30 juin 2009
Minable jusqu'au bout
Invité à cette soirée, il y a 3-4 ans, je me faisais - évidemment - chier comme un rat mort, puis ressuscité, puis de de nouveau mort, en songeant que j'allais encore devoir me saouler la gueule et finir dans un état pathétique. J'aurais préféré la coke prévue sur le carton d'invitation, coke qui n'est jamais venue et j'ai donc du me rabattre sur la roteuse. Les filles présentes - et il y en avait pour une fois en quantité raisonnable - me regardaient comme une quantité négligeable, ou plus exactement ne me distinguaient pas, à part la maîtresse de maison qui m'a dit avec une touchante gentillesse que je n'avais pas changé d'un iota depuis la fois qu'elle m'avait vu et je lui ai platement répondu la même chose, au lieu de lui avouer qu'elle était toujours aussi belle.
Il y avait aussi cette autre fille, C., que j'avais toujours désirée, 5-6 ans auparavant et perdue de vie depuis et qui m'a sorti le grand jeu. C'était dans la poche et même dans la double poche avec coutures extra-fortes, mais je me suis systématiquement esquivé au moment où elle dansait en me cherchant des yeux, me planquant dans la cuisine, voire dans les chiottes. Elle a fini par me rejoindre sur le balcon pour une drague en règle et je n'ai pu que lui fournir des réponses dilatoires et/où à côté de la plaque, jusqu'à ce qu'elle se lasse et conclut que je n'était pas intéressé. Le plus simple aurait été de lui dire que j'étais déjà avec quelqu'un et fidèle et là de deux choses l'une :
- Dans son esprit, il ne s'agit que d'une nuit (ou de quelques nuits), et cela n'aurait présenté pas de problèmes pour elle.
- Dans le cas contraire, la situation aurait été claire et saine, plutôt que mes lamentables manoeuvres d'évitement.
Détail amusant, un homo est venu me rejoindre plus tard sur le balcon pour les mêmes raisons et avec, cette fois, bien plus de tact, j'ai du lui expliquer ma situation d'hétéro en couple. Il ne l'a pas mal pris, mais j'ai été sincèrement malheureux pour lui.
C. ayant compris que la cause était perdue, avait fini par se désintéresser de moi, et j'ai pu continuer à me torcher avec méticulosité jusqu'à ce que je me retrouve, sur les coups de 7 h du matin, Bld de la Vilette, assis sur le trottoir, la tête entre les mains, me demandant si j'allais vomir tout de suite ou tenter d'abord de prendre le métro.
28 juin 2009
Recouvreurs de Créances
Selon la légende, certains pouvaient signer un pacte avec le Diable en vu d'un avantage temporaire. Méphistophélès, au bout du délai imparti, venait alors réclamer son dû, c'est à dire l'âme du contractant. Ce que l'on sait moins, c'est que Satan n'avait pas grand pouvoir dans l'espace sublunaire, lequel était sous la coupe de son maître. En d'autres termes, si l'un des contractants refusait de lui céder son âme, il ne pouvait rien y faire sinon se retirer sur ses terres, fou de rage. Il se mit donc à employer des hommes de main, des Recouvreurs de Créances, ayant signé de leur plein gré un contrat bien plus léonin qui les liait jusqu'à la fin des temps, ce qui impliquait pour eux l'immortalité, ainsi que d'autres pouvoirs qu'il n'y a pas lieu de détailler ici, mais qui leur permettaient de venir à bout des débiteurs les plus récalcitrants.
Lorsque le Dieu de la Chrétienté finit par disparaître vers le milieu de XXème siècle, toutes les créatures qui lui étaient associées firent de même (et donc le Diable, par la même occasion). Les Recouvreurs de Créances se retrouvèrent seuls, sans employeur, et sans travail, les pactes sataniques n'ayant plus eu cours depuis au moins une bonne centaine d'années. Seuls, et immortels,condamnés à arpenter la croûte terrestre jusqu'à ce que le soleil ne se décide à se transformer en super-nova.
