-pied, en briques grises ou devenues
grises avec le temps (et la méthode de chauffage). Veinés de petites ruelles
serpentines, les hutongs sont des endroits délicieux où se promener
(malgré l’odeur de merde omniprésente), et où l’on peut tomber sur ce qui semblait
être un mythe pour touristes, à savoir les vieux en train de jouer au mah-jong.

hutong vu de l'extérieur. On remarquera le côté artisanal des toits

hutong vu de l'intérieur. On remarquera le côté artisanal d'à peu près n'importe quoi

A droite hutong en voie de destruction imminente. A gauche, ce qu'on construit à la place dans le meilleur des cas. Au centre, vélo électrique lancé à pleine vitesse.
Mais Il faut aussi être honnête : le hutong c’est
limite bidonville. Certes avec l’électricité, peut-être l’eau courante, pas de
chiottes (d’où l’omniprésence des terribles chiottes publiques pékinoises et
donc de l’odeur de merde) et le chauffage au charbon. Les habitants – s’ils y
étaient relogés – apprécieraient d’habiter dans des tours, certes moins
typiques, mais oh combien plus confortables.

Chauffage dans le hutong : les trucs noirs au sol sont des briquettes de charbon. le truc blanc à droite en l'air n'est pas spécifiquement destiné au chauffage : il s'agit d'un chat pékinois classique, rare, bien nourri, au pelage mi-long blanc sale.
04 novembre 2006
Troue mon cul, Robert !
Hier, journée intelligente de la tête. Bien qu'ayant de longue date compissé l'idôlatrie de la Kultur, je profitais avec B'. du beau soleil pour aller m'enfermer au centre Beaubourg avec une logique qui me laisse pantois. Voir du Rauschenberg. Bonne surprise dès la caisse : étant chômeur, je ne paie pas. Comme quoi, l'Etat - qui est bien sympa, le bougre - tient à ce que les défavorisés puissent s'abreuver à la source fraiche qui fera de nous des hommes meilleurs. En haut, je suis plus qu'ému par le classieux de la chose : Rauschenberg me troue le cul, surtout la période 1955-1959. Comme on entre au plus loin et qu'on sort au plus récent, je suis revenu au départ pour bien vérifier que je ne m'étais pas trompé ; le early Rauschenberg est bien ce que je préfère. Soyons clair : en général, au musée, je m'emmerde comme un gamin qu'on aurait trainé voir des manuscrits médiévaux à la Bibiothèque nationale. Il est donc rare que, face aux oeuvres, je sois saisi par l'envie irrépréssible de faucher un des items pour l'emporter chez moi et l'accrocher au mur. Même si c'est techniquement assez difficile à faire d'autant que j'ai tendance à être attiré par les pièces monumentales.
A force de rester sans voix et immobile devant une des combinaisons, j'ai fini par me dire qu'il fallait cela chez moi. De plus, j'ai déjà fait :
- Un DVD de micro-films
- Un long-métrage
- Un disque
- un livre
- Plein d'autres trucs
et donc, ma foi, réaliser un truc à la Rauschenberg me paraissait une occupation des plus méritoires. B'., qui, elle, ne doute jamais de moi, s'enthousiasma pour l'idée. J'étais plus sceptique. Outre qu'évidemment je n'aurais peut-être pas le talent, il fallait tenir compte de la logistique : où aurais-je la place de réaliser cela et d'ailleurs quel mur pourrais-je éventuellement orner ? B'. continua à m'encourager, proposant l'appartement de Montpellier comme atelier de mes débauches plastiques. Je m'engourdis de plus belle, écrasé par l'ampleur de ce que je projettai. Mais pourquoi pas, effectivement ?
La suite vira gentiment au désastre, mais avec une sympathique progressivité qui me permit de tenir jusqu'au bout.
D'abord, une petite giclée de Yves Klein. Bon ... Qu'à toutes les époques,il y ait eu des illuminés et/ou des escrocs, ça ne me choque pas plus que ça. Que des soi-disant représentants de l'Elite aient cautionné ces foutages de gueule, voilà qui ne cessera jamais de me surprendre. Qu'on joue sur le terrain de jeu de Duchamp, l'ironie en moins, why not, que personne ne s'en aperçoive, c'est franchement inquiétant. Que Klein soit, au final, un fou littéraire de plus, grand bien lui fasse, qu'il ait été pris au mot, voilà qui est stupéfiant. Evidemment, que les midinettes Kulturelles se soient pamées d'admiration devant le messie, xième avatar de l'artiste romantique, élu des dieux et fils de la Pythie, cela ressort de l'évidence ...
Et pour finir, le summum du rien, à savoir l'expo des photos léguées par la CDC. Je n'ai cessé de répéter que la photographie n'était pas un art, tout juste une technique destinée à consoler les orphelins du figuratif en peinture. Mais qu'on puisse tomber si bas ... Une banalité à pleurer, un académisme anémique, des poncifs au kilo, voire des trucs pour photographe du dimanche comme des arbres dénudés à contre-jour sur le sommet d'une colline. J'exagère à peine. 3 ou 4 clichés sauvent l'honneur, mais c'est une goutte d'eau dans un océan de vacuité.
Sinon, on aurait du aller au cinéma après, mais on a fait du sexe dans l'intervalle, et noyés sous les endomorphines, nous avons préféré passer le reste de l'après-midi, puis de la soirée vautrés comme des invertebrés dans le canapé.
02 novembre 2006
Chugnux-Land
Amis des bêtes, bonsoir !
Amis des syndicalistes, bonsoir !
Amis des cagnottes, bonsoir !
Amis des suidés, bonsoir !
Amis des bovidés, bonsoir !
Amis de moi, la maison vous ouvre ses portes et vous embrasse sur les deux joues (ce qui est pas mal pour une maison, mais je la dresse depuis sa plus tendre enfance) !
Plutôt que me la jouer Castelot racontant la bataille de Bouvines, j'ai préféré il y a peu vous narrer sur le mode badin, l'achat d'une tirelire en forme de cochon pour un syndicat crypto-marxiste dont le but avoué est d'envoyer les incapables surpayés direct aux assedics (en fait, non : le jour où un syndicat met ça à son programme, j'adhère aussi sec entrainant avec moi les électeurs morts de Tibéri).
Voici la bête :

