31 décembre 2007
Bonanez et tout ça




26 décembre 2007
Question piège
Bon, vous venez de prendre le pouvoir au terme d'une confuse guerre révolutionnaire. C'est vous le maître de la capitale. De toute façon, ailleurs, à la campagne, il n'y a plus que des trous d'obus.
Vous êtes à la tête d'une armée de plus d'un demi million d'EKR (Equivalent Khmer Rouge).
L'ONU a autre chose à penser, tout occupée qu'elle est à réprimander un pays producteur de pétrole.
Vous avez un stock impressionnant de pyjamas noirs à votre disposition.
Quelles sont vraiment les crevures contre-révolutionnaires. Les pires ?
Qui allez-vous envoyez aux champs histoire de se régénérer et de jouer au compost ?
24 décembre 2007
Puerto escondido
Viens de me taper les 166 premières pages de Puerto escondido, merveilleux ouvrage qui m'est tombé des mains malgré une bonne volonté évidente de ma part.
D'autant que j'essaie désespérément depuis près d'un mois de lire quelque chose jusqu'au bout.
La fiction me gave. C'est mauvais, chiant, rébarbatif.
Après on s'étonne que je préfère sur le fond me taper des thèses sur le développement de la verrerie dans le Poitou du XVIème siècle.
Bon, c'est de la littérature pour vieux cons. Pas de vieux cons. Pour vieux cons. M'étonne pas que Fellini ait crié au génie.
On nous refait le coup de la génération perdue, comme tous les dix ans : les jeunes se droguent, couchent avec n'importe qui, n'importe comment. Ils ont perdu tout repère, les choupinets.
Terrible.
Maman, ça fait froid dans le dos.
C'est l'enfer.
A se demander comment les hypermarchés ne désemplissent jamais.
On ne s'explique pas non plus la remontée du taux de natalité.
Le très honorable Francisco Gonzalez Lesdema nous avait fait le coup dans les années 80. Avec un scoop au final : les djeunz qui écoutent de la new-wave prennent de la coke (voire pire) et se font faire broute-minou (pour les filles) par des quinquagénaires qui pourraient être leur père. Mon dieu, mais où va-t-on ?
Dans les années 90, en ce qui concerne Puerto escondido, c'est plutôt techno et compagnie, mais sur le fond, rien ne change. Donner des frissons aux débris tout liquides, c'est le but de la manoeuvre. Avec le côté hype de Barcelone, et l'improbabilité relative d'un rital parlant castillan.
Un démarquage de Moi, Nicolas S., 52 ans, drogué, prostitué et chef de l'état en exercice.
A part ça, je confirme que ce soir on célèbre la naissance de l'enfant Jesus. Et que je vais devoir me fader le beau-frêre de ma belle-soeur (une sorte de beauf au second degré par alliance), tellement con que j'ai envie de lui foutre ma main dans la gueule, bien que j'ai l'alcool particulièrement oecuménique.
Joyeux Nowel, les lapins !
21 décembre 2007
Rencontres
C'est dans le RER que ça m'a pris.
Ou plutôt que l'idée m'est venue.
Du fait de la charmante jeune fille serrée contre ma personne, victime comme moi de l'affluence matinale.
Ce n'aurait pas été une bonne idée de lui dire : « Oh, mais vous ne seriez Amanda Tilli, la grosse salope qui se faisait bourrer par Roberto Malone dans Il Doctore. Il y allait de bon coeur le salaud ! »
Surtout si ce n'était pas le cas, hypothèse de très loin la plus probable.
Ou même d'adopter la technique du comme si : « Vous savez que vous ressemblez à Rachel Promontoire dans Pecato del sesso et qui se faisait ramoner la glotte par ... »
Mieux veut en rester aux bonnes vieilles recettes : « On ne serait pas rencontré aux 56èmes rencontres oecuméniques de Lisieux patronnées par la baronne De la Motte du Pré Fringuant ? »
Ce sera mieux ...
19 décembre 2007
Winston & Julia
Combien rêvent d'un amour comme un bloc d'obsidienne ? Inaltérable, parfait, admirable.
Winston & Julia [1].
Combien noircissent du papier, pour expliquer ou plutôt ne pas expliquer que leur amour, à eux ou à elles, ne joue pas dans la même division ?
Ni adamantin, ni source de fierté.
