Mémoires d'un apathique

C'est hyper cool et c'est vachement bien !

03 novembre 2007

La cognizione del dolore

gadda

Je l'ai relue, La connaissance de la douleur, moi qui suis si fatigué, à l'avance probablement, car, travailler, bientôt je vais, comme le disait Yoda sur le chemin de la mine, gréseux et à forte déclivité, sa pioche sur l'épaule.
J'y avais d'ailleurs fait une fine allusion,  absolument pas détectée, et c'est peut-être ce cela qui m'a encouragé à la relire. Première fois, il y a 20 ans, seconde, il y a 3 ans en laissant tomber après 20 pages .
Ah, Gadda, icône  italienne de la modernité en littérature, para-Joyce transalpin, ou Nabokov piémontais (quoique moins tardif et plus âpre).
Vocabulaire x 3, substantifs éventuellement dialectaux directement extirpés d'encyclopédies bouffées aux mites, priorité obligatoire à LA langue, intraduisible, mais traduit, c'est comme ça, les Grands Auteurs-monstres.
Un peu chiant, faut dire, maître Corbeau.
Terriblement brillant, mais un peu vain. Fastidieusement feux-d'artificé. Pourrait-on dire tout en maintenant l'ambiance.
Quelque chose a changé.
Le goût, le temps.
Oh, on respecte toujours, mais de loin, avec ce baiser sur le front froid du cadavre récent.
Duras - et consorts - sont passés par là. Faut que la comprennette fonctionne à plein régime, sans hoquets et sans fatigue. Faut aussi que ça puisse être copié aisemment.
(On a émis l'hypothèse, en ma présence, que j'aimais peu la Marguerite. Ce à quoi j'ai répondu, avec la légéreté que confère l'ingestion de houblon malté, ma foi oui. Sans ajouter - bénévolence des 2 litres dans le bide - qu'elle était peut-être la plus grande catastrophe de la littérature française - après Paul Guth).
Mais ces gros bouquins, enflés d'aspérités, aussi difficiles à manier et à gober qu'un oursin à la fourchette, il y a quelque chose d'héroïque à les lire. Ni culture de masse, ni machins scolaires. Du brut, du massif, de l'intimidant. On est tout seul.
Autre chose que la Duras qu'on pisse tranquillement un peu plus tard, vessie pleine.
Et quand je dis Duras ... Cocher aussi chaque fantassin de la horde des suiveurs.

Et pourtant ... Je suis si fatigué ...

Posté par memapa à 22:07 - Kultur livresque - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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