Joli cochon, non ?
Pauvres de vous, abusés par vos sens !
En fait c'est une VACHE !

Really a cow, is'n it ?
Mais quoi qu'il en soit, entonnons le chant des chugnux :
(Refrain)
Ô pays éternel des farouches chugnux
Contrée légendaire de l'or et du luxe
de la myrrhe, l'encens et du musc
Nous te vénérons, nous les fiers chugnux
(Couplet)
C'est nous les chugnux, les chugnux, les chugnux
Pas des p'tits trognons, des meumeux, des mignons
Nous sommes les chugnux, les chugnux, les chugnux
Plus adorables que nous, je vous le dis, c'est non !
26 octobre 2006
Alors, je suis beau ou pas ?
Je suis comme tout le monde. J'aime qu'on m'aime. Et qu'on me dise que je suis le plus beau. Comme tout le monde quoi (sauf les lecteurs de Houellebecq qui sont très moches - comme leur égérie dégarnie, qui savent que le monde est méchant et qu'il ne leur dira jamais qu'il les aime. Salaud de monde !).
Alors j'aime bien qu'on laisse des commentaires pour me signaler que Pour dire des choses aussi intelligentes, je dois être incroyablement beau ou que A part Flaubert, personne n'avait agencé des mots avec tant d'acuité et je vous aime.
Vous me voyez venir ? Ca tombe bien, j'y courre.
Souvent je regarde mes stats et je me dis que, saperlipopette, il y en a du monde qui se pointe chez mézigue. C'est pas tant que j'ai une passion pour le roman prolétarien des années 30, mais mézigue, j'adore. Et que corrélativement, j'ai pas beaucoup de commentaires. C'est sûr que si j'étais une gueuzesse, j'en aurais plus ; surtout des qui me propose la botte en douceur et avec une certaine sournoiserie. Et même si j'étais une gonzesse toute jeune, je raconterais mes problème avec mon mec qui passe son temps sur sa nintendo et des tas de potesses me diraient Vas-y, te laisse pas faire fleurbleue371 ! Mais comme ce n'est pas le cas, et que je raconte soit des problèmes théoriques qui n'interessent que moi (ou quelques paranoïaques), soit des histoires de pieds qui puent, les gens ne se bousculent pas au portillon pour me dire que Ouais t'es le plus beau et qu'est-ce que t'es beau et tu veux pas partager ma couche glaciale (si c'est une femme) ou tu viens boire un verre, c'est moi qui paie (si c'est un homme) ?
Evidemment parmi les visiteurs, il y a les égarés qui arrivent chez moi en ayant tapé dans Google Zoophilie hardcore avec des crevettes pré-pubères. Ceux-là font un hit et se cassent faire un tour sur les sites des aquariophiles. Mais d'autres s'acharnent, lisent et relisent l'intégralité du site. Plusieurs fois même. Peut-être s'agit-il de mystiques à la Da Vinci Code qui cherchent une signification ésotérique dans mes écrits. Je peux les rassurer tout le suite : oui, la Sainte-Vierge était la belle-soeur de Judas l'Iscariote et c'est un épouvantable secret que le Vatican a caché dans le coffre d'une Mercedès bleu nuit au troisième sous-sol du parking de la Basilique St Pierre.
J'en ai remarqué quelques-uns à leur adresse IP récurrente. J'en ai même reconnu dans le lot, parce que, moi, je suis DNS-man, et l'internet n'a plus de secret pour moi. Ou parce que j'ai simplement de la mémoire pour les trucs inutiles, comme les adresses IP. Par exemple une jeune fille charmante qui a des vis dans le pied et je profite de l'occasion pour lui dire que, un peu de patience, le resto, c'est pour bientôt. Les autres, je ne sais pas. je rêve de super-canons, toute moîtes à force de lire mes merveilles et qu'une éducation trop rigide (et trop catholique) empêche de se déclarer. Je préfèrerais ça à un graisseux à moustache, mais du moment qu'on me dit que je suis le plus beau ....
17 octobre 2006
La japonaise
Je fais des traductions de mangas. Japonais donc. En plus de tout le reste. Et bien que je ne parle pas un mot de japonais. En fait, je fais l'adaptation en "bon" français à partir d'une traduction premier jet. Et donc j'avais rendez-vous avec P., mon boss de circonstance, et une nouvelle traductrice. Les traducteurs de japonais semblent être systématiquement des traductrices dans ce pays.