Diverses hypothèses ont été émises à leur sujet :
- Ils (ou certains) se seraient suicidés, de manière telle que toute résurrection fût impossible (en passant sous un semi-remorque, par exemple)
- Suite à leur chômage forcé, et tout imprégnés de l'esprit du mal qu'ils l'étaient, ils se seraient transformés en ces monstres (par exemple : les serial-killers) qui commencent à de plus en plus pulluler. Mais on s'explique mal leur concentration dans certaines zones géographiques pas plus densément peuplées que d'autres.
- Il se seraient fondus dans la masse et prendraient leur métro tous les matins à 8 heures, parmi les effluves et les figures maussades. Toutefois, cette plongée dans l'anonymat a ses limites : le Recouvreur de Créances ne peut fonder de famille du fait de son immortalité : un arrière-arrière-arrière-grand-père qui enterrerait toute sa progéniture finirait par attirer l'attention. Le Recouvreur est donc célibataire, si ce n'est solitaire, et l'idée romantique de l'errant jusqu'à la consommation des siècles semble devoir s'imposer. Le Recouvreur de Créances vit sans vivre dans un monde qui n'est pas le sien, qu'il traverse, en proie à un ennui grandissant, ennui qu'il tente de combattre en marchant de longues heures la nuit dans des quartiers désertés ou en clubbant frénétiquement. Difficile de trancher ...
Jadis les adolescents maladroits, peu gâtés par la nature et qui sentaient confusément le gâchis que serait leur vie d'adulte pouvaient se rassurer en s'imaginant immortels (quitte à déchanter aux alentours de la quarantaine et des premières ratées dans la tuyauterie). Ils peuvent désormais se rêver Recouvreur de Créances ...
22 juin 2009
Rongeurs de moelle
Il y a les bons jours et les mauvais jours.
Aujourd'hui, c'est un mauvais. Très mauvais. A se demander ce que foutent les laboratoires pharmaceutiques incapables de mettre au point quelque chose qui calmerait les rongeurs en folie qui s'attaquent à ma moelle épinière à la hauteur du cervelet. La seule aide possible pourrait provenir d'un opiacé quelconque, cette ambroisie paradoxalement cultivée par les Talibans ou les narcos sud-américains. Malheureusement, c'est interdit, et quand bien même ce ne le serait pas, la seule vérité de la came, c'est la came elle-même, et elle prend toujours la barre au bout d'un temps plus ou moins bref.
A éliminer, donc.
Reste qu'il ne faut pas trop s'approcher des fenêtres, car on se dit, qu'un petit saut, un petit envol par dessus la rambarde résoudrait drastiquement le concassage de nerfs.
Tout cela reste évidemment très théorique, parce que 4 étages, ça fait haut, mais peut-être pas assez, d'autant qu'en bas, c'est une verrière très sale, ne fut-ce que parce que j'y jette mes mégots, verrière donc, fragile donc, au travers de laquelle je passerais au terme de la chute. Je pourrais m'en tirer et finir dans un petit fauteuil roulant.
Mauvaise idée.
Rassurez-vous, un nombre faramineux d'excuses du même acabit se mettent à pulluler lorsque vous vient à l'esprit la vague envie de tout envoyer par dessus bord - c'est le cas de le dire.
Alors vous retournez sur le canapé et continuez à fixer le mur en laissant les rongeurs de moelle faire leur petit boulot malsain.
13 juin 2009
Le réveil
Voyez-vous : je suis un mec hyper-culturé, avec des bouts de culture qui débordent de partout. J'en retrouve même collés à mes orteils, le matin en me levant.
A propos de matin : lorsque je dois aller travailler (ce qui se fait de plus en plus rare) et que je suis chez moi (pas chez la mère de mon enfant qui fait des conneries plus vite que son ombre), je suis obligé de faire sonner le réveil à 7h30. Essentiellement parce que je colle aux draps et qu'il me faut une bonne heure pour m'extraire de ma couche fétide. Et comme j'ai un radio-réveil et que la culture, elle suinte par chacun de mes pores, je le cale sur France-Culture, pour que la dite culture, elle m'inonde les oreilles aux premières heures de l'aube.
