28 septembre 2007
Y'a plus de jeunes filles
Des fois, on est un couple comme les autres. On regarde la télé, par exemple, avec le Désert des Tartares dans le crâne. Avant-hier, je me pointe chez B'. après une dure journée passée à ne rien foutre, trépignant d'impatience à l'idée de trouver mes chaussons préchauffés, la bouffe prête et mes chemises repassées.
Tu parles ...
Vautrée devant la 16/9, qu'elle était.
D'un autre côté, c'était la 12568ème rediffusion de K2000 (sur RTL9 - dans le peloton de tête des chaines les plus trash). J'ai d'ailleurs regardé la fin, sans rien comprendre. Mon dieu, j'avais oublié à quel point c'était con !
Mais à vrai dire, ce n'est pas le sujet de ce post.
On va y venir.
Donc, comme tout couple normal qui se respecte, on discute des possibles futurs enfants, de leur admission à Jeanson de Sailly et du bannissement qui leur pend au nez pour peu qu'ils deviennent publicitaire ou avocat d'affaire. Et surtout de leur sexe. Savoir si on préfèrerait une fille ou un garçon (si c'est un garçon, je l'appelle Général Patton et Margareth Tatcher, sinon). Et B'. qui lit des trucs sur la reproduction de l'homo sapiens sapiens m'explique que les spermatozoides mâles sont pas très résistants. Moins que leur congénères femelles. Qu'il suffit de les fatiguer un peu pour que ce soit les autres qui gagnent la course à l'ovule. Et qu'on ait une fille au final. Parce que je voudrais bien une merveilleuse gamine blonde aux yeux bleus, au teint de pêche et aux nattes ridicules. J'ai toujours révé de pouvoir démembrer une collection de Barbie sans avoir à justifier la présence de ces poupées chez moi.
Bon, les explications de B'. valent ce qu'elles valent. C'est pas de la hard-science, soyons honnêtes. Elle a lu ça dans des livres. Elle me dit :
- Par exemple, si tu me ramones vite fait sans que je jouisse, j'ai pas ou moins de contractions et les spermatozoides à chagatte sont favorisés.
- Hum, je crois que ça va pas le faire ...
- Non, ça va pas le faire. Tu peux aussi te branler.
- Pardon ?
- Oui, tu te branles 3-4 fois avant de te jeter sur moi comme une bête. Les spermatozoides sont tout fatigués, mais surtout les mâles.
Non, mais qu'est-ce que c'est que ce langage ? Y'a plus de jeunes filles !
Et pourtant ...