Combien voudraient pouvoir signifier : Winston & Julia ?
Combien se racontent, nous racontent des histoires ?
Ni Winston, ni Julia.
Combien se répètent, dans l'intime obscurité, que ce vide, c'est pour être comme Winston & Julia ? Winston & Julia ou rien.
L'Angsoc sur nos talons, et baiser parmi les gravats nocturnes ? Depuis quand sommes-nous sages ? Avons-nous déjà été l'inverse ?
Avons-nous seulement pris l'avion une fois pour retrouver une Julia à 8000 kms, une Julia qui n'est pas venue et nous a laissé dans l'aérogare, perdus, incapables même de dormir jusqu'au matin et au vol de retour ?
Inutile alors de penser à ce que nous ferions dans la salle 101 et sa cage aux rats. Personne ne résiste à la cage aux rats. Même à l'amour, on ne demande pas l'impossible.
De toute façon, nous n'en sommes pas là. Et de loin.
1 A ce propos, j'ai toujours trouvé que 1984, certes plus classique, était un bien meilleur film que Brazil. Moins clinquant, plus fidèle. Je viens de le vérifier.
18 décembre 2007
Je ne dis rien, en fait
Tiens, je viens de lire La dernière fille avant la guerre de Delaume.
Enfin, je viens d'essayer de le faire. Ca m'est tombé des mains. Au bout de 3 pages.
Pathétique.
Ses ouvrages antérieurs (que je n'ai jamais finis non plus) étaient juste chiants et pas inspirés pour deux sous. En plus, elle se réclamait plus ou moins de Queneau, ce qui me la rendait sympathique a priori.
C'était de l'expérimental un peu prout-prout, mais pas de quoi fouetter un chat.
Mais là ...
Ca me fait penser à Maeterlinck. Vous voyez pas ? Si, si. Les chiens jaunes de mes péchés, Les hyènes louches de mes haines. C'est de lui. Un des sommets du ridicule couché sur papier.
Ben, c'est un peu comme ça, le bouquin de Delaume. Tellement littéraire, tellement suintant de signes de littérature littéraire qu'on en devient gêné. Et qu'on jette l'ouvrage sur le lit.
Au début, je me suis léché les babines. J'allais pouvoir m'offrir un jouissif exercice de lacération, englobant, écrivain, lecteurs et éditeurs.
Et puis non. Pas si jouissif que ça. Ce serait tirer sur une ambulance. Elle tire à combien, la malheureuse ? 2000 exemplaires ? Peut-être moins.
Il y a vraiment d'autres cibles. Des qui méritent la balle du Nagan dans la nuque. Vraiment. La télé par exemple. Gigantesque entreprise d'enconnage même pas en liberté surveillée.
Sauf que taper sur la télé, ça fait chier. C'est pas hype. Pas glamour. Et puis, je l'ai déjà fait. C'est aussi comme tirer sur une ambulance. Une ambulance blindée, il est vrai, une grosse vache à la peau plus épaisse et plus résistante que le blindage frontal d'un char Tigre. Sans compter que prêcher les convaincus, ça va 5 minutes. Et, sans rire, ça a l'air de quoi un imprécateur qui réserve ses torrents de foudre à une victime aussi consensuelle ?
Alors, je ne vais rien dire, tiens.
Et merde.
17 décembre 2007
L'érudition
L'aboli aboulique dans cet article a fait montre d'une maitrise rare en matière de bidules exotiques et pour tout dire imbitables.
Ca parle, si j'ai bien compris, de comix US avec l'autorité bon enfant de celui qui connait tenants, aboutissants et chemins de traverse.
Impressionné, je suis.
Car l'érudit, c'est toujours classe.
Et d'une certaine manière, hype. Le rebelz, qui se rebelze depuis à peu près 1820, finit par devenir profondément ringard. Même Morandini est un rebelz, c'est dire.
Tandis que l'érudit, avec ses petites lunettes rondes et son crâne passé au miror, avec ses domaines d'excellence hors de portée du vulgaire, est finalement beaucoup plus décalé. Et sympathique.
Si vous ne devez choisir qu'un archétype, jetez votre dévolu sur celui de l'érudit.
De préférence érudit dans un domaine abscons et plutôt pointu.
