Mémoires d'un apathique

C'est hyper cool et c'est vachement bien !

28 avril 2009

Consolation

Il est possible que nous ne puissions jamais être consolés. Sans que nous sachions de quoi exactement nous devrions être consolés.
Mais il est possible d'essayer.
Comme d'imaginer un monde saturé de présence.
Et pas seulement de ZAC, d'autoroutes, de fiches de paie et d'ennui.
Ce que l'on appelle ou appelait le « sentiment océanique », cette poignante sensation qui vous saisit généralement face à la mer (d'où son nom) et qui laisse à penser qu'il y a quelque chose derrière le voile des apparences ; une ou des divinités par exemple.
Au moins une présence.
Un quelque chose ineffable.

On oppose souvent  le « sentiment océanique » au matérialisme, comme quoi les idées molles ont de l'avenir, le matérialisme se retrouvant avec le vertigineux problème de la présence de ce qui est sans explication d'aucun ordre.

Sans compter que ce « sentiment océanique » varie considérablement selon des variables socio-géo-historiques. Ce qui ne milite pas vraiment en faveur de son existence.

Souvent c'est la « nature », sa vigueur, sa générosité, son côté gésine en folie qui frappe les imaginations.
Pas moi.
La verdure, ça m'emmerde.
Non, ce qui me saisit, et me fait sortir en plein midi par 40°, s'apparente plutôt à la torture des pierres sous l'implacable soleil de Juillet. Les roches et les cactées assoiffées sont autant la « nature » que la grasse herbe normande ou tropicale. Dans le vacarme des cigales demi-folles et de la rocaille travaillant comme un glacier, il est possible de distinguer les lentes, très lentes paroles de la terre, particulièrement lors de ses noces avec la mer, car, bénies soient ces contrées, la mer n'est jamais très loin. 

Je me souviens que, petit, je sortais me promener la nuit, traversais la zone d'urbanizacion de merde où le grand-père habitait et entamais l'ascension de cette colline que mon oncle désignait comme la chaîne Bétique finissante - ce qui lui conférait une toute autre dignité. La poussière avait cette qualité particulière que seuls les habitués savent distinguer, poussière de calcaire, de crasse, de débris de coquillages et de rognures de caroubiers. Elle s'était déposée partout, sur les oliviers et amandiers à l'abandon, sur les aloes, les figuiers de barbarie, et à chaque pas, une fine couche subtilement iodée venait se coller à mes dents, aspirée par le travail de plus en plus vif de mes poumons.
J'arrivais en haut au bout d'un petit quart d'heure et regardais la mer noire, les points lumineux sur le rivage, le phare du cabo negro presque en face de moi, oubliant la diarrhée des resorts en rang serré jusqu'à San Juan, la chiée des campings à Bataves congestionnés, les boites à cons sur la route de Lucentum et finalement la quotidienne humiliation de la mer.

Parfois je me masturbais tout là-haut, m'imaginant que mon sperme, en dévalant la pente de l'autre côté, allait grossir, grossir, à la façon d'un tsunami et emporter le chancre de béton et ses habitants. Puis je redescendais, tranquillement, à petites foulées, il devait être 23 heures, 23 heures 30, c'était après le repas, il faisait encore une trentaine de degrés, et le monde ne pouvait pas être plus magnifique.

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27 avril 2009

Une journée de travail

page_travail

Résultat d'une journée de travail. On remarque :

  1. « zaza », la variable fétiche
  2. « dodo » parce que j'ai sommeil, moi !

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26 avril 2009

Mise au point

Ma fille est belle, ma compagne est belle, mes ami(e)s sont beaux/belles et j'emmerde le reste du monde ...