Vous avez la joie de contempler la chemise de nuit de B'. Garantie anti-lubricité niveau VI pour jeunes femmes catholiques qui ont encore le sens des vraies valeurs. Avec des petits ânes bleus et des souris vertes.
![]() Petit âne bleu (détail) |
![]() Petite souris verte (détail) |
27 septembre 2007
Astrologie Bulgare
Un peu de détente pour un blog trop engoncé dans l'esprit de sérieux.
Un petit coup d'Astrologie Bulgare (moi, je suis Hermann Göring ; et vous ?)
(Résolution minimale : 1024x768)
26 septembre 2007
Nocturnes
Elles sont somptueuses. Belles, intelligentes, cultivées. On s'éventrerait presque pour obtenir un seul de leurs regards. Ce dont elles ne veulent à aucun prix. Elles préfèrent annoner Elle. Elles ne trouvent pas de mec. La belle affaire. Si tu veux un tocard, j'en ai 20, lyophilisés dans mon portefeuille.
Ce sont celles devant lesquelles on devrait se mettre à genoux, si ce n'était pas passé de mode. Et c'est interdit, vu qu'elles ont décidé de jouer les cruxifiées.
Putain, mais je paierais pour lécher ce qui coule autour des clous !
Alors ne parlons même pas de lapper le reste.
Trop de fureur et de ferveur là-dedans.
Ca fait peur et ça dégoute.
Ca sent trop la peau surchauffée et les organes noués.
Lors de la vieillesse du monde, on verse de minuscules larmes sêches et on respire lentement par le nez, à grandes goulées. On se calme. La furie des ados n'est plus de mise.
Je te défoncerai la gueule jusqu'à ce que tu me regardes en face.
Des réminiscences. Des bribes. Du temps d'avant. Qui me reviennent de temps à autre, dans la nuit, quand le sommeil se fait coquet.
Oublions tout cela.
Pense à ton travail.
25 septembre 2007
Au dedans, ça fait mal
Quand on explique aux gens qu'on ne devrait pas être dehors (on = moi dans la phrase), mais dans un asile à réécrire l'ancien testament avec son caca, personne ne vous croit. D'accord, j'exagère un peu : plutôt que de cursives fécales, parlons plutôt de passer le temps dans une brume d'haldol.
Quoi qu'il en soit, à déclarer froidement ce genre de trucs, on ne rencontre que scepticisme et soupçons. Tout cela ne serait-il qu'exagération et tentatives abusives pour toucher la (le ?) COTOREP ? C'est que, voyez-vous, à force de regarder Vol au dessus d'un nid de coucous, on (là, c'est plus moi, ce sont les autres) s'imagine que ne restent en liberté que les gens parfaitement sains d'esprit. Comme je suis encore capable d'acheter une baguette sans massacrer tous les petits enfants qui passent à ma portée, il semble donc clair que je suis tout à fait apte à me débrouiller dans le monde édénique des gens normaux.
Pas du tout.
J'ai déjà rencontré des psychotiques hors hôpital, alors je ne vois pas pourquoi, moi, je n'aurais pas le droit à mon petit badge trouble inside. En plus, confesser les fuites du radiateur permet de relativiser : plutôt que de rester baba et muet devant la description d'un monde cruel et sans espoir, on diagnostiquerait simplement un niveau de sérotonine particulièrement bas (c'est un exemple théorique qui pourrait concerner tout un pan de la littérature-que-la-vie-elle-est-méchante).
Quand on songe que la présence de plus d'une personne autour de moi (voire de zéro) suffit à générer une angoisse paralysante à tomber à genoux, on imagine aisemment ce qu'a pu être la rencontre inopinée avec 25 touristes agglutinés autour de leur conférencière devant la soi-disante maison natale de Rabelais. Trois heures pour m'en remettre avec la tentation permanente de bouffer du lorazépam par poignées, solution malheureusement peu compatible avec la conduite d'une grosse bagnole noire sur départementales.
Et qu'on songe donc à l'horreur que peut être la perspective de la reprise du travail (salarié ou non). D'autant que les dernières fois, j'ai ébloui mon public et employeur avec des pétages de plombs grandioses et quelque peu grandiloquents, pétages de plombs qui me permettent de juger à juste titre ceux du cinéma français totalement nazes et à coté de la plaque. Et, ce, malgré la présence d'une béquille chimique que j'ai du laisser tomber depuis, pour des histoires de problèmes de bite subséquents.
Bref, j'en chie dans les grandes largeurs, mais toujours avec cette touche d'ironie qui fait tout mon charme.
Et mine de rien, c'est important. Quand je disais que l'intime était indicible, ce n'était pas un simple slogan. Décrire les montées, plateaux et pics de l'angoisse est une opération impossible, sans même parler des errements dans les labyrinthes aberrants et infinis de sa propre conscience. On ne peut le faire qu'en usant de métaphores ou d'images, malheureusement toutes faites et à bout de souffle, qui, au final, n'expriment rien, sinon une série de clichés dont ont usé avant soi quelques écrivaillons bien mieux lotis qu'ils ne se l'imaginaient eux-mêmes. Quand l'expérience intérieure devient inexprimable par manque de vecteurs pour le monde des sains d'esprit, ne reste plus qu'un ton badin et détaché. Ou l'amphigouri. Mais l'amphigouri et la littérature, ça fait deux ...
