20 avril 2009
Le mytho en action
Tout en buvant ce martini plus-dry-tu-meurs, je sens qu'il va falloir que j'explique à la jeune femme à ma droite qu'elle me lâche un peu. Pour une raison qui m'échappe, elle semble fascinée par ma personne, alors qu'il n'y a vraiment pas lieu de l'être : j'ai mal au ventre, j'ai mal à la tête, la musique me casse les tympans, qu'est-ce que je fous là et c'est qui, cette fille ?
Au lieu de faire simple et me tirer en prétextant n'importe quoi, je lui explique avec un sérieux qui m'étonne moi-même qu'elle est absolument ravissante, mais que, vois-tu, mes couilles ont été arrachées par une mine en Bosnie.
Mauvaise pioche.
De fascinée, elle passe à subjuguée.
Oh putain, que j'ai mal au ventre, ça m'apprendra à accepter n'importe quoi de n'importe qui.
En attendant, il faut que je développe un petit peu. Je ne lui ferais pas l'affront d'imaginer qu'elle ignore ce que furent les Brigades Internationales. Oh que non, qu'elle se récrie.
Bien.
En Bosnie, il y eut de vagues équivalents. Grands yeux étonnés. C'est vrai qu'elle est jolie, tout bien considéré, mais que veux-tu, les média n'en ont jamais parlé, on ne peut à être à la botte de l'OTAN et faire un vrai boulot d'information en même temps. Elle agrée. Une bobo de gauche, il fallait que ça tombe sur moi, elle a peut-être même lu Halimi. En gros, princesse, les fachos ouest-européens se sont engagés dans des unités paramilitaires serbes, et les bosniaques ont récupéré des fondamentalistes venus du Maghreb, du Pakistan, voire de l'Afghanistan.
Attends je reviens.
Petit tour au gogues histoire de repasser une deuxième couche de Ripolin.
Quand on affabule, le tout est de rester plausible, de parsemer son discours de petites pépites de réalité ou à défaut de légendes urbaines certifiées.
De subjuguée, elle passe à mesmérisée.
Qu'est-ce que je foutais là-dedans ? C'est un peu long à expliquer. Je voulais être dans le bon camp, pour simplifier. Mais y'a pas de bon camp. Les milices ont toujours préféré s'en prendre aux civils qu'aux troupes en armes.
Là, je sens qu'elle n'en peux plus, je me fonds dans son archétype personnel du vieux baroudeur revenu de tout, mais qui a su garder son humanité intacte.
D'un autre côté, pourquoi je ne peux jamais m'empêcher de mentir comme un arracheur de dents ?
Oh putain, que j'ai mal au bide !
Bref, c'était vraiment pas joli joli. Non, je t'en parlerai pas, je préfère pas ramener ce genre de souvenirs à la surface. Pas pour rien que tous les gens (ou presque) qui ont fait la guerre ne veulent plus jamais faire un comeback.
Bon là, c'est l'apothéose : de mesmérisée, elle passe à statufiée.
Je suis donc passé dans une unité de déminage, un boulot vraiment utile, et puis un jour : boum ! Les risques du métier. Je suis resté 4 mois à l'hopital, au début à Sarajevo, puis en France après mon rapatriement.
Elle reste sans voix ; j'en profite pour commander un autre Martini, ce qui est loin d'être la meilleure idée de la soirée.
La vache, qu'est-ce que j'ai mal au ventre !
30 mars 2009
BD
Bon inutile de faire croire que ... Kela c'est moi, et, donc, comme je n'ai jamais fait cela, je publie à intervalles très irréguliers, des BD et/ou des dessins légendés.
C'est ici.
Inutile de me dire que le site en lui-même est moche, je suis un artiste, moi et vous ne pouvez pas comprendre. Inutile aussi de me dire que je ne sais pas dessiner, je suis bien placé pour le savoir.
Enjoy (ou pas) !