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23 avril 2009

Tiens, je vais encore me faire des amis

Alors que j'avançais dans la nuit opaline (car baignée par la lueur sélénite, con !), en proie aux doutes qui rongent tels un cancer acide, voire abbasside, dévoré par de flasques rats avides de mes entrailles, je ne vis rien à l'horizon, ce qui tombait très bien car, dans le cas contraire, cet article, à peine commencé, serait tombé à l'eau. Nul ne venait vers moi pour me tendre une main secourable. Ce qui tombait aussi très bien, car les mains secourables, des fagots de petit bois, j'en aurais fait. L'humeur massacrante, tel le castor édenté et privé de bouleaux, je hurlais à l'astre nocturne ma haine farouche envers cette musique de gros nazes à dreadlocks qu'on appelle le reggae.

Car, voyez-vous : le reggae, ça pue du cul.
J'aurais pu amener cela de manière plus subtile et plus élégante, mais je fatigue déjà de tirer à la ligne.

Sérieusement.
Non ... Sérieusement ...
Comment prendre au sérieux une musique dont les fans en ont à peu près autant dans le cigare qu'un ministre de l'intérieur sur une luge ? Vous avez déjà discuté avec un amateur de reggae ? Hein ? Alors ? Même en nonobstant l'herbe-qui-rend-nigaud (et le nom est bien choisi en l'occurence), c'est comme observer le désert du Kalahari depuis 3000 mètres : pas une aspérité ; rien. Le reggae doit être une sorte de pression adaptative négative pour sélectionner les plus cloches ...

Et puis ... Les précurseurs ... Les zikos ... Bob I-shot-the-sheriff Marley et tous ses copains avec leur soupe mystique à deux balles et leur hommage débile à Hailé Sélassié dont le seul titre de gloire est de s'être fait détroné par les italiens. A ce compte là, Staline, c'est Bambi, le petit roi de la forêt (puisque agressé par le mal absolu). D'accord, je veux bien que fumer des cônes gros comme des défenses d'éléphant, ça impressionne les petits blancs, mais quand même ...

Bref, la prochaine fois que vous rencontrerez un reggae-man, foutez-lui votre poing dans la gueule. Si vous avez un peu honte après, dites lui que c'est à cause de moi, vous pouvez y aller.




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22 avril 2009

Sex Swap und Memory Run

Je l'ai déjà dit mais tout le monde s'en fout : c'est dans les très mauvais films qu'on trouve les idées les plus profondes.
Prenons le cas de Memory Run, qui, il est vrai, n'est pas ce qu'on fait de pire dans le genre (mais juste au dessus) : Dans un monde Big Brotherisé, un type est capturé par les forces de l'ordre et son esprit passe dans le corps de sa copine (à des fins expérimentales un peu longues à développer ici). Dès lors, il n'aura de cesse de retrouver sa carcasse d'origine. A noter la meilleure idée du film : il/elle se retrouve enceinte de lui/elle-même.

On retrouve là un fantasme récurrent dans nos sociétés minées par l'absence de repères et de knout manié avec sévérité mais avec équité : changer de sexe pour voir quitte à revenir ensuite à l'état initial. Mythe aussi vieux que le monde, puisque ce fut le cas de Tirésias [1] qui put ainsi prétendre que si le plaisir est formé de 10 parties, la femme en reçoit 9 et l'homme un seul (Héra n'apprécia pas et le rendit aveugle).

Ca a l'air top fun-kikoo comme idée, mais à mon avis, le choc serait tel qu'une bonne partie des postulants à l'expérience se retrouverait aussi sec sous neuroleptiques pour supporter le traumatisme, tandis que les heureux/ses élu(e)s mettraient sans doute plusieurs mois, si ce n'est plusieurs années à s'en remettre. Ne parlons même pas du moment où il faudrait passer à la casserole (puisque c'est en grande partie le but de l'opération).

Moi, c'est ce que j'en dis, hein ... C'est hypothétique, j'en sais rien, sur le fond. Il faudrait demander aux rares personnes qui ont réellement changé de sexe (encore qu'elles ne soient pas représentatives des postulants au fantasme : elles/ils étaient vraiment trop mal dans leur sexe d'origine - ce qui n'est pas du tout la même chose que d'expérimenter pour voir).

