11 février 2008
Y'a pas de raison
... Que je ne m'y mette pas aussi.
Les teufs, c'est pas spécialement mon truc. Tellement pas qu'en général, j'hésite entre la crise d'angoisse mal jugulée et la fuite sous le moindre prétexte.
Tout ce monde ...
Le monde me fait flipper.
Le monde en tant que lieu d'existence et le monde, au sens des gens.
Normalement, je fais en sorte de me terrer aux toilettes pour me faire oublier et essayer d'extraire de l'hydrocodone d'une solution d'Harpic à 5% (à ne pas faire). Histoire de calmer le jeu.
Ce que fait que trois jours à l'avance je flippe comme un malade à me demander pourquoi je vais encore m'infliger ça, et si je ne ferais pas mieux finalement de rester chez moi à regretter et à me dire que, décidément, je ne suis vraiment qu'une larve qui mérité bien son sort. J'étais d'ailleurs sous ma couette encore une heure avant d'y aller, essayant de me convaincre que ça ne valait pas le coup de me faire du mal.
Je vais arrêter mon petit numéro de goulash tripal, parce que sur le fond, c'est parfaitement indicible, même pour moi. Essayez donc d'expliquer à qui que ce soit que vous avez la phobie des porte-manteaux. Au mieux incompréhension, au pire sourires en coin et soupçon de foutage de gueule.
D'autant que, durant les teufs, on a tout le loisir pour se saouler la gueule, et même l'assentiment de la République. Et que pour se saouler la gueule, rien ne vaut de la musique forte et des gens. Plein. Comme quoi, je suis un mec vraiment compliqué, vous ne vous rendez même pas compte à quel point. J'ai usé 4 analystes comme ça.
Alors, de mon point de vue, c'était pas mal du tout, d'autant que j'ai malencontreusement forcé sur le 40° en bouteille, craignant des bouffées d'horreur qui ont eu le bon gout de rester à la porte.
Ce n'est pas toujours facile de doser (le 40° en bouteille).
Moyennant quoi, je m'aperçois que 70% des personnes visibles sur la galerie de photos me sont absolument inconnues, et que j'ai d'énormes blancs dans la chronologie. Mais vraiment énormes. Je ne sais en particulier pas si je suis resté une ou quatre heures, par exemple. Et si quelques épisodes - très - marquants sont gravés au fer rouge dans ma mémoire (comme on dit chez Dumas père), les transitions sont des plus floues. La dernière en particulier : je me retrouve tout seul dans la pièce du fond (un comble vu la densité de la population) de très mauvaise humeur (pourquoi ? mystère ...). C'est à ce moment là que je décide de me casser (de toute façon, je risque la liquéfaction à brève échéance).
Dehors, c'est comme tous les samedi soirs, je hurle "Taxi, Taxi", pour qu'il revienne, mais rien du tout, tu penses, et je marche loin, avec la démarche aléatoire de celui qui est bien content de ne pas être venu en vélo. Finalement, un cab me prend au passage, nonobstant ma tête de zombie hépatique, puis m'annonce un peu plus tard qu'on est arrivé, me tirant d'un sommeil agité.
Lendemain pénible à geindre, surlendemain nauséeux à contempler huit heures de rang l'écran du PC comme si c'était une araignée répugnante.
Demain, tout ira mieux ...
De la prolongation des pas bien dans leur tête
Comme je reviens de l'échographie, je peux annoncer à la foule pantelante ce qu'elle savait déjà, à savoir qu'un heureux évènement va se pointer aux environs de septembre, précédé par un arrêt des clopes de ma part ainsi que d'une pédale douce sur la bibine. C'est du moins ce qui est prévu.
J'entre ainsi de plein pied dans le monde des grands garçons et la perspective d'acheter à crédit un monospace dans les 10 prochaines années me file une gaule que vous n'imaginez même pas.
B', qui est depuis 15 jours à geindre sur son lit de douleur, vient de comprendre pourquoi : il y a un truc, vaguement humanoïde, et très agité dans son ventre.
Ca m'a fait un choc aussi. Je la soupçonnais un peu de m'envoyer acheter du saucisson à trois heures du matin par pur caprice, sans la présence réelle d'un alien dans son utérus.
Si c'est un garçon, il s'appellera Jean-Sigismond et Marie-Odile, si c'est une fille.
Je voudrais signaler que le centre d'échographie, plein de couloirs, d'escaliers, et de machines douteuses ressemblent à un antre de savant fou. Mais que par contre ce n'est pas Herr Muller qui s'est occupé de nous (après un détour par le Paraguay), mais Ilsa Chienne SS. Ca calme.
J'aimerais aussi savoir pourquoi ces endroits sont pleins d'épouvantables photos (en N&B évidemment) représentant des couples à dame-baleine avec cet air extatique truqué qu'on apprend en regardant la télé.
Ceci étant, j'ai beau faire le malin, j'ai quand un peu les boules. Mais quoi qu'il m'arrive, je suis toujours au bord de la panique, tout est donc très normal.
Ah, un dernier truc : passé le premier moment d'émotion et de sidération, je me suis dit que l'appareil à voir ce qu'il y a dans le bide devrait permettre de faire des trucs grandioses dans le genre vidéo expérimentale. Je veux le même chez moi. En attendant croquons un ou deux valiums pour faire cesser les tremblements convulsifs.