Un dernier détail. Contrairement à ce que s'imagine un certain romantisme noir, l'aliénation mentale ce n'est ni classe, ni fascinant, ni le signe d'une sorte d'élection divine. C'est tout simplement l'Enfer. Plus ou moins quotidien et plus ou moins cruel suivant l'intensité du mal ...
24 septembre 2007
Le bon goût français
Suite à des évènements à la fois un peu complexes et tout à fait ininteressants, je me suis retrouvé en possession d'un week-end clé en main en Touraine. Dont je viens de profiter.
Ca ne me tentait pas trop. Autant j'aime les forteresses médiévales, autant les chateaux de la Loire m'emmerdent à cent sous de l'heure. C'est un peu comme l'art grec ou les bronzes chinois : autant la période archaïque me touche de par son indéfinissable altérité, autant l'art « classique » me laisse totalement froid, avec le vague sentiment de sortir d'un show-room La Roche-Bobois.
Par exemple, en suivant la/les rivière(s), entre Chinon et Saumur, on traverse une série de villages des 7 nains, trop chouquets pour avoir l'air vraiment vrais, si j'ose m'exprimer ainsi. Tous restaurés avec un sens de la mesure qui lasse à vitesse grand V, un peu comme l'intérieur d'une mamie friquée qui fait bien attention à ce que tout soit de bon ton et apparenté. A un point tel que même les cabanons de jardin sont construits avec cette fatiguante pierre de taille blanche qui donne un aspect meringué aux habitations autochtones. C'est un peu le syndrome Prague : rapidemment dégouté de cette succession de chateaux de la Belle au Bois Dormant, j'ai pris un métro au hasard (ou un tram, je ne sais plus), et l'ai laissé m'amener au terminus, où j'esperais que vivaient les vrais gens dans un vrai environnement urbain. Je n'ai d'ailleurs pas été déçu : je me suis retrouvé à Sarcelles-on-Vltava, au milieu des barres tchèques (qui n'ont rien à envier aux nôtres), un endroit riant où personne n'avait anglais ou allemand en première langue. Re-po-sant. Et humain, aussi.
Cette obsession de la restauration plus vraie que nature, de la restauration eurodisneyland-style, finalement m'angoisse, l'idée même de devoir vivre dans un musée géant grandeur nature et en plein air ne me paraissant des plus stimulantes. D'autant que cela s'accompagne d'une célébration des bonnes vieilles valeurs de notre Pays, comprenez par là l'idolatrie du bon vieux temps où le sens avait un sens et où les jupes étaient des jupes (et pas des accoutrements de petites salopes). Mais que voulez-vous : le fait que Sarkozy soit passé haut la main n'est pas du à un hasard non plus. D'autant que le dit musée se doit, semble-t-il, de satisfaire l'absence de goût des gens qui aiment a priori ce qui est décrit dans le guide et de la façon dont c'est décrit. Si Viollet le Duc restaurait comme un sagouin mais avec un sens de la démesure réjouissant, nos restaurateurs actuels (et plus encore leurs bailleurs de fonds) semblent inspirés par l'esthétique des amateurs de deco d'intérieur péteuse. Et c'est mortel. La forteresse de Peyrepertuse, en ruine et intouchée (du moins j'aime à le croire), a autrement plus de gueule et, disons le, de présence.
Et comme j'assume mon coté bad taste, quand j'ai été fatigué de subir Ma maison, mon jardin ad nauseaum, je suis allé au musée des chars d'assaut de Saumur. Je remercie d'ailleurs B'. pour sa patience angélique alors que ce qui était exposé ne l'interessait que très peu (voire pas du tout). Je lui ai épargné la salle des moteurs, parce que le moteur Maybach du Panzer IV, c'était quand même trop pour elle. Il faut le savoir : on rencontre dans ce genre d'endroit de belles brochettes de freaks plutôt inquiétants qui donne à la visite un petit côté Delivrance qui contraste avantageusement avec l'émollient défilé de pittoresque patronné par les divers syndicats d'initiative (drôle de nom d'ailleurs quand on y réfléchit).
That's all, folks !
21 septembre 2007
Muzik uber alles
Des gens s'imaginent que je n'aime pas la musique à cause de ce que j'ai écrit sur la fête de. Evidemment, à chaque fois, je les détrompe en leur expliquant, que, comme tout un chacun, j'aime la musique. Je peux difficilement faire autrement ; j'en ai fait, et il m'arrive encore d'en faire. Ce que j'execre, c'est la musique obligatoire. Comme durant la fête de.
C'est vrai que j'ai dit ici même que la musique était un nouveau mythème. Et j'ai d'ailleurs ajouté que le terme était mal choisi. Quand on en vient à se citer, c'est que ça va vraiment mal. Enfin, passons. Mais il est vrai qu'aimer la musique devient une sorte d'obligation. Ce qui est très énervant. Même les gens qui écoutent Celine Dion sont fiers de le faire et réclament d'une certaine manière votre approbation, comme s'ils avaient sacrifié à une sorte de rite. Des pharisiens acoustiques ? Ah, jolie formule, mais tout de même un peu à côté de la plaque.