Vu sous cet angle, tout baigne : le mec qui cause dans le poste, bien qu'un peu St Moret, et donc gentil comme tout, invite parfois des gens pas cons à interviewer et que c'est bon pour mes neurones quand j'émerge des torpeurs nocturnes. L'ennui, c'est qu'à 7h45, y'a Alain-Gérard Slama qui vient faire son petit commentaire et, là, j'ai la fâcheuse impression qu'une armée de souris vient me grignoter frénétiquement los huevos. D'autant qu'à 8h15, c'est le tour d'Alexandre Adler, et, pour le coup, je m'imagine en Christ trimballant une croix taillée dans un cactus par une chaleur de 55° à l'ombre.
Alors j'ai acheté un radio-reveil très laid et très allemand qui peut à la fois faire radio et lecteur mp3 sur clé USB. Donc je règle la radio à 7h30 et la musique de sauvage à 7h45. Malin comme une bite dans la jungle que je suis ...
10 juin 2009
Le cloporte
C'est la première fois que je la vois. Rien ne se passe. Comme si on était chacun engoncés dans une camisole trempée dans de l'eau froide et séparés par une paroi de verre de ... allez ... 50 cms d'épaisseur.
Pas d'hostilité. Ni de chaleur. Rien. Le babil incertain des connaissances de connaissances.
Pourtant j'aimerais bien savoir, moi, ce qu'elle a vraiment en tête, ce qui s'agite la-dedans, derrière la lente et presque laborieuse projection des mots. Pas ce qu'elle pense de moi. Je m'en branle. Enfin, non. Mais pas que ça. Tout le reste. Tous les petits atomes qui gravitent et s'entrechoquent dans la masse grise de sous son crâne. Si elle pleure quand elle se fait larguer, si elle se torche quand elle largue, si elle essaie de pisser debout quand elle est vraiment bourrée. Ce genre de choses importantes.
J'aimerais aimer tout le monde, moi, en fait, au lieu de discutailler dans le brouillard comme un aveugle nage dans une piscine à la forme mal définie. Mais allez dire à un mec que vous l'aimez. Que vous l'aimez bien, entendons-nous. Ca va jeter un froid. On peut porter son cynisme et ses causes perdues en bandoulière. Pas de problème. Pour le reste ...
Mais allez dire la même chose à une fille. Elle va croire que vous voulez la sauter. Ce qui de temps en temps ne sera pas tout à fait faux. C'est en fait pire dans ce cas là. Une cause perdue. Autant attaquer un camion Brinks avec un lance-pierre.
Vous avez déjà dit, vous, à quelqu'un que vous l'aimiez bien et même mieux que bien ? Pas à votre amant(e), vous m'avez compris. A un(e) presque inconnu(e) que vous voyez pour la première ou deuxième fois ?
Alors, on ne fait rien, ou des sourires opportuns, un peu de voix en réponses, la politesse minimale en fin de compte.
Je vis comme un cloporte avec du savoir-vivre.
08 juin 2009
Antichrist
Alors finalement, on est allé le voir le film de Von Trier. Bon, ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. D'ailleurs la trilogie américaine est ce qu'il a fait de moins bien, malgré des giclées de génie à intervalles réguliers. Que lui reprocher ? Je ne sais pas trop. Peut-être une esthétique parfois à la limite du chichiteux.
Ce qui est certain, c'est que Von Trier a de gros problème avec les femmes, même si l'idée de prendre à contre-pied la doxa gnangnan sur les sorcières est réjouissante.
A voir ?
Oui, indiscutablement. C'est un vrai film dont on met une bonne vingtaine de minutes à se remettre une fois revenus sous le soleil.
B'. est resté à fixer des pavés d'un air ahuri pendant que je fumais une clope.