1 - Les spécialistes en mythologies plus exotiques sauront certainement trouver d'autres exemples

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20 avril 2009

Le mytho en action

Tout en buvant ce martini plus-dry-tu-meurs, je sens qu'il va falloir que j'explique à la jeune femme à ma droite qu'elle me lâche un peu. Pour une raison qui m'échappe, elle semble fascinée par ma personne, alors qu'il n'y a vraiment pas lieu de l'être : j'ai mal au ventre, j'ai mal à la tête, la musique me casse les tympans, qu'est-ce que je fous là et c'est qui, cette fille ?
Au lieu de faire simple et me tirer en prétextant n'importe quoi, je lui explique avec un sérieux qui m'étonne moi-même qu'elle est absolument ravissante, mais que, vois-tu, mes couilles ont été arrachées par une mine en Bosnie.
Mauvaise pioche.
De fascinée, elle passe à subjuguée.
Oh putain, que j'ai mal au ventre, ça m'apprendra à accepter n'importe quoi de n'importe qui.
En attendant, il faut que je développe un petit peu. Je ne lui ferais pas l'affront d'imaginer qu'elle ignore ce que furent les Brigades Internationales. Oh que non, qu'elle se récrie.
Bien.
En Bosnie, il y eut de vagues équivalents. Grands yeux étonnés. C'est vrai qu'elle est jolie, tout bien considéré, mais que veux-tu, les média n'en ont jamais parlé, on ne peut à être à la botte de l'OTAN et faire un vrai boulot d'information en même temps. Elle agrée. Une bobo de gauche, il fallait que ça tombe sur moi, elle a peut-être même lu Halimi. En gros, princesse, les fachos ouest-européens se sont engagés dans des unités paramilitaires serbes, et les bosniaques ont récupéré des fondamentalistes venus du Maghreb, du Pakistan, voire de l'Afghanistan.
Attends je reviens.
Petit tour au gogues histoire de repasser une deuxième couche de Ripolin.
Quand on affabule, le tout est de rester plausible, de parsemer son discours de petites pépites de réalité ou à défaut de légendes urbaines certifiées.
De subjuguée, elle passe à mesmérisée.
Qu'est-ce que je foutais là-dedans ? C'est un peu long à expliquer. Je voulais être dans le bon camp, pour simplifier. Mais y'a pas de bon camp. Les milices ont toujours préféré s'en prendre aux civils qu'aux troupes en armes.
Là, je sens qu'elle n'en peux plus, je me fonds dans son archétype personnel du vieux baroudeur revenu de tout, mais qui a su garder son humanité intacte.
D'un autre côté, pourquoi je ne peux jamais m'empêcher de mentir comme un arracheur de dents ?
Oh putain, que j'ai mal au bide !
Bref, c'était vraiment pas joli joli. Non, je t'en parlerai pas, je préfère pas ramener ce genre de souvenirs à la surface. Pas pour rien que tous les gens (ou presque) qui ont fait la guerre ne veulent plus jamais faire un comeback.
Bon là, c'est l'apothéose : de mesmérisée, elle passe à statufiée.
Je suis donc passé dans une unité de déminage, un boulot vraiment utile, et puis un jour : boum ! Les risques du métier. Je suis resté 4 mois à l'hopital, au début à Sarajevo, puis en France après mon rapatriement.
Elle reste sans voix ; j'en profite pour commander un autre Martini, ce qui est loin d'être la meilleure idée de la soirée.
La vache, qu'est-ce que j'ai mal au ventre !

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15 avril 2009

No sex at work

J’ai toujours pensé (et même quand j’étais petit) que la « libération de la femme » avait été un truc inventé par les mecs pour tringler encore plus. Toujours plus social-victims que leurs homologues masculins (et ça n’a pas beaucoup changé), elles ne pouvaient que jouer les garages à bites sous peine de passer pour de totales has-been. Evidemment, à l’époque, les dindes qui sévissaient dans Marie-Claire et dans Elle applaudissaient des deux mains et prenaient des vessies pour des projecteurs de DCA (ça n’a pas non plus beaucoup changé).