Alors pour se définir, les gens mettent en avant la musique qu'ils écoutent. Comme leur sexe. Qui devrait les définir. Des fois, ils se sentent obligés de décrire les sensations qu'ils éprouvent en écoutant la dite musique. Outre que c'est un peu ridicule cette sorte de paraphrase, c'est de la couille en barre, comme disait en substance Schoenberg. On n'éprouve pas de sentiments en écoutant de la musique. C'est n'importe quoi, du romantisme mal digéré. Du Nietzche en kougloff aussi. Et puis, ça me permet de name-dropper comme un fou : ouais j'écoute du Schoenberg. Du Scelsi, même. Pour vous dire, comment, moi, la musique je la connais.
J'aime être un peu odieux de temps en temps.
Même que des fois, j'en discute avec des gens, de la musique. Avec PJ, par exemple. Ca fait d'ailleurs un peu réunion de vieux cons (tu m'excuses, hein, PJ ?). Du genre : depuis Metal Urbain, on a jamais rien fait de bon en France. Ou alors les exégètes en folie : C'est lequel l'album de Godspeed que tu préfères ? Ou alors avec L. de Madrid. Mais c'est bien simple, pour lui, que de la merde depuis 1963.
J'avais l'intention d'en tartiner un maximum sur ma culture very pointue et ma street credibility qui déchire des épaulards au cutter. Je viens de télécharger un paquet d'underground des années 80-90 (toute ma jeunesse). J'avais de la matière en pagaille. Mais sur le fond, ça me fait puissamment chier de parler de ce que j'écoute (ou de ce que je n'écoute pas). Je trouve ça un peu obscène ; comme de raconter par le menu comment je fais l'amour. Tenez, y'a pas longtemps, j'ai accompagné C. au musée Rodin. J'avais un baladeur autour du cou, aussi elle m'a demandé si j'écoutais de la musique. Ben oui, c'était pas une perfusion que j'avais au niveau de la gorge. Evidemment, de sa part, c'était une perche pour que je lui dise ce que j'écoutais comme musique. Mais je trouvais cela tellement vain ... Et puis, il y a aussi le fossé des générations ; un peu comme si j'expliquais James Blood Ulmer à mon papa. Mais surtout c'est terriblement réducteur et obscène...
Je suis contre.
20 septembre 2007
Indian toniques
Plutôt que d'ennuyer les gens polis avec mes histoires de dictature du prolétariat, je me dis souvent qu'il vaudrait mieux que je reste chez moi à me dissoudre dans la blême lueur cathodique de ma télé 56 cm (si vous avez plus grand, un don serait le bienvenu).
A regarder des films indiens, par exemple. Ok, vous êtes comme moi, l'espèce d'indi-mania qui sévit actuellement commence à vous les casser légèrement. Tout le monde s'extasie sans le moindre recul et sans le moindre esprit critique. C'est agaçant. Pour 99% du public occidental qui lit le canard très mauvais de la RATP, les films indiens, ce sont des films romantiques en costumes, avec des actrices canons et des danses endiablées. Les actrices canons, je suis pour. Ca change agréablement d'Emanuelle Devos. Mais pour le reste ...
Parce que, comment vous dire, les indiens produisent (loué soit Ganesha !) tous les types de films possibles et imaginables. On peut même avancer qu'ils copient le box-office US sans le moindre scrupule. Et avec une totale absence de complexes. C'est d'ailleurs pour ça que je les adore.
Alors quand B'. se pointe chez moi complètement stressée par son boulot et manque éclater en sanglots dans mes bras musculeux, je l'entraine faire un petit tour. Qui nous amène à Tamoul-land. C'est ce qui est arrivé ce week-end, et ça convient parfaitement à mon propos. Où l'on peut dégotter plein de DVD à 2 euros (à Tamoul-land, pas à mon propos).
A ce prix là, vous vous doutez bien qu'il ne s'agit pas de chefs d'oeuvre du 7ème art. Mais justement, c'est le but de la manoeuvre. D'acheter de la série B, voire Z, indienne. Des films qui font honte au collègue pondichérien de B'. qui se demande pourquoi donc sa voisine de bureau se repait de ces bouses sans nom. Un peu comme s'il achetait des galettes Eurociné. Ce qu'il m'arrive de faire, notez bien.
J'en ai pris 3. Trois genres différents. Trois films de genre en Hindi (et Tamil).
Tout d'abord Elaan. Qui est une sorte de blockbuster. Mais une sorte, hein. Une sorte. Alors, euh, c'est l'histoire d'un super méchant qui contrôle le monde entier et essaie d'asservir l'Inde. Jusque là, ça va. Il tue un milliardaire qui refuse son racket. Tout va bien. Le fils du susdit décide alors avec 4 de ses potes et potesses d'aller chercher le bad guy pour le livrer à la justice de son pays. Parce que le méchant, qui est très malin, habite dans un pays étranger d'où il peut commettre ses forfaits en toute impunité. Au début on se dit que ce doit être le Pakistan, mais pas du tout. C'est quelque part en Europe, entre Suisse, Italie et Allemagne. A la fin, il est attrapé (à Sarrebrück !), mais un des gentils meurt (c'est normal : ils sont 5 dont deux couples ; c'est le célibataire qui y passe).