Une affiliée de l'UNICEF a d'ailleurs profité de notre hébétude pour nous aborder, pour nous demander - en substance - si nous étions pour que des centaines de milliers d'enfants meurent tous les jours de par le monde. Je n'avais pas le coeur de lui répondre par l'affirmative, alors elle nous a brossé un tableau de l'apocalyse que je connaissais déjà, les enfants soldats en Sierra-Leone et au Liberia, et tout le reste. Nous étions vulnérables, pas encore dans le monde, n'ayant pas encore réendossé notre armure de cynisme, et comme, en plus, elle était mignonne, dans le genre naturel et sain, presque cheftaine scoute, j'ai cédé, même si je savais qu'il serait question de dons, donc de fric au final. Et puis, j'en avais brusquement marre d'être tout le temps rapia, même si mon salaire venait d'être récemment amputé des 2/5. Et j'avais cette image, banale, de tous ces gens autour de moi, tous beaux, tous bien nourris, tous plein de culture, gavés comme des oies de culture et de références, tandis que dans les soutes, crevaient doucement les passagers clandestins, ou tous ces soutiers nourris au lance-pierre qui se tuaient à la tâche pour que le navire continue d'avancer.
Très très banal, mais ça me rappelait « La machine à remonter le temps » (le film) avec les monstrueux Morlocks dans les cavernes et les autres - dont je ne me souviens plus du nom - qui folâtraient dans une nature trop belle pour être vraie et organisaient des trucs à la con comme des tournois de bowling avec des boules en or massif.
Alors j'ai signé. Sans Von Trier, je n'aurais peut-être pas signé. Comme quoi le cinéma mène à tout.
05 juin 2009
Plante en pot
Vous vous êtes déjà trouvé à un moment donné dans un endroit tout aussi donné où vous n'aviez rien à faire mais que des obligations diverses vous avaient imposé. Typiquement un vernissage où tout le monde semble connaître tout le monde, sauf vous qui ne connaissez personne et où personne ne vous connait. Alors vous avez timidement croqué quelques amuse-gueules, bu un ou deux verres (mais pas suffisamment pour être torché au point d'être satisfait de tout et n'importe quoi), tenu les murs, arpenté les passages bondés en murmurant des « pardon » de plus en plus furtifs, dit 15 fois « bonjour » à LA personne qui vous avait invité (car il y a tout de même UNE personne qui vous a convaincu de venir), la dite personne étant en général occupée à serrer des mains en grappes et à leur tenir la jambe - aux possesseurs des mains. Et vous vous sentez très malheureux, très abandonné, très petit chien éloigné manu militari de sa maman.
Il existe évidemment une solution : celle de se fondre dans le décor, de jouer à la plante en pot. Il ne s'agit pas de rester rigoureusement immobile, parce que là, vous allez être repéré dans les 3 minutes. Même le moins clairvoyant des observateurs va s'apercevoir que vous être un être humain, et non pas un rhododendron. Il faut la jouer plus subtil. C'est un exercice zen en quelque sorte. Faites le vide dans votre tête, focalisez-vous sur quelque chose d'agréable (un banana-split, par exemple) et mouvez-vous avec lenteur, comme si vous étiez un des porteurs de plateaux de petits fours, un élément étranger au raout, mais plausible dans ces lieux, à la fois hors-course mais à la présence concevable. Vous devez devenir un meuble, mais un meuble humain, donc qui bouge, et qui, éventuellement peut répondre par monosyllabe avec le regard un peu vitreux d'un flic des RG.
Evidemment ce n'est pas comme ça que vous allez emballer qui que ce soit, mais, de toute façon, vous n'auriez jamais emballé qui que ce soit avec cette sourde angoisse née de cette conviction bien arrêtée que vous n'avez rien à foutre ici.
Répétez avec moi : « je suis une plante en pot dotée d'organes de locomotion, personne ne me voit, personne ne sait que j'existe, personne ne va tenter quelque chose contre moi ».
Une des applications possible acquise suite à cet entraînement à faire pâlir d'envie un ermite himalayen consiste à pouvoir pénétrer l'intimité de quelqu'un (d'une femme dans mon cas). La vraie intimité : quand elle est chez elle, à glander, à regarder la télé, à fixer les lézardes du mur ou je ne sais quoi. C'est ce je ne sais quoi qui constitue la véritable intimité, cette intimité tellement secrête mais tellement banale, qu'elle fait presque honte au sujet observé. Rien à voir avec une intimité sexuelle, aisemment fantasmable et reconstituable. Il s'agit de l'intimité absolue de chacune de nos vies lorsque rien ne se passe tout en se passant toutefois.