09 janvier 2009
Dark Property
J'ai déjà dit le plus grand bien que je pensais de Brian Evenson.
J'ai déploré le peu de traductions qui existaient de lui en Français (3, toutes chez Lot 49).
J'ai fanfaronné en prétendant que - de ce fait - j'allais être obligé de le lire dans le texte.
Que n'avais-je pas raconté là ...
Si dans la version française, sa prose parait limpide, presque classique, il en est tout autrement en anglais. Dark Property commence comme ça :
She reposed herself alone at some distance from the roadway, the rucksack shucked from her back. Removing the stones from her pockets, she stacked them beside the rucksack. She wrapped her arms around her knees, stared out, gauged the decline of the light. Below the sun the lower sky was split in twain by a bleared thread of smoke, a false horizon. She watched the split-line bleed, spread, spartle.
Ce que j'ai rendu par :
Elle se reposa, seule, à l'écart de la route, après s'être débarrassé de son sac à dos. Elle récupéra les pierres dans ses poches et en fit un tas à côté du sac. Elle enroula ses bras autour de ses genoux, le regard fixe, semblant évaluer le déclin du jour. Sous le soleil, la partie inférieure du ciel était divisée en deux par une vague ligne de fumée, comme un horizon factice. Elle le regarda saigner, s'agrandir par à-coups, convulsivement.
A noter que spartle n'est même pas dans le Harrap's Shorter, édition 2000. Ca promet pour la suite ...
15 décembre 2008
Chugnux on stage

Je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas le droit de l'exposer à la face du monde, non mais sans blague !
29 novembre 2008
Nada
C'est vrai que je n'ai rien foutu depuis longtemps.
C'est vrai que ce blog commence à me faire chier.
C'est vrai que les thymorégulateurs me laissent souvent un grand trou vide entre les oreilles. Expérience finalement plutôt agréable, mais n'encourageant pas la « créativité ».
C'est vrai que la gamine est prenante, mais finalement de moins en moins.
Sur le fond, c'est une question de motivation : quoi écrire et pour qui ? Sans tomber dans un éternel ressassement.
Et ça ne va pas s'arranger : je recommence à travailler à partir de lundi (c'est que je suis soutien de famille, moi maintenant !).
Tiens, je vais plutôt faire une traduction pirate d'un bouquin de Brian Evenson. Quel est le meilleur dico pour ça, voilà une bonne et vraie question (sachant que sa prose est assez classique, pauvre en idiotismes, néologismes et argots) ?
Une autre fois (si fois il y a) pour raconter de vraies choses.
10 septembre 2008
Lorsque l'enfant paraît
A toutes mes amies trentenaires (et plus) qui se tâtent pour savoir si elles veulent ou non devenir mères, je dirais : réfléchissez-y bien. C'est pas comme dans les livres. Pas une sorte d'apothéose de la féminitude. Pas la joie pure qu'aucun nuage ne viendrait assombrir.
Déjà la grossesse, ça dépend des individus : le nirvana pour certaines, un calvaire pour une petite minorité et un truc souvent chiant pour une grosse minorité. B'. a été bien contente qu'on la lui déclenche 3 semaines avant terme.
Ensuite l'accouchement n'est pas une partie de plaisir. Et on ne fait plus le fanfaron, après. Ce pourrait être cela, le vrai passage à l'âge adulte : avoir assisté à une naissance du début à la fin, surtout quand votre femme met bas à la façon d'une louve, à quatre pattes, poussant des hurlements inarticulés, pendant que, vous-même, couché au sol, vous la bloquez pour qu'elle puisse pousser. Et sans péridurale, encore, pour des raisons qui relèvent pour moitié de l'accidentel et pour moitié de la conviction.