Nos 5 héros (celui qui meurt est de face)
Ca dure tout de même deux heures et demi, donc je vous conseille de ne pas le regarder tout seul (c'est le cas de tous les films indiens, pour être franc). Comme ça, vous pouvez discuter le bout de gras avec votre partenaire quand le rythme faiblit. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il faiblit. Car, voyez-vous, les indiens, les scènes d'action, c'est pas trop leur truc. Ils devraient engager des hongkongais, parce que franchement, c'est difficile de faire des gunfights aussi ratés avec autant de moyens. A tel point qu'on finit par se demander si la représentation de la violence n'est pas une sorte de tabou en Inde, ou si elle n'est pas censurée.

Pré-gunfight à Venise.
Fort heureusement s'ils ne sont pas très brillants pour les bastons, les indiens sont les dieux du clip en vrille inséré dans le film. Et là, on est gâté : trois perles qui rattrapent avantageusement la mollesse des courses-poursuites.

Au premier plan, une des deux bombasses. Au fond, le tombeur de ces dames, qui en temps normal porte un bandana rouge.
Evidemment, puisque c'est un nanard (encore qu'on puisse se poser la question, vu le gap culturel), le métrage abonde en scènes succulentes, dont celle de la frontière française où il apparait que la police de notre beau pays est composée de basanés parlant très mal notre idiome et roulant en japonaises bas de gamme.
Ce n'est pas vraiment du brutal, ça se laisse regarder, la naïveté sans complexe de l'ensemble emportant tout de même une franche adhésion.
Arrive ensuite le prodigieux Ghutan qui est de très loin notre préféré. C'est un film d'horreur, mélange de film de zombies, de fantômes japonais et de gothique à la Hammer. Comme quoi, en Inde aussi, on sait bouffer à tous les rateliers.