Plusieurs décennies se écoulées depuis et je ne peux que constater une certaine désillusion chez mes consoeurs, du moins chez celles qui ont un goût réel pour le sexe. A les entendre, ce n’est pas drôle tous les jours de se faire enfiler par de grosses brelles maladroites ou qui tiennent La bite pour les nuls dans une main pendant les préliminaires. 
J’ai connu une jolie femme de 40 ans, avec 300 amants au compteur et qui n’en gardait aucun souvenir impérissable ; plutôt un sentiment de fatigue, de temps gaspillé et d’avoir bradé son corps et sa personne.

Les « femmes libérées » auraient-elles été victimes d’une forme de néo-phallocratie ? A mon avis, oui. D’autant que dans 80% des cas, passée la trentaine, elles se cherchent un mec. Le pire, c’est que ça commence souvent dès la vingtaine.

En plus, comme dans le cas de 68, il faut bien voir que la dite « libération » n’a touché qu’une fraction de la population (ceux et celles qui allaient devenir les ABOMINABLES bobos), et que de la même façon qu’une manifestation monstre s’était déroulée en soutien au général de Gaulle après les évènements, bon nombre de femmes en sont restées à une conception très 1930 des rapports hommes-femmes (tout en bénéficiant - fort heureusement – d’avancées réelles : droit à l’avortement, possibilité d’indépendance financière, etc).

Je vais prendre un exemple : au boulot, il y UNE fille. Une seule. C’est toujours comme ça en informatique. Pas vraiment jolie, mais avec un certain charme. Mal fagotée et dotée d’une mise en plis comme ma maman n’ose plus les faire, on sent bien que d’ici 10 ans, elle se sera transformé en mémère. D’autant que son but dans la vie est de se trouver un géniteur au plus vite et de rentrer dans le moule.
Je vais aussi vous étonner : je peux être charmant sous mes dehors de doberman atrabilaire et constipé. Mes yeux passent en position Cocker empathique et ma voix se fait plus douce. Et je peux compatir avec une certaine plausibilité aux malheurs de la demoiselle (ie : elle ne se trouve pas de mec).

-    (Moi) Je suppose que tu veux quelqu’un de sérieux. Un mari. Quelqu’un avec qui tu auras des enfants ?
-    (Elle, surprise) Evidemment !
-    Pourquoi, évidemment ? Tu pourrais … euh …
-    Je pourrais quoi ?
-    Ben, je sais pas moi. Juste quelqu’un pour passer la nuit.
-    ….
-    (je sens que ça va se terminer là, d’autant qu’elle me regarde comme si je venais de poser mes roustons sur la table qui nous sépare).
-    Ca m’intéresse pas ce genre de truc
-    Ah bon … Mais je croyais que maintenant les femmes …
-    C’est des trucs que se racontent les mecs, c’est tout
-    (Calmons le jeu) D’accord, d’accord … On va juste faire une hypothèse. Imagine que tu rencontres un homme sur lequel tu flashes, mais qui ne veux pas ou ne peux se marier, pour une raison ou pour une autre. Tu fais quoi ?
-    Rien, je fais rien. Pour qui tu me prends ?
-    C’est juste une hypothèse. Ca m’intéresse de savoir. Tu fais rien, alors ? Même s’il est évident qu’il est attiré par toi ?
-    Non, je pourrais pas (long silence) les rares fois où ça m’est arrivé j’ai eu l’impression d’avoir été trahie ou utilisée. Alors, c’est terminé.

(J’ai bien envisagé de lui demander si elle compensait par une forme de masturbation et laquelle, mais je me suis dit que ce serait pousser le bouchon un peu loin. Elle m’a regardé d’un air bizarre pendant quelques jours et puis tout est rentré dans l’ordre).


