24 septembre 2007
Le bon goût français
Suite à des évènements à la fois un peu complexes et tout à fait ininteressants, je me suis retrouvé en possession d'un week-end clé en main en Touraine. Dont je viens de profiter.
Ca ne me tentait pas trop. Autant j'aime les forteresses médiévales, autant les chateaux de la Loire m'emmerdent à cent sous de l'heure. C'est un peu comme l'art grec ou les bronzes chinois : autant la période archaïque me touche de par son indéfinissable altérité, autant l'art « classique » me laisse totalement froid, avec le vague sentiment de sortir d'un show-room La Roche-Bobois.
Par exemple, en suivant la/les rivière(s), entre Chinon et Saumur, on traverse une série de villages des 7 nains, trop chouquets pour avoir l'air vraiment vrais, si j'ose m'exprimer ainsi. Tous restaurés avec un sens de la mesure qui lasse à vitesse grand V, un peu comme l'intérieur d'une mamie friquée qui fait bien attention à ce que tout soit de bon ton et apparenté. A un point tel que même les cabanons de jardin sont construits avec cette fatiguante pierre de taille blanche qui donne un aspect meringué aux habitations autochtones. C'est un peu le syndrome Prague : rapidemment dégouté de cette succession de chateaux de la Belle au Bois Dormant, j'ai pris un métro au hasard (ou un tram, je ne sais plus), et l'ai laissé m'amener au terminus, où j'esperais que vivaient les vrais gens dans un vrai environnement urbain. Je n'ai d'ailleurs pas été déçu : je me suis retrouvé à Sarcelles-on-Vltava, au milieu des barres tchèques (qui n'ont rien à envier aux nôtres), un endroit riant où personne n'avait anglais ou allemand en première langue. Re-po-sant. Et humain, aussi.
Cette obsession de la restauration plus vraie que nature, de la restauration eurodisneyland-style, finalement m'angoisse, l'idée même de devoir vivre dans un musée géant grandeur nature et en plein air ne me paraissant des plus stimulantes. D'autant que cela s'accompagne d'une célébration des bonnes vieilles valeurs de notre Pays, comprenez par là l'idolatrie du bon vieux temps où le sens avait un sens et où les jupes étaient des jupes (et pas des accoutrements de petites salopes). Mais que voulez-vous : le fait que Sarkozy soit passé haut la main n'est pas du à un hasard non plus. D'autant que le dit musée se doit, semble-t-il, de satisfaire l'absence de goût des gens qui aiment a priori ce qui est décrit dans le guide et de la façon dont c'est décrit. Si Viollet le Duc restaurait comme un sagouin mais avec un sens de la démesure réjouissant, nos restaurateurs actuels (et plus encore leurs bailleurs de fonds) semblent inspirés par l'esthétique des amateurs de deco d'intérieur péteuse. Et c'est mortel. La forteresse de Peyrepertuse, en ruine et intouchée (du moins j'aime à le croire), a autrement plus de gueule et, disons le, de présence.
Et comme j'assume mon coté bad taste, quand j'ai été fatigué de subir Ma maison, mon jardin ad nauseaum, je suis allé au musée des chars d'assaut de Saumur. Je remercie d'ailleurs B'. pour sa patience angélique alors que ce qui était exposé ne l'interessait que très peu (voire pas du tout). Je lui ai épargné la salle des moteurs, parce que le moteur Maybach du Panzer IV, c'était quand même trop pour elle. Il faut le savoir : on rencontre dans ce genre d'endroit de belles brochettes de freaks plutôt inquiétants qui donne à la visite un petit côté Delivrance qui contraste avantageusement avec l'émollient défilé de pittoresque patronné par les divers syndicats d'initiative (drôle de nom d'ailleurs quand on y réfléchit).
That's all, folks !
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