Mémoires d'un apathique

C'est hyper cool et c'est vachement bien !

03 septembre 2007

Ras le bol d'attendre Godot ...

En ce moment tout le monde, sur les blogs (que j'aime) se plaint. Soit que c'est narcissique, un blog, donc mal : est-ce bien raisonnable de jouer les cadors on line en exposant sa gigantesque teub (excellent mot-clef par ailleurs) ? Ou l'inverse. Le narcissisme retourné : je suis une grosse merde immonde et puante, mais la grosse du monde alors, j'ai les certificats et tout. Signés par le pape et Marie Curie. Bref, c'est pas bien dans un cas comme dans l'autre.
Soit que je n'arrive plus à rien, malgré des efforts méritoires, malgré la transpiration qui me fait puant comme un squonce sans spray pour bras. Je m'assèche, je n'ai plus rien à dire à un monde qui sur le fond s'en fout. Existence cruelle.
Parfois quand je suis un peu taquin, je réfléchis : quand on n'a rien à dire, on ne dit rien. On ne se met pas en scène en train de dire qu'on n'a rien à dire. Imaginez le tableau : Vous vous emmerdez à une soirée remplie de commerciaux qui en connaissent un rayon sur les sujets les plus nazes qui soient. Vous n'allez pas les voir un par un pour leur expliquer,que, désolé, mais vous n'avez rien à communiquer. Ou pire, le faire à la cantonnade, à l'aide d'un porte-voix. En pratique, vous vous murgez consciencieusement, puis vous vous cassez. C'est comme ça dans la vraie vie.
Ou alors, on fait comme moi, on tire à la ligne avec application.
Par exemple, je suis encore plus inspiré pour écrire les lettres d'intention de tout poil qui se doivent d'accompagner les scénarii que j'envoie au CNC. Inspiré n'est pas le mot juste. Disons plutôt appliqué. Et nourrissant. Plein de remarques gorgées de références prestigieuses à des auteurs célèbres ou à des problématiques qui interessent le pekin (la mort du couple, l'altérité, la guerre des sexes, l'identité, etc ...). Même si j'essayais de leur fourguer un slasher tout ce qu'il y a de basique, j'en ferais une tartine sur la revanche des outsiders, le manque de communication, et la terreur de la chair. Par exemple. D'ailleurs, je l'ai fait. Les gens adorent qu'on leur parle comme dans leur journal de référence.

De surcroit, il m'arrive de ces trucs ... Alors que je ne sors jamais de chez moi ou presque. Quasiment à faire le remake de Un homme qui dort. Mais les rares fois où j'expose ma frimousse au capricieux soleil, je suis témoin de scènes que pas vraies on les dirait. Description : Un type joue avec son affreux clébard sur le bord du trottoir. La bestiole saute avec entrain pour essayer d'attraper une espèce de bout de bois que l'autre tient à la main. Tout est normal. Une voiture survient. Quoi que plus banal dans une rue vouée à la circulation des véhicules motorisés ? Et la dite voiture accroche le chien et l'entraine avec elle. Je ne vois pas bien, étant du mauvais côté de la rue, mais j'entends l'animal hurler à la mort et je l'imagine en train se se faire trainer sur l'asphlate, y laissant tripes et boyaux au sens strict. Le maître reste figé. Sidéré. Moi aussi, d'ailleurs. Environ 50 mètres plus loin, le canidé arrive à se détacher. Il revient la queue battante, tout frétillant, comme s'il ramenait la baballe. Les témoins le regardent médusés, à commencer par le légitime propriétaire.

Pas mal non ? Comment ça, je l'ai inventé ? Pas du tout, du tout ...

Sinon, comme mot clef, j'ai eu poemes sur l'amitié avec photos d'angelots. Ce qui n'est pas mal non plus.