BIen entendu, on pourrait la jouer OSS 117 contre Docteur No et truffer le lieu de vie de l'observé(e) avec des caméras grosses comme des pois chiches et des micros discrêts comme des sphincters de mulot. Mais tout cela est bien compliqué, vous ne connaissez rien à rien, vous n'êtes évidemment pas passé par Fort Bragg, et pour commencer vous n'avez pas les clés. La séduction est toujours possible (mais c'est comme à la roulette surtout avec votre gueule) ; le mieux serait le « tu pourrais pas m'héberger un jour ou deux, mon mec/ma nana m'a foutu(e) dehors ? ». Une fois la place investie, jouez les meubles. Je sais, ce n'est pas facile. Mais vous avez acquis de l'entrainement au numéro précédent. Avec un peu de chance, elle oubliera que vous êtes là, comme elle a oublié la présence de la bibliothèque, qu'elle sait être là, mais à laquelle elle ne prête aucune attention - justement parce qu'elle la sait là.
SI vous réussissez, l'intimité va se déployer devant vous, une intimité réelle, non galvaudée, non trichée. Je le répète : il ne s'agit pas de la surprendre en train de s'enfiler des godes de 70 cms qui font « pouet-pouet » quand on appuie dessus. D'ailleurs, il y a des fortes chances qu'elle se souvienne de votre présence dans ces moments là.
A quoi ressemblera cette intimité intimissime ? Je n'en sais rien. Bien évidemment. Peut-être banale à pleurer, à vous dégoûter à jamais de toute liaison sentimentale et/ou sexuelle. Peut-être émouvante dans sa banalité même.
Je le répète : je n'en sais rien. Petit Scarabée n'a déjà pas réussi la première épreuve ...
03 juin 2009
Un samedi soir à Paris
En terrasse, une nuit de ce putain d'été qui avait tant tardé. Votre serviteur en compagnie de deux jolies femmes, l'une triste, l'autre pas. A implicitement me justifier avec un discours « non, je ne suis pas un mec, juste un individu de sexe masculin, et c'est vraiment pas ma faute, un hasard génétique, point barre ». Mais elles étaient gentilles et n'en ont pas profité pour m'allumer usant de leur complicité. Et je n'ai pas craché le morceau, à savoir, qu'en dehors de toute autre considération, coucher avec une femme était une expérience sans cesse renouvelée, car les femmes, ça n'existe pas et que le seul vrai moyen de s'en apercevoir, c'est d'aller dans ce recoin de leur intimité qu'on appelle le corps, mais qui va bien au-delà. Ce n'est pas une question de bon/mauvais coup. Rien à voir. C'est avec l'altérité que ça a voir.
Parce qu'une femme :
- n' a pas le même goût, ni la même texture de lèvres, ni la même façon de les mouvoir
- Ni la même douceur de peau, en particulier dans le repli de l'épaule
- Ni la même façon de garder les yeux grands ouverts ou fermés suivant les circonstances
- Ni la même manière de se saisir de l'amant (ou pas) à tel ou tel moment
- Ni la même âcreté dans les replis de son sexe
- Ni le même petit hoquet (ou pas) quand elle est pénétrée
- Ni la même fraicheur trempée de sueur à l'intérieur des cuisses
- Ni ne pousse les mêmes roucoulements (ou pas)
- Ni même ce regard dont on ne sait s'il est provocant ou attendri ou autre chose
- Ni la même finesse de la toison pubienne.
C'est donc une expérience hautement intime et, comment dirais-je, personnalisé, unique.
J'y pensais à tout cela pendant que nous devisions de choses et d'autres, des bribes qui traversaient sournoisement ma tête, puis en ressortaient. Je n'ai pas eu vraiment d'ouverture pour caser mon petit laïus. En plus c'était grandiloquent et ça pouvait être interprété comme plus royaliste que le roi, et en tant que tel, un brin suspect.
Et puis je suis timide et (trop) poli.
Sans compter que la soirée était agréable, qu'il suffisait de la laisser se dérouler dans la magie de cet été tardif. J'étais bien, je les écoutais, je parlais aussi un peu.
Il faisait doux ...