J'ai déjà vu ça quelque part mais où ?
D'ailleurs pour dire les choses crûment, il s'agit d'un film d'exploitation. On sent bien qu'en Occident, le métrage aurait été peuplé de filles à poil et inondé sous les litres de sang. Et que le valeureux producteur a vraiment fait tout ce qui était en son pouvoir sans tomber sous le coup de la censure, le top du salace étant l'actrice principale dans un bain plein de mousse dont émergent ses deux épaules.

Rahh lovely !
Que je vous raconte l'histoire : Un méchant tue sa femme pour 1) épouser sa secretaire 2) hériter de son pognon. Comme elle est très résistante, il est obligé de l'enterrer vivante. Evidemment, elle ressort de la tombe et s'en va tirer les pieds de tout le monde avec une méchanceté qui fait froid dans le dos. Détail amusant, comme les indiens sont généralement incinérés, pour les besoins du film, on met en scène des autochtones chrétiens, ce qui doit être plutôt rare. Inutile de dire que le réalisateur (comme les japonais, d'ailleurs) fantasme complètement la religion apostolique et romaine pour notre plus grand plaisir.

Alors ça, c'est un presbytère en Inde. On remarquera le joli vitrail.
L'autre détail amusant (le terme est un peu mal choisi, il est vrai), c'est qu'il semble que ce soit un péché véniel que d'enterrer sa femme vivante dans le sous-continent. En effet, notre sympathique milliardaire essaie de raisonner à la fois son ex-femme très abimée et morte-vivante et sa secretaire qui commence à se douter de quelque chose. Et le pire, c'est qu'il y arrive presque ! Et sa future épouse n'a pas l'air d'avoir de scrupules ni d'angoisse à se marier avec un type coupable d'une telle vilénie.

Merci, Fulci !
Que dire de plus, sinon que, l'un dans l'autre, les scènes d'horreur ne sont pas si mal que ça, et surtout qu'on peut découvrir aux 2/3 du film le prodigieux inspecteur Khan dont il a déjà été question ici.

Mon héros absolu pour les mois à venir !
Mais il faut être honnête : au delà du scénario incohérent, des acteurs surjouant et des dialogues surréalistes, c'est surtout l'aspect graphique du film qui emporte les suffrages haut la main, et en fait un merveilleux indispensable que les fans de cinéma différent se doivent de posséder.
Petit florilège pour finir en douceur :

Le traditionnel cimetière éclairé comme la base de Kourou.
En Inde, les milliardaires habitent dans ce genre de trucs.
En plus, ils (les milliardaires) portent de somptueuses casquettes. Les super-milliardaires, eux, ont droit à des berets basques.
J'ai gardé pour la fin le très surprenant Devi Maa qui, à mon avis, n'a pas d'équivalent en Occident. Disons que c'est un film pour public très populaire qui rappelle les films de bastons indonésiens ou les films de catcheurs mexicains de la grande époque. On sent à la stupéfiante naïveté de l'ensemble que c'est le genre de production à être projetée dans les villages sur une grande toile tendue pour l'occasion. D'un autre côté, peut-être que je fantasme complètement. A notez que le film est censé être en Tamil, mais étant donné la piètre qualité de la post-synchro, je me demande s'il n'a pas été doublé en Hindi.
Alors c'est quoi ? Ben, une sorte de catéchisme ou plutôt une session de révision où l'on apprend les 2758 noms de la Déesse Durga (si j'ai bien réussi à suivre ce que m'a raconté B'.). La dite déesse est d'ailleurs jouée par une actrice magnifique, comme j'en ai rarement vue (evidemment, et comme d'habitude, les captures d'écran ne rendent pas hommage à sa beauté).