Ensuite vous avez une petite chose affamée, presque aveugle, dont il faut prendre un soin constant. Et quand je dis constant, c'est constant. Les premiers mois, hors de question de faire autre chose que de s'occuper de la progéniture. A moins que l'autre partenaire ne s'y colle (moi, donc), mais l'allaitement au sein n'aide pas à une juste répartition des tâches. Sans compter les nuits de 4 heures (temps cumulé), les hurlements de douleur auxquels on ne sait répondre et qui vous plonge dans une angoisse teintée de culpabilité. Heureusement qu'il y a de gros restes d'instinct mammalien, sans quoi le têtard beuglant serait déjà passé par la fenêtre une bonne douzaine de fois.
Un boulot d'esclave. Même si j'en fais environ 30% (la fonction nourricière étant, pour l'instant , réservée à la mère, le système avec congélo et tire-lait n'étant pas tout à fait au point).
Un boulot d'esclave ...
Et dont je fais 30%, donc. Ce qui me permet de me sentir dans une rage folle devant le mépris dans lequel on a tenu ce travail. Travail de mère = zéro travail. C'est la nature et en plus, elle aime ça.
A part certains boulots très physiques (comme le bûcheronnage, disons), il n'existe rien de plus exténuant que le fait d'élever un enfant. Et à vrai dire, les premiers mois, au sens strict, on ne l'élève pas, on prend soin de lui. Mais cela reste exténuant. Les vagues boulots de gestion qui, parait-il, épuisent des régiments de cadres queutards arrogants, ne sont que pipi de chat en comparaison. D'autant que, contrairement aux sociétés traditionnelles, la mère ne bénéficie pas de l'aide de ses consoeurs du groupe, ni des gratifications symboliques et matérielles associées à son état.
Les vrais boulots, ce sont des boulots d'hommes. De même qu'une vraie voiture, c'est une BMW. Le système de référence est celui des hommes, en vertu de quoi, il faut apprendre à désirer ce que désirent (et possèdent) les maîtres. Et donc, en plus d'être mère, de devoir se coltiner un vague taf de gestion.
La libération, je l'imagine plutôt comme la rupture des entraves nées des désirs induits. Pas quand on en vient à se damner pour pouvoir exercer des fonctions qui devraient être traitées par le mépris, tout comme les colifichets qui viennent avec (golf, grosses bagnoles, cigares cubains pour se la jouer comme son n+1).
Ceci étant, alors, pourquoi faire un(e) gamin(e) ? Laissons de côté l'argument a contrario et à deux balles du monde toujours pire et dans lequel la fracture sociale va ne faire que s'agrandir. Après tout, votre enfant pourrait très bien faire partie des 10% d'enculés qui toucheront mensuellement 15 fois le SMIC (qui n'existera plus, de toute façon).
Il n'y a pas de bonne raison. Il n'y a pas de raison du tout, une fois qu'on a éliminé les mauvaises (se perpétuer via sa descendance, repeupler le pays, jouer à la poupée, etc). C'est plutôt être là au bon moment, au bon endroit, avec la bonne personne.
Et c'est vrai que ce petit morceau de chair recroquevillée peut émouvoir au delà du dicible. Elle peut aussi ne pas émouvoir du tout, il faut le savoir. C'est vrai que protéger ou jouer à protéger le rejeton vous confère une stature qui vous n'avez jamais eue et n'aurez jamais plus. On est proche de l'amour inconditionnel, même si le nourisson n'éprouve pas de l'amour au sens strict, mais plutôt une sorte de reconnaissance éperdue et maladroite. Mais cet amour peut aussi ne pas être là. Ce sont des choses qui arrivent, on n'est pas un psychopathe pour autant. L'ennui, c'est qu'on ne peut pas le savoir avant.
Mais, parfois, je me retrouve sur le balcon, la nuit, la petite chose peinant à s'endormir dans mes bras qui la bercent tandis que je chantonne Le lion est mort ce soir et que de legères larmes affleurent.
Ami(e)s trentenaires (et plus), je n'aimerais pas être à votre place ...