Tenez, je viens de sortir un bouquin de la bibliothèque : Les Empereurs gaulois (260-274). Le mec a réussi à pondre 350 pages sur un sujet pareil, génialement abscons et furieusement pointu. Sans compter que tout le monde s'en fout du sujet en question. Bravo, donc !
Finalement, je suis jaloux.
Avec quoi pourrais-je frimer ?
Les nanards ?
Naaaaaaaaaaaaaann. Trop mainstream ....
Les films de propagande ?
Mieux.
Dans ce cas, il faut jeter les films de propagandes nazis et/ou soviétiques, trop connotés et plutôt difficiles à se procurer.
Je vais donc être spécialiste en films de propagande américains.
Bien, bien, bien ...
En selle, donc, pour les Enfants d'Hitler, de Dmytryk (1943).
Un bien beau film assez chiant, avec des méchants très méchants qui font tous gniark-gniark pour montrer qu'ils sont vraiment méchants.

De vrais méchants qui ne surjouent jamais.
Une intrigue insane qui a pourtant rapporté 3 millions de dollars (de l'époque) à la RKO pour un cout d'à peine 250000.
Quelques stock-shots bienvenus :
- Notre héros se penche à la fenêtre
- (INSERT) Des images d'archive de défilés nazis
- Retour à notre héros qui s'éloigne de la fenêtre en disant : « que ces foules sont violentes »
Ca fait toujours rire.
Avec un petit moment de « féminisme » en vrille qui fait plaisir à
voir. Dans un institut où de jeunes femmes se font engrosser sans avoir
de maris pour pouvoir offrir le bambin à l'état, le professeur
américain, un peu outré quand même, va interroger une de ces
dévergondées.
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- Ne préféreriez-vous pas plutôt avoir un mari et un foyer ? - Je vais donner un enfant à l'Etat et au Führer. C'est plus noble que de l'avoir au sein d'un foyer avec un mari. Le yankee est plutôt sceptique. L'interviewée continue donc : - Vous savez ce que j'espère ? Que je souffrirai beaucoup à l'accouchement. Je veux ressentir un vrai supplice en le mettant au monde pour notre Führer. Couillu, non ? |
Une jeune femme plutôt exaltée
La prochaine fois, je vous parlerais de Le Japon, notre ennemi, un autre grand moment de cinéma. Pour le moment, je continue mes recherches.
13 décembre 2007
Gne suis fa-ti-gué !
En fait, je m'en rend compte maintenant, ce n'est pas un travail en particulier qui me fait chier, c'est le travail en soi. Le fait de travailler et d'y être obligé. Bien que le mien actuel (de travail) soit presque optimal. Mais rien n'y fait : ça m'emmerde.
Je sais, j'ai râlé que mon oisiveté payée par les ASSEDIC me rendait tout mou, et ne me donnait aucun tonus. Maintenant, quand je rentre chez moi, je n'ai qu'une envie : me défoncer. Mais c'est interdit.
D'autant que quand je rentre chez moi, les plombs ont sauté, le congélo s'est répandu en liquide sur le sol moyennement propre de la cuisine, y'a plus de lumière et surtout il fait à peine 15 degrés dans l'appartement. Si j'étais resté chez moi à contempler mes orteils, j'aurais pu remettre le disjoncteur sur marche dès la venue de l'incident. Et en plus je ne me serais pas frigorifié à marcher jusqu'au RER.
Gag suprême, B.' fait un peu la gueule sans oser l'avouer mais quand je glandais, je l'attendais à la maison, j'avais fait à manger, j'étais tout propre et tout rasé, j'avais déroulé le tapis rouge, j'étais prêt pour le massage et les feux d'artifice. Maintenant je fais Rahhh gne suis fa-ti-gué.
Bref : j'ai beaucoup perdu (et gagné un peu d'argent, il est vrai).
12 décembre 2007
Je viens vous voir
Aujourd'hui je suis venu vous voir sur votre lieu de travail.
Normalement, je n'aurais jamais du arriver jusqu'ici.
Je ne sais pas trop ce que j'ai bien pu raconter aux hôtesses d'accueil en bas, mais elles m'ont laissé monté.
Et je suis là, à vous fixer au travers de l'espèce de baie vitrée qui me sépare de l'open-space.
Un type passe et me demande ce que je fais là. Sans cesser de vous regarder, je grommèle quelque chose d'indistinct, que je dois voir la secrétaire, un truc comme ça.
