19 octobre 2007
Un homme qui dort
Je crois que, finalement, je préfère Un homme qui dort-le film à Un homme qui dort-le livre. Plus ramassé, plus poignant, et avec un côté obsessionnel plus étouffant.
Mais le bouquin de Perec reste exceptionnel.
Magnifique.
Il met en scène mon fantasme le plus absolu. On ne saurait me parler plus personnellement.
Je regrette ... je regrette juste la fin. La leçon de morale comme chute. Désagréable discours quasi militant.
D'autant que le retour aux contingences du réel est très abrupt, sans aucune transition. Dans le livre comme dans le film. J'espérais que la forme imprimée m'éclairerait un peu plus.
J'ai été déçu.
Il y a comme une rage chez Perec à ramener son protagoniste à une plus saine vision des choses, une joie perverse à signifier que toute résistance est inutile.
D'un autre côté, quelle autre issue pourrait être plausible ? La stase ? Le maintien ad vitam aeternam dans une stricte indifférence au monde ?
Difficile à concevoir.
Un des rares bouquin que j'ai eu - l'espace d'un instant - envie de refaire. Sur le mode Haldol et anorexie. Auto-enterrement.
Retour à l'état de termite, d'acarien.
Et puis, comment surpasser cette élégance du Tu qu'avait adoptée Perec ? Recit à la première personne sans jamais employer le Je ?
Il faudrait que j'y réfléchisse ...
Commentaires
"Tu attends, Place Clichy, que la pluie cesse de tomber" (fin)
Tout à fait d'accord. Place de Clichy ; il pleut ...
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