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08 avril 2009

De l'amour III

Il y a un proverbe qui dit quelque chose comme : ne couchez jamais avec quelqu'un qui a de plus gros problèmes que vous. Que l'on peut aussi décliner en : ne couchez jamais avec quelqu'un de plus névrosé que vous.
A fortiori : ne vous mariez pas - ou ne vivez pas maritalement - avec quelqu'un de plus névrosé que vous. Vous allez vous ruinez la santé, tout va finir en larmes et en cris, toujours de la même façon, sans remise en cause de part et d'autre, et le petit manège pourra un jour ou l'autre repartir suivant les mêmes modalités et les mêmes résultats. Vous pourrez certes en tirer des réflexions de fond de cendrier comme quoi en amour il y en a toujours un qui souffre et l'autre qui s'ennuie. Vous y gagnerez certes en profondeur vis à vis de vos pairs, mais le vide - et le sentiment d'échec - continueront à forer.
Vous pourrez aussi vous consoler en vous racontant de belles histoires comme quoi c'est qu'une question d'hormones et qu'au bout de quelques mois, tout le sable vous aurait filé d'entre les mains. Ou que le quotidien vous aurait mutilé sur le moyen et long terme. Et que c'est la vie.

B'. est un être solaire, parmi les plus équilibrés que j'ai jamais rencontrés. L'astre autour duquel j'ai une fâcheuse tendance à tourner - tandis que je n'entends pas son discours selon lequel je suis celui autour duquel elle tourne aussi. Qui est à la vie ce que les mûres volées sur les buissons épineux sont aux promenades à la campagne. Qui ne transige sur rien. Qui a décidé que sa vie serait une fontaine de lumière. Difficile de transiger dans ces conditions. Toute faiblesse, tout manquement minable aux respects mutuels n'est pas imputable aux meules féroces de la vie, mais à nos paresses, à nos à-peu-près, à notre goût pour la facilité. Tout le contraire d'une chieuse ou du chieur qui, lui ou elle, pourrit la vie de l'autre pour de mauvaises raisons dissimulant les vraies - souvent inavouables à ses propres yeux parce que trop mesquines, ridicules ou dérisoires. Alors elle exige. De retailler l'amour dans le bloc de temps à autre, de le polir quand il le faut ou de le débarrasser des scories qui se sont accumulées. Il faut toujours exiger. Ne se satisfaire que du meilleur. Toute compromission est un doigt mis dans l'engrenage. Elle a raison. Malgré la fatigue, la routine, les sales gueules qui vous empoisonnent dans les rues, les transports, au boulot, on doit être capable de secouer sa mauvaise graisse et de se plier à la discipline d'Eros (ou peut-être d'Agapè en l'occurence).

Sinon, viendra le jour où il sera trop tard, où vous vous réveillerez avec un(e) inconnu(e) à qui vous imputerez l'échec de toutes ces années, un(e) inconnu(e) jouissant de plus de l'usufruit de la moitié du ou des gamins dont vous vous demanderez pourquoi diable vous l'avez ou les avez pondu(s).

Sinon, vous aurez tout perdu, puisque vous vous réveillerez aussi pour vous apercevoir que vos rêves nébuleux de jeunesse se sont résorbés en un travail inutile et fastidieux.

Il est temps de s'y mettre. Ou de ne pas s'y mettre, si vous sentez que l'aventure n'est pas faite pour vous. Il n'y a pas de honte à ça. C'est de loin préférable à la réitérer sempiternellement comme un chemin de croix aux étapes répétées et encore répétées, sans la moindre variation.

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07 avril 2009

Papa et les plantations

Vous savez ce qu'il y a de pire avec les enfants ?

C'est de les faire.