Durga au téléphone sous son avatar d'institutrice
Mais c'est quoi, alors, l'histoire ? En gros : le chef des démons veut régner sur la terre, comme tout chef des démons qui se respecte.

Le pétulant chef des démons avec son pyjama spécial démon (notez le petit dessin en jaune). A gauche, le faire-valoir comique.

Détail piquant : le chef des démons a une coupe de cheveux dite 666 (Apocalypse selon St Jean). Comme quoi le syncrétisme se porte bien.
Mais attention : Durga prépare son prochain avatar en inséminant une femme enceinte (à l'échographie on voit - avec surprise - un trident dans l'utérus de la future maman, le trident étant un des attributs de la divinité). Lequel avatar, une petite fille, aura le pouvoir, quand elle sera grande, de détruire le chef des démons. Qui le sait et qui va donc essayer de faire disparaître la gamine.

Pour commencer, Durga s'en prend au faire-valoir comique
D'ailleurs au final, ce n'est pas la fillette, mais la déesse qui tuera le méchant. Mais B'. m'a expliqué que de toute façon, toutes les déesses sont l'incarnation du principe féminin et que donc que ce soit l'une ou l'autre qui fasse le boulot n'a aucune importance.
Il s'agit aussi d'une leçon de morale (assez conservatrice d'un point de vue occidental) : les nouveaux riches sont acculturés et ne croient plus en les anciennes divinités. Durga les remettra sur le droit chemin, et ils pourront sauver leur fille en reprenant leurs dévotions. Par contraste avec cette upper-class soumise aux diktats matérialistes, on a le bon mendiant qui, lui, n'hésite pas à consacrer une partie de ses maigres gains au temple. Où l'on retrouve les mauvais prêtres que devra sermonner la déesse. Bref, du catéchisme ...
Comme d'habitude avec le B indien, l'iconographie est kitschissime. Par exemple un des protagonistes est milliardaire (encore) mais roule dans une sorte de 205 toute pourrie. Sa baraque semble être composée d'une suite de chambres sofitel remplies de peluches jusqu'à la gueule. Et tout à l'avenant.

Le chef des démons en pleine action
Mais c'est surtout grâce à ses effets spéciaux que ce film laisse sur le cul. Donnez un After Effects à un Tamoul et il vous fera des trucs que même dans vos rêves les plus fous vous n'auriez jamais osé imaginer.

Le chef des démons en boite. Pardon, dans son antre.
Denué du moindre complexe, le gus des CGI peuple le métrage d'un festival pyrotechnique qui, il faut bien l'avouer, fait parfois un peu mal aux yeux.

Apparition imminente de la divinité : de l'effet spécial qui tue.
Et, ça, ça réconcilie avec le cinéma, qui, depuis qu'il est devenu un art en Occident, a tendance à s'imaginer sorti de la cuisse de Jupiter. Les indiens nous rappellent une chose essentielle, mais de plus en plus oubliée : le cinéma c'est avant tout du divertissement.