Il s'en va, pas très convaincu, et je continue à suivre le plus ténu de vos mouvements.
Finalement, une femme se pointe et m'explique que c'est elle, la secrétaire, et qu'elle aimerait bien savoir ce que je lui veux. Des prospectus, je veux, de la paperasse sur papier glacé à emporter pour me faire une idée. Vous êtes qui, d'abord ? Moi, un client, un futur client, mais incognito, vous pouvez pas comprendre, y'a des projets de fusion colossaux, je ne peux rien divulguer.
Je crois qu'il va falloir que vous sortiez monsieur.
Je n'insiste pas et sort, suivi par un regard lourdement suspicieux.
Le lendemain, c'est en bas de la tour que je vous attends.
Dehors, dans le froid et un début de crachin.
Les hôtesses, qui se sont probablement faites engueuler à cause de l'incident d'hier, ne m'ont pas laissé trainer à l'intérieur. Elles ont même menacé d'appeler les vigiles.
Pas grave, je connais l'heure approximative de votre sortie. A 90 minutes près. Une paille. J'ai une parka à capuche et des moon-boots. Une touche d'enfer. Ce qui ne vous empêche pas de passer à moins de 10 mètres de moi sans m'accorder la moindre attention.
Vous le faites exprès ? Ou vous ne me reconnaissez pas ?
Ne me dites pas que vous ne m'avez jamais vu.
4 jours de suite, ça dure. Même scénario : la star de ciné franchit la courte distance jusqu'au RER, hautaine, et ignore l'épouvantail pour nuit de Noël.
Et puis, je ne sais pas. Vous ne sortez plus.
Je vérifie pourtant bien le matin que vous allez pointer.
Mais je ne vois vois plus jamais dehors après vos 9 heures salariées.
C'est le lundi suivant que je comprends : vous vous déplacez désormais en voiture et descendez direct en ascenseur jusqu'aux parkings.
Y entrer par la sortie ne présente pas de difficulté particulière, même si je croise des bagnoles en sens inverse, conduites par des types qui font une sale gueule en m'apercevant.
J'erre des heures là-dedans sans vous y trouver, et je ne peux pas prendre le risque d'y trainer trop longtemps de peur de me faire repérer.
Méthode de chasse du furet : courir partout à toute allure en quête d'une proie et dégager fissa.
Une semaine de perdu.
Et enfin.
Vous.
Glissant une clef dans la portière de votre Clio vert bouteille.
J'hésite à m'approcher un petit peu. Après tout, l'important est de noter le numéro de l'emplacement. Je vacille donc sur place, indécis. Et c'est à ce moment là que vous me remarquez. Vous restez bloquée dans cette position un peu grotesque (bras contre la portière, cul un peu surélevé et de traviole).
C'est aussi à ce moment là, ou très peu après, que les vigiles m'alpaguent.
Ca vous sort de votre transe ; vous rentrez dans la bagnole, démarrez en faisant mal au compte-tours et partez en quelques manoeuvres à la fois brutales, rapides et maladroites.
Furieux de vous voir filer ainsi, sans style, je traite les vigiles de tarlouzes SM cuir.
Et les pains dans la gueule commencent à pleuvoir.
11 décembre 2007
Avalé par un python
Je suis en train de me taper la quasi-intégrale des Monty Python. Y'a presque que ça qui me fait rire.
C'est une putain de version anglaise, avec les sous-titres (anglais).
Quand ils parlent trop vite, non seulement je comprends rien, mais en plus, je n'arrive pas à lire assez vite.
Quand ils parlent trop vite en prenant un fucking accent du Northumberland, alors là c'est Sarko prend un acide dans une auto-tamponneuse.
Sans compter que tous les sous-titres étaient décalés, et que j'ai du les remettre à la bonne place.
Faut en vouloir.
A se demander s'il existe une version française, car certains sketches sont entièrement basés sur des jeux de mots (intraduisibles, donc). Genre l'enquête policière où on cherche le corps (body) tout en pinaillant sur la présence de tout le monde et de personne (nobody et anybody).
B'. est resté de marbre pendant que je me pissais dessus en ne comprenant qu'un tiers de chaque vanne.
B'. pourtant bon goût en matière d'humour (le dernier film de von Trier, les nanards indécents, les vieux de Broca, les comédies scandinaves déjantées à froid, ...).
Je lui pardonne donc.