Plus d'un an après la conception de ma petite princesse, je ne me suis toujours pas remis du coït à visée « utilitaire ». Avec obligation de résultat, pourrait-on dire. B'. a eu beau essayer de me rassurer par tous les moyens, je bandais avec une flaccidité remarquable et essayais toujours de me choper une migraine carabinée au moment psychologique. Heureusement qu'au premier cycle, c'était bon, parce que je ne sais pas comment j'aurais pu supporter cela sur le long terme.

Le pire avec les enfants, c'est de les faire ...

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06 avril 2009

Portrait de l'artiste en jeune chiot

B', la culture, elle s'en tape. Pas qu'elle trouve que c'est un bluff, une gourmette pour cadres en mal de supplément d'âme, comme moi. Non, elle s'en fout. Elle rajoute parfois quelques louchées de Poujade pour m'embêter, mais elle n'y croit pas vraiment, et ce n'est donc pas très drôle.
Inutile d'ajouter que ce n'est pas grâce à ma tsunamique érudition que je l'ai séduite, mais bien au contraire, par mon côté je-sais-tout-mais-c'est-sans-importance. Même si je l'ai déjà bluffée en lui racontant mieux l'histoire de la CGT que ses profs à l'école du parti.
Il n'y a guère que le cinéma qu'elle considère avec un certain intêret, depuis que - sans avoir l'air d'y toucher - j'ai sorti de ma collection personnelle, quelques perles - dans le meilleur, comme dans le pire sens du terme.
Inutile donc d'attendre le moindre encouragement de sa part quand je me mets à produire quelque chose.
Un rien frustrant quand même.
Elle ne lit pas ce que j'écris, ne regarde pas ce que je dessine, ne zieute pas ce que je photographie, ne visionne pas ce que je filme.

Un jour, dans un village lointain, à une époque toute aussi lointaine, une jeune fille monta tout en haut du donjon et s'en battit les couilles avec une frénésie telle que le bourgmestre sortit en catastophe de chez le barbier, croyant que les féroces Mongols étaient revenus mettre le pays à feu et à sang. Il manqua s'emplafonner dans une foule amassée au pied de la forteresse tandis qu'un puissant roulement de congas provenait en vagues ininterrompues, semble-t-il, depuis le ciel. Chacun y allait de son commentaire, de son avis, mais tous étaient d'accord pour fustiger la donzelle qui tout la-haut s'était appropriée des attributs irrémédiablement masculins pour ce concert assourdissant.
D'ailleurs le Seigneur du crû vint sur son blanc destrier pour demander à son homme-lige quel était donc ce bordel. Lequel lui expliqua que c'était encore Marie-la-folle qui faisait des siennes. Le seigneur soupira en prenant son front dans la main, comme exténué, puis repartit en rappelant au bourgmestre qu'il était responsable du calme et de la tranquillité dans le village, et qu'il avait intêret à se remuer un peu s'il voulait éviter une visite prolongée et tous frais payés dans son cul de basse fosse. Le fils du Seigneur, lui, sur son destrier encore plus blanc, beau comme un lys, aux cheveux d'or et à la mine botoxée de Chippendale, resta et sortit sa lunette d'approche qu'il transportait toujours avec lui (ça tombe bien).
Evidemment, dès qu'il aperçut Marie-la-folle dans le disque tremblotant, il en tomba éperdumment amoureux et jura qu'il l'épouserait, ce qui impliquait, il ne le savait que trop, de lui faire passer sa désagréable manie. Et comme disait le bourgmestre : « c'est pas gagné ».

Au début, je trouvais son indifférence terriblement frustrante, mais avec le temps, et au final, je préfère qu'il en soit ainsi. Dans le cas contraire - et je ne saurais pas trop pourquoi - j'aurais l'impression de passer pour un imbécile. Sans compter qu'elle ne réchigne jamais lorsque j'émets l'idée - par exemple - de transformer le salon en vaste chantier pour réaliser un grand bidule conceptuel de 6x4 mètres, à base d'altuglass, de sable, de cables défectueux, de colles fortes, de peintures acryliques indélébiles et autres saloperies ...

Posté par memapa à 18:59 - Confidences - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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