16 août 2008
Heureux évènement

10 mars 2008
Pensées informes
J'aimerais pouvoir raconter comment j'écris, ou plus exactement, comment, idéalement, j'aimerais écrire.
J'aimerais pouvoir développer autour du zen en écriture . A savoir : se concentrer sur un objet, sur une image ou une situation, jusqu'à ne former plus qu'un avec cet objet, cette image, cette situation. Jusqu'à ce que l'univers entourant cet item m'apparaisse dans toute sa complexité et ses possibles. Généralement, il est de bon ton de se focaliser sur un caillou. Ce caillou est sur une grève, le varech pourrissant empeste, quelques débris d'un cargo guatémaltèque l'encadrent comme pour une photo de groupe. Un enfant regarde tout cela depuis sa fenêtre, regrettant d'avoir été aux champignons le jour où le navire a coulé en face du petit port de plaisance pour des raisons que nul n'a encore élucidées. D'autant que son grand-père, ancien des brigades internationales, a murmuré au docteur Wurtz qu'il (le cargo) transportait les restes du vrai Trotsky, mort au fin fond de la jungle amazonienne, rien à voir avec le sosie qui a succombé aux coups de pic à glace à Mexico (il a surpris la conversation alors qu'il taquinait le chaton blanc, dissimulé par les lourds rideaux si chers à sa mère). Ou bien, le dit caillou trône sur une petite table basse. C'est d'ailleurs plutôt un galet qu'un caillou et il rappelle à la nonagénaire maitresse des lieux la vulve épilée d'une amante un peu vulgaire qu'elle aurait du préférer au mari falot qui lui a succédé pendant plus d'un demi-siècle.
Mais la dissolution dans l'être du caillou a quelque chose du cliché. On choisit toujours de s'identifier à un caillou, comme par une sorte de modestie renversée. Ca tient du titre honorifique. Un cheese-burger ou un nonosse en plastique font tout aussi bien l'affaire.
Le mieux est évidement de partir d'une image marquante, quelque chose qui s'impose avec force, un ou des polaroids extraits d'un rêve. Un chien dont les deux pattes avant ont été teintes en rouge. Ce peut être le point de départ d'une nouvelle d'une dizaine de pages. Facile.
L'idéal : plusieurs items, comme des trucs sortis d'un sac de plage et jetés sur le sable : il n'y a plus qu'à les relier, à compléter suivant les pointillés et le tour est joué.
J'aimerais aussi parler de l'importance des virgules. J'en met partout. Mais d'une certaine manière, par défaut. Je regrette que les signes de ponctuations soient si peu nombreux. Il devrait y avoir une double-virgule, une triple-virgule, comme il y a des croches, des doubles-croches et des triples-croches.
J'aimerais aussi vous présenter la machine à concasser les rêves :

Elle les pulvérise en une fine poudre grisâtre qu'il suffit de priser chaque matin avant d'affronter le métro.
23 janvier 2008
Vous l'avez échappé belle
Si tout avait marché comme sur des roulettes, j'aurais pu vous faire mon grand numéro de moi-j'ai-raison. Couplé avec un festival de tous-des-cons-moi-je-vais-vous-montrer.
Ca aurait commencé comme ça :
Je vous aurait parlé de Missouri breaks, un western avec Marlon Brando. J'aurais péroré sur la performance exécrable de l'acteur, tout en cabotinage et doté pour l'occasion d'un accent à la con. J'aurais fait remarquer que, de toute façon, les films dans lesquels Brando joue correctement se comptent sur les doigts d'un lépreux. Comme dans Apocalypse now, tiens. Aurais-je ajouté, ménageant mon petit effet. Parce que, c'est vrai, quoi, il incarnait Kurtz avec la finesse d'un Duris sous acide. C'est ça que j'aurais asséné. Avec une petite pause pour vous permettre de reprendre votre souffle.