Posté par memapa à 00:26 - En vrac - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ah, enfin un truc qui va à contre-poil (au passage: il porte mal son nom ce journal). J'ai remarqué pareil que toi en ce moment, et puis j'ai dit un peu pareil voilà quelques temps lors de mon cyber-suicide réussi. Il n'y a plus rien à dire, je disais, et non "je" n'ai plus rien à dire. En réalité je voulais surtout fuir mes lecteurs. Des amis qui ne commentaient pas mais me donnaient silencieusement des scrupules à écrire vraiment, et des commentateurs qui avaient des exigences, en terme de fréquence notamment. Résultat des courses : bam, bloquée.
Je ne sais pas si c'est le cas des bloggers que tu lis, mais ça m'a l'air cyclique tout ça:
- Phase 1: la découverte (youpi, je peux écrire!)
- Phase 2: la notoriété (youpi, on me lit!)
- Phase 3: le doute (mais euh... c'est sûr, vous m'aimez?)
- Phase 4 : la descente (oué, c'est bien ce qui me semblait)
- Phase 5 : la lucidité (j'ai rien à dire)
- Phase 6 : la conclusion (allez, ciao OU ALORS allez, m'en fous)

Posté par C., 03 septembre 2007 à 19:19

Bon, je vois que j'ai affaire à une qui ne se fait pas d'illusions.
En substance, oui, tout à fait d'accord avec les 6 étapes (il en faut 12 pour les alcoolos anonymes, non ?), sauf que je vais pas en phase 5 me mettre à étaler mes escarres à un public à la fois méchant et peu receptif à mon génie.
Je vais plutôt continuer à flinguer les troupes d'élite de l'armée rouge (c'est moins intelligent que de lire Nabokov, mais lui, c'est pour les vacances - trop la classe de lire Nabokov sur la plage).

Posté par memapa, 03 septembre 2007 à 20:11

Ah non mais elles ne sont pas forcément dévoilées au lecteur, ces phases. Bon, personnellement après 4 ans de blog j’ai pas pu m’empêcher de faire des adieux de théâtre, bien solennels. Mais comme toi, ça me paraît d'une impudeur terrible de déballer sa lucidité morbide sur son propre compte à un public. Pour ce que ça vaut en plus... (je parle de la lucidité sur soi hein, pas du public. Le mien était fin, enjoué et prévenant et non "méchant" et "peu réceptif à mon génie")
(hem)

Posté par C., 04 septembre 2007 à 14:20

Mon public n'est pas ni mechant ni peu receptif à mon génie. Je plaisantais. Mon public est adorable et charmant, quoiqu'un peu timide.

C'est vrai que faire des adieux de diva, c'est impudique, mais le propre du blog, c'est l'impudeur (au moins recherchée et revendiquée), non ?

Evidemment, après avoir claqué la porte de ton blog, je suppose que tu l'as fermé ? Impossible de pouvoir jeter un coup d'oeil dessus (sans quoi, tu me donnes l'url, car je suis fort curieux) ?

Posté par memapa, 04 septembre 2007 à 14:49

(Pas clair du tout mais j'avais compris ta blague, je surenchérissais, en fait, sur ma lucidité supposée)

Je dirais pas que c'est impudique l'emphase que l'on va mettre dans nos écrits, ça en a tout l'air mais ça ne l'est pas vraiment lorsque c'est une mise en scène. Dans laquelle ont dit parfois des choses plus proches de la vérité, c'est vrai, ou du moins passe t-on souvent des messages qui nous importent plus que la plate réalité de nos existences. Tu es toujours parfaitement honnête dans ce que tu écris? Ou l'es-tu juste avec toi-même, avec ce qui compte pour toi?

C'est à dire que c'était un blog fait main avec un casier sur un serveur acheté et un nom de domaine et tout et tout. J'ai d'ailleurs vu qu'une société m'avait squatté le nom vu qu'il était payé pour quelques mois encore tandis que mon compte ne l'était plus.
Enfin bref, mes petites proproses ne sont plus en ligne. Désolée de ne pas pouvoir satisfaire ta curiosité.

Posté par C., 04 septembre 2007 à 15:05

Bon, c'est les boules. Parce que - sans flatterie - il devait être interessant ce blog (et garanti sans scrapbooking, il va sans dire).