La mort du vieux sage : un autre effet spécial qui donne envie d'aller au cinéma.
Devi Maa, c'est du brutal. Le fossé culturel est tel que le concept même du script parait des plus nébuleux au blanc moyen. A réserver donc aux explorateurs les plus endurcis des productions lointaines.
Au terme de cette petite excursion au pays enchanté de la série B indienne, une conclusion s'impose : d'une certaine manière, la créativité, la fantaisie, le culot existent encore en matière de cinéma. Mais certainement pas là où l'on croit. Et l'on se prend à rêver d'un monde où les écoles de cinéma n'existeraient pas, où de vieux cons n'apprendraient pas à de futurs vieux cons comment tourner des métrages dessechés et où le cinéma seraient irrigué par un imaginaire populaire chatoyant et sans cesse renouvelé. Mais c'est peut-être un pur fantasme post-colonial : les réalisateurs indiens sont peut-être tous passés par la FEMIS locale.
19 septembre 2007
L'attaque des raisins géants
A l'heure qu'il est, j'ai peut-être déjà craqué. mais j'écris dans la nuit noire et glacée ce billet (nocturne forcément) pour que le monde sache. Que j'ai des idées à la con, ou plutôt que je suis extrèmement influençable.
Ca a commencé vendredi.
J'étais comme une merde molle sur un tatami raisonnablement inconfortable, et je m'abandonnais à la léthargie d'un shiatsu en phase terminale. Le moment où on peut me demander n'importe quoi et où je répondrais Ah ouais, ouais d'un air bovin et à demi extatique.
La praticienne dardait sur moi son regard d'acier qui en a maté plus d'un. Alors, moi, vous pensez ... Elle avait diagnostiqué une sorte de bidule-machin tout louche dans le chi du ventre. En d'autres termes, il m'arrive de péter au lit.
Tu peux être très courageux ? Me demanda-t-elle finement plutôt que d'arriver bille en tête. La question à ne pas poser. Mon sang ne fit qu'un tour. Meuh n'évidemment que je suis très courageux, tu penses, à l'ouest du Pécos les outlaws n'essaient même plus de me regarder en face tellement je suis courageux. Parle et je m'éxecuterai. Que n'ai-je dit là ...
Punition de la quinzaine : pendant 3 jours, ne manger que du raisin. Ca nettoie, parait-il, le gros intestin avec la vigueur d'un Monsieur Propre pour duodénum.
Cochon qui s'en dédie.
Même que.
Alors après m'être goinfré le dimanche soir, j'ai entamé ma cure de grappes de petits ovoïdes jaune pâle. C'est d'autant plus méritoire que je ne mange jamais de fruits. Ou à la rigueur des nèfles ou du melon d'Espagne en saison. J'aime pas ça les fruits.
Pour vous dire l'exotisme de la situation. A tel point que je me suis retrouvé comme un con niais quand il a fallu les laver. Tout de même, je sais qu'il faut les laver, les fruits. Mais comment, ça je l'ignore. Un petit passage sous l'eau suffit-il ou faut-il frotter longuement avec de grandes giclées de javel ? J'ai opté pour un bain prolongé.
Et depuis environ trois heures, je me rends bien compte que ça va pas être possible. Parce que c'est vachement sucré, cette saloperie. A faire des trous dans le stomac. Et des caries dans les dents.
Non, ça va pas être possible.
Je sens que je vais me rabattre sur les finger au chocolat blanc. Quand je pense qu'il y a des filles qui se nourrissent d'une pelure de pamplemousse par semaine ... Colopathie ou pas, je crois que, finalement, je vais rester pote avec mes abdos Kro ...
18 septembre 2007
Sacré inspecteur Khan !

- Vous là ! Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Un doigt.
- Si on le tord... Qu'est-ce qu'on obtient ?
- Du beurre clarifié (ghee) !
L'inspecteur Khan sait comment faire parler les gens !
17 septembre 2007
Mes photos de vacances

Toi l'élue, la sans-visage, nous viendrons te sortir des cuves où tu patientes depuis que le Dieu t'a désigné. Nous t'arracherons à ta conscience végétative, nous hisserons ton corps hors du liquide nourricier pour que l'air et le soleil puissent commencer à te pétrir. 40 jours durant, tu resteras étendue sur le marbre à apprendre les us terrestres.

Une fois ton apprentissage achevé, quand tu auras assimilé les leçons et compris ce qui sera ton rôle, nous te vêtirons avec la simplicité qui sied à la servante que tu vas bientôt être. Puis tu partiras en suivant les chemins muletiers pour franchir le mont Sygmos et arriver enfin à l'océan.

Une fois entrée dans la demeure du Dieu, une fois dépassée la ligne des récifs, tu pourras enfin réciter ta prière.

Ô grand Poseidon, Empereur des 7 mers, Seigneur des Mariannes et Maître des épaulards, accepte cette humble servante en offrande !

Que sa chair la plus tendre te soit un festin ! Puisses-tu apprécier l'humble présent de ton peuple ! Puisses-tu lui accorder ta protection !