C'est toujours bien de s'en prendre aux monuments du 7ème art. Un peu comme d'expliquer à un décérébré que Le grand bleu, c'est de la daube. Au moment de sa sortie. Ce qui ne nous rajeunit pas.
On aurait attendu la suite. Parce qu'il y en aurait eu une. Et quelque chose de grandiose.
Que je vous explique.
J'aurais tartiné ma triscotte de considérations pertinentes sur la différence entre profondeur et n'importe quoi amphigourique. Parce qu'en l'occurrence, c'est du n'importe quoi qui en met plein la vue. Mais sans plus. Un peu comme une explication d'économiste aux ordres.
Et je vous aurais raconté une séance au Brady de la grande époque. Avec deux films au programme. Permanent, le programme. Et d'incroyables navets sur l'écran. Et j'aurais extrait de ma mémoire cette bouse d'horreur ritale dans laquelle le réalisateur avait cru bon d'insérer un Kurtz en décalque, histoire de surfer sur la vague. Un Kurtz inexpressif, mais roulant des yeux, prodigieusement mal doublé, et racontant d'hallucinantes inepties au sein de la jungle philippine. C'aurait été Anthropophagous (l'homme qui se mange lui-même), ce film.
Et j'aurais récupéré le monologue en mp3 et l'aurais mis à votre disposition. Pour que vous puissiez savourer l'ampleur des dégâts. Et que vous vous rendiez compte par vous même que, sur le fond, il n'y a pas beaucoup de différence avec le gloubi-boulga de Brando et Coppola.
J'aurais instillé le doute en vous. Vous n'auriez plus regardé Francis-Ford de la même façon.
Mais je ne me serais pas arrêté là. J'aurais ajouté, pernicieux : mais n'était-ce pas déjà le cas avec l'original de Conrad ? Avec Heart of darkness ? Ce gros machin pesant dans lequel un Kurtz censément halluciné perd les pédales. Et déblatère à propos de L'horreur. L'horreur ! Au beau milieu de l'Afrique, contaminé par la sauvagerie des noirs. Forcément. La sauvagerie. Les noirs. Normal. Prescience de Conrad anticipant les horreurs du 20ème siècle ? Mes couilles. Aucun rapport entre les camps et la sauvagerie au sens où il l'entendait. Des générations de cuistres ont ânonné cette banalité avec de la crème de gruyère dans la tête, sans le moindre esprit critique, sans même, probablement, avoir lu le livre. Comme d'hab'.
Voilà ce que j'aurais dit.
Jusque là, rien que de très classique. J'aurais été dans mon rôle, sans vraiment de surprise. Mais je ne m'en serais pas tenu là. Non. J'aurais ajouté : oui, mais vous vous en souvenez de ce bouquin ? Vous avez supporté ce style lourdissime ? Et j'aurais inséré un extrait de la traduction française. Et je me serais gaussé.
Et j'aurais enfoncé le clou avec le même passage en VO. Que j'aurais trouvé sur internet.
Et je lui aurais donné des conseils, au Conrad, pour qu'il nous ponde quelque chose de moins grumeleux. En direct live. Et au final vous auriez eu droit à mon rewriting de Conrad. Et vous auriez été obligé de me donner raison. D'avouer que ma version, ma foi, est bien meilleure.
C'aurait été prodigieux.
L'ennui, c'est qu'il n'y a pas de sous-Kurtz dans Anthropophagous. Ne fut-ce que parce que ça se passe en Grèce. Je me suis mélangé les pinceaux.
Ma démonstration tombe donc à plat.
C'est plutôt une bonne chose. La flemme m'a saisi de ses bras réfrigérants lorsque j'ai pris conscience de l'ampleur de la tâche que je m'étais assignée. Je préfère donc vous narrer à la place comment j'aurais été fantastique si des circonstances indépendantes de ma volonté etc ...
31 décembre 2007
Bonanez et tout ça



