12 décembre 2007
Je viens vous voir
Aujourd'hui je suis venu vous voir sur votre lieu de travail.
Normalement, je n'aurais jamais du arriver jusqu'ici.
Je ne sais pas trop ce que j'ai bien pu raconter aux hôtesses d'accueil en bas, mais elles m'ont laissé monté.
Et je suis là, à vous fixer au travers de l'espèce de baie vitrée qui me sépare de l'open-space.
Un type passe et me demande ce que je fais là. Sans cesser de vous regarder, je grommèle quelque chose d'indistinct, que je dois voir la secrétaire, un truc comme ça.
Il s'en va, pas très convaincu, et je continue à suivre le plus ténu de vos mouvements.
Finalement, une femme se pointe et m'explique que c'est elle, la secrétaire, et qu'elle aimerait bien savoir ce que je lui veux. Des prospectus, je veux, de la paperasse sur papier glacé à emporter pour me faire une idée. Vous êtes qui, d'abord ? Moi, un client, un futur client, mais incognito, vous pouvez pas comprendre, y'a des projets de fusion colossaux, je ne peux rien divulguer.
Je crois qu'il va falloir que vous sortiez monsieur.
Je n'insiste pas et sort, suivi par un regard lourdement suspicieux.
Le lendemain, c'est en bas de la tour que je vous attends.
Dehors, dans le froid et un début de crachin.
Les hôtesses, qui se sont probablement faites engueuler à cause de l'incident d'hier, ne m'ont pas laissé trainer à l'intérieur. Elles ont même menacé d'appeler les vigiles.
Pas grave, je connais l'heure approximative de votre sortie. A 90 minutes près. Une paille. J'ai une parka à capuche et des moon-boots. Une touche d'enfer. Ce qui ne vous empêche pas de passer à moins de 10 mètres de moi sans m'accorder la moindre attention.
Vous le faites exprès ? Ou vous ne me reconnaissez pas ?
Ne me dites pas que vous ne m'avez jamais vu.
4 jours de suite, ça dure. Même scénario : la star de ciné franchit la courte distance jusqu'au RER, hautaine, et ignore l'épouvantail pour nuit de Noël.
Et puis, je ne sais pas. Vous ne sortez plus.
Je vérifie pourtant bien le matin que vous allez pointer.
Mais je ne vois vois plus jamais dehors après vos 9 heures salariées.
C'est le lundi suivant que je comprends : vous vous déplacez désormais en voiture et descendez direct en ascenseur jusqu'aux parkings.
Y entrer par la sortie ne présente pas de difficulté particulière, même si je croise des bagnoles en sens inverse, conduites par des types qui font une sale gueule en m'apercevant.
J'erre des heures là-dedans sans vous y trouver, et je ne peux pas prendre le risque d'y trainer trop longtemps de peur de me faire repérer.
Méthode de chasse du furet : courir partout à toute allure en quête d'une proie et dégager fissa.
Une semaine de perdu.
Et enfin.
Vous.
Glissant une clef dans la portière de votre Clio vert bouteille.
J'hésite à m'approcher un petit peu. Après tout, l'important est de noter le numéro de l'emplacement. Je vacille donc sur place, indécis. Et c'est à ce moment là que vous me remarquez. Vous restez bloquée dans cette position un peu grotesque (bras contre la portière, cul un peu surélevé et de traviole).
C'est aussi à ce moment là, ou très peu après, que les vigiles m'alpaguent.
Ca vous sort de votre transe ; vous rentrez dans la bagnole, démarrez en faisant mal au compte-tours et partez en quelques manoeuvres à la fois brutales, rapides et maladroites.
Furieux de vous voir filer ainsi, sans style, je traite les vigiles de tarlouzes SM cuir.
Et les pains dans la gueule commencent à pleuvoir.
Commentaires
Ooh...
Touchée !
Désolé, je pourris ce beau moment avec mes doutes et mes angoisses, mais : euh, l'astrologie bulgare ne s'accommode pas bien de la colonne de gauche, sur Fesse-Bouc.
(C'est fou, t'es un tueur de l'informatique 2.0 !)
Polésie> Eh oui ! Je suis trop fort :)
Nikita> La colonne de gauche ????? Il me semble qu'elle est à droite ...
A quand la suite??
Dès que le narrateur sera sorti de l'hopital.
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