Une fois les explications terminées (au bout d'une heure, à peu près), P. est rentré chez lui (il nous avait choisi un café à 15 mêtres de chez lui, le fourbe). Momomi et moi sommes allés à pied à la station de métro la plus proche, qui nous était commune, ce qui tombe assez bien. Soucieux d'altérité et poli, je lui fis la conversation, alors qu'en temps normal, je suis un ours, assez bien lêché, mais ours quand même. Et puis je me disais que pour cette malheureuse orientale perdue dans cette grande ville de long-nez, je me devais de faire un effort.
Pour commencer, elle m'apprit qu'elle était en France depuis 10 ans. La pauvre petite chose avait eu le temps de s'acclimater. Et qu'elle était secrétaire de direction, ce qui l'emmerdait. Texto et dixit la charmante jeune femme. Comme quoi le français argotique, c'est ce que les étrangers assimilent le mieux. J'avais déjà remarqué cela avec les tamouls.
Chemin faisant, elle m'annonce qu'elle avait fait des films pornos. Comme ça. Avec le sourire. Et d'ajouter que ce qui était bien avec le genre, c'est qu'on est payés à la durée du film et qu'il n'y a pas beaucoup de dialogues. Un peu géné (les mecs friment beaucoup à propos du porno, mais c'est que de la gueule), je passais dans ma tête diverses tentatives pour relancer la conversation. Et c'était bien ; ça se déroulait sans problèmes ? Demandais-je à cours d'improvisations habiles. Absolument, absolument. Puis elle se mit à rire. Elle faisait les sous-titres. Vous me voyez, comme actrice ? Je ne lui dis pas que pourquoi pas, et nous nous quittâmes là, chacun allant dans le sens opposé l'un de l'autre sur la ligne verte.
31 juillet 2006
Je m'instruis
Vendredi soir, j'étais naze. Comme tout le monde. A commencer par Y. qui s'est couché à 9 heures. Je me suis dit : "et si je regardais un film avec l'oeil du cadreur ?". Un film carré et efficace, s'entend. Puisqu'on est censés faire un film de genre. J'ai jeté mon dévolu sur "Planête hurlante", petite SF de série B, agréable sans être transcendante.
Bon, les dialogues sont épouvantables (mais c'était une VF, faut dire), et au moins deux des seconds rôles partent en free-style. Mais ce n'était pas là le problème.
J'ai regardé le cadre. Attentivement. Pendant bien 40 minutes ; après j'en ai eu marre.
Et j'ai trouvé ça angoissant. Il y avait des plans caméra mobile (dolly ou grue) et d'autres caméra fixe. Sans qu'une logique apparaisse. Je veux dire par là qu'on aurait très bien pu filmer les parties fixes en mobile et reciproquement. Pourquoi et suivant quels critères le réalisateur a employé une solution et pas l'autre ?
Classiquement les plans très larges sont filmés en fixe. Les dialogues sont pris assez larges ; il y a peu de gros plans sur les visages et encore moins de champs/contre-champs. Idem quand j'ai visionné "Ghosts of Mars" (Bien meilleur, avec un clone d'Alice Cooper comme chef des mutants).
Tout cela me laisse un peu dubitatif. Bien sûr, il est prévu de faire plusieurs valeurs pour chaque séquence, mais ça ne fait que repousser le problème au moment du montage ....
21 juillet 2006
Au passage
- Dans le métro : un type qui lit un bouquin de psy appliquée pour les nuls : Développez facilement votre leadership. Le métro-man qui lit ça est aussi charismatique qu'un bout de gruyère oublié au fond d'un réfrigérateur. On sent qu'il y a du boulot, et que ce n'est pas avec le genre de conseils prodigués qu'il deviendra le winner qu'il rêve d'être dans la pénombre de ses désirs bas de gamme.
- Aux Halles : un bateleur quelconque avec son matériel de jonglerie. Ce qui me fait penser à ces mimes qu'on rencontre dans tous les quartiers à touristes de toutes les grandes villes du monde. Et en particulier à ces uber-ringards qui se déguisent en statue après s'être recouverts d'une couche de peinture argentée. A se demander pourquoi il y autant de badauds autour, puisque n'importe qui peut les rencontrer à peu près n'importe où. J'ai fait remarqué à Y. que je regrettais de ne pas avoir prévu le meurtre d'un de ces sous-humains dans le film.
03 juillet 2006
Totems
Samedi ...
Petites foulées jusqu'à la Halle St Pierre. Au flan. Sans connaitre le programme.
Dans la salle du bas, théatralisant ce qui est exposé du fait de son
obscurité savamment percée de quelques spots, quelques oeuvres de
Jephan de Villiers.