L'honneteté de celui-qui-écrit (on va quand même pas dire "écrivain", tout de même) est à mon sens une problématique vaine et sans grand interet, le genre de truc qu'on se trimballe depuis le romantisme et/ou Ste Beuve. L'honnêteté, c'est une qualité louable pour un commerçant (disons), pour un écrivain, c'est hors de propos.
Quant à savoir si l'impudicité de certains blogs est une mise en scène ou pas, je penche evidemment pour la première solution, j'ai d'ailleurs écrit en large en long et en travers sur la problématique de la représentation, des codes littéraires et donc sur le fait que le récit intime est un genre et qu'il utilise donc des codes (aisemment repérables, d'ailleurs).
Plus précisemment, en ce qui me concerne, je fais joujou avec les dits codes, bien malin serait celui ou celle qui pourrait dire la part de "vérité" ou d'affabulation dans ce que j'écris. J'affabule énormément, je suis un farouche partisan de la fiction, et, comme, de plus, j'aime les hoax, j'affabule tout particulièrement lorsque ce que je raconte a, de toute évidence, une apparence de réalité indiscutable. De toute façon, ma prose est de bien meilleure qualité que la réalité, et pas seulement la mienne.

Posté par memapa, 04 septembre 2007 à 15:16

Ouipe, les codes d'autofiction et tout le tralala. Tu as bien raison bien sûr, puis c'est une préoccupation nombriliste de l'écrivant (on a qu'à inventer un mot pour pas dire "écrivain") et pas du tout le problème du lecteur finalement. Toutefois, il y a un aspect un peu particulier des blogs, son côté lien social ou reconnaissance sociale. Beaucoup ne font en fin de compte qu’utiliser ce biais pour contacter leurs semblables comme d'autres s'inscrivent à un club de sport. Cette dimension là on ne la trouve pas dans d'autres formes de publication écrite. Elle est présente dans tous les blogs bien sûr, mais tout le monde n'y investit pas la même chose.

Concernant mon propre blog, j'espère qu'il n'était pas trop barbant, mais j'essayais surtout de faire en sorte qu’il soit plaisant à lire. C’était un défouloir et un exercice d'écriture (pour quelqu’un qui écrivait et lisait peu à l’époque). Il m'a apporté beaucoup de choses, m'a appris à m'exprimer dans la forme la plus sophistiquée du langage et donc à mieux la comprendre et donc et donc à comprendre un peu comment diantre fonctionne ce grand merdier! Puis comme je te disais, ma feignantise a fini par me bloquer, et un peu mes complexes aussi, et l’autocensure. Puis finalement je préfère le boulot de lectrice et de commentatrice, c’est moins gratifiant mais c’est aussi moins fatiguant.

(le scarpbooking?)

Posté par C., 04 septembre 2007 à 16:33

Ouais, le blog comme vecteurs d'affinités électives ... Pas faux, mais je ne suis pas certain que ce soit le cas pour tous les blogs. Exercice de style : lire tous les blogs d'une plate-forme (ou du moins un bon paquet de manière aléatoire). Là, on peut se poser des questions sur les motivations des gens qui font ça (genre le blog de la famille machin).
En fait, le blog-défouloir et/ou atelier d'écriture, je finis par me dire que ce n'est qu'une infime minorité du grand océan verbal on the net. C'est évidemment son côté le plus honorable.
L'auto-censure est à mon sens le plus gros problème. Déjà, je n'écris jamais sur les gens proches (sauf si c'est anodin et/ou un pretexte) pour des raisons évidentes. Mais sans aller jusque là, j'ai parfois des scrupules à écrire des choses dont je sais qu'elle pourront choquer ou simplement déplaire aux gens qui lisent (enfin ceux que je connais personnellement).
Et puis, je ne sais pas si écrire un blog est si fatiguant que ça. Ca ne me semble pas etre la raison d'un arret. La frustration, le manque de retour, l'impression de se répéter, oui.

Posté par memapa, 04 septembre 2007 à 17:15

Ah oui, le scrapbooking ... C'est un loisir créatif (je ricane), très en vogue. C'est une horreur. De ce point de vue là, c'est un peu le successeur du fil-à-clous des années 70.

Posté par memapa, 04 septembre 2007 à 17:16

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