Indéniablement, ça troue de le cul. Clichés mythologiques ramenés d'une contrée au bord du monde, d'humbles assemblages de bois, de pierre et de ficelle. Témoins multiples des murmures inaudibles de dessous les fourrés. Foules de petits personnages au regard fixe, ni accueillants, ni agressifs et encore moins neutres. En alternance avec de grands totems.
J'ai tourné dans la salle, avide de découvrir, de plus en plus vite, comme si la vitesse acquise pouvait me permettre de débusquer par quelque phénomène optique, un secret dissimulé. B'. suivait difficilement.
Le totem aux grosses pierres cerclées de ficelle était mon préféré. Tronc d'arbre, évidé, de deux mètres de haut, empli de caillasses régulières aux allures de noix géantes.
Il me le fallait. Ou l'un de ses cousins. A peine sorti, je m'enquis auprès de la responsable de l'expo. Ca se vendait ? Où ? Combien ?
Elle ne savait pas trop. Ca ne se vendait pas, selon elle. Pas les grosses
pièces. Mais je pouvais aller voir à la galerie Béatrice S. Dans le VIème arrondissement.
No problem, miss. Bus bondé (sans clim', on n'est pas des sauvages, hein). Descente Pont-Neuf. Et la dame de la galerie qui nous explique que Jephan ne laisse pas de pièce en dépôt. Faut attendre ses expos. La prochaine en Septembre.
De toute façon, les totems, il ne les vend pas. Rien à faire. C'est comme ça. Il faut aller les voir à la fondation. Charente ou Bruxelles. Comme on n'a pas de voiture, ce sera Bruxelles. En Thalys. Et il y a 3 lignes de bus qui desservent. Pour le 14 juillet, tiens ...