31 août 2007
De l'amour au pays du soleil levant
Je n'arrête pas de raconter mes déboires avec ce rewriting de romans pour ados japonais. Dire que c'est gavant n'est qu'un aimable euphémisme. Mais c'est mieux qu'être expert-comptable, d'un autre côté.
M. m'a expliqué, mais je ne suis pas sûr d'avoir bien compris. Mystère de l'âme niponne. Insondable altérité. Un peu comme le wasabi.
En substance, ce genre littéraire est destiné aux jeunes garçons. 13-16 ans, c'est la tranche d'âge. Donc, des aventures viriles, des bastons, des cavalcades et des coups dans les roustons. Mais il est difficile de ne pas remarquer l'homophilie latente (et plus que latente) qui imprègne l'ensemble. Tripoti-tripota et déclarations semi-enflammées, du genre « Oh, machin, comme tes gestes sont gracieux. Je suis vraiment sous le charme ». Ca fait bizarre. Evidemment, je n'ai pas demandé de but en blanc à M. si les japs c'étaient tous des tantes. Je lui ai juste fait remarquer que cela risquait de troubler un lectorat français jeune ou moins jeune (et ravir de vieux dégoutants à la prostate en berne). Elle m'a expliqué qu'un tiers des lecteurs étaient en fait des lectrices. Et qu'elles appréciaient la dite homophilie. C'est pas moi qui le dit, hein ! C'est M.
Donc il y a des lectrices. D'ailleurs l'auteur est une auteure. On s'en rend bien compte devant son manque de maîtrise des cadences de tir des fusils d'assaut soviétiques d'après 1970.
Comme en plus des deux héros, il y a une jeune fille (à la peau de soie et aux grands yeux comme des papillons de nuit), cela lui donne l'occasion de mettre en scène des sentiments authentiquement hétérosexuels pour notre plus grande joie. Car la donzelle est - evidemment - amoureuse du plus effeminé des aventuriers (autre constante dans le genre - et dans les mangas d'ailleurs).
Il va sans dire qu'elle décide illico de voler à la rescousse de son bien aimé poursuivi par toutes les forces de police possibles et imaginables. On se dit : la figure classique du sacrifice féminin, qu'on retrouve chez von Trier par exemple. C'est didactique : apprenons aux jeunes filles à se sacrifier pour le bonheur de leur homme, rien que de très banal. Bien sûr, elles n'auront pas en pratique à affronter les tirs nourris du GIGN, mais sauront plus modestement se plier en quatre pour que la carrière de leur bonhomme se subisse aucune anicroche.
Les choses ne sont pas si simples : l'adolescente rencontre une femme plus agée, larguée par son mari à la naissance du gamin, lequel se trouve être l'amoureux en question. Comme quoi, la vie est bien faite. Et la mère lui tient un discours, ou plutôt se tient un discours en son for intérieur, comme quoi, et contrairement à ce que l'on s'imagine à cet âge, il ne faut pas mettre sa vie en jeu, même pour son amoureux, et qu'il faut apprendre à vivre pour soi-même.
Arrivé à ce stade, on peut faire deux analyses de ce discours :
1) Il s'agit d'une position plus ou moins féministe, au moins par la bande : pas de sacrifice de soi pour l'autre, il faut d'abord vivre sa vie pour soi-même.
2) C'est plutôt une position de mémère, une morale d'épicier : ma chérie, ce que tu ressens là, ça va passer, c'est des conneries, attends un peu et tu dégotteras un bon mari, sérieux et qui ne boira pas l'argent du ménage. Ce serait folie que de courir après ce bon à rien dont tu te lasseras en 2 ans.
J'avoue qu'en l'état, je ne saurais me prononcer (d'autant que 1 et non-2 peuvent coexister). M. m'éclairera peut-être après sa relecture ; il est possible que je sois passé à côté de quelque chose d'essentiel, voire de spécifiquement japonais, et qu'il n'y ait pas lieu de se poser de pareilles questions.
Je vous tiendrai au courant.
30 août 2007
Réserver la parole à celui ou celle qui sait.
Aleksandar Hemon dans la nouvelle, Une pièce de monnaie, raconte les bribes de la vie d'une femme à Sarajevo, durant le siège. Laquelle déclare préférer se prendre la balle d'un sniper qu'être violée. Paroles assez définitives. Tellement qu'on regrette que l'auteur ne soit pas une auteure et n'ait pas par conséquent le point de vue adéquat (d'autant qu'il semble ne pas avoir été dans la ville durant le siège). J'ai souvent émis des doutes quant à une éventuelle différence de point de vue entre les sexes, le tout me semblant relever d'une propagande mollassonne au service de l'individualisme narcissique.
Mais en l'occurence, et pour une fois, une voix féminine me semblait indispensable.
Il y a une sorte d'obscénité de la fiction quand elle touche à l'horreur. Comme, par exemple, de faire de la fiction à propos des camps d'extermination.
Durant les guerres, les femmes sont violées et les hommes tués. Du moins pendant les guerres conventionnelles. Contrairement à ce que l'on s'imagine, une guerre n'est pas une promenade de santé au cours de laquelle des bidasses commettent des viols de masse pour agrémenter une période ennuyeuse de leur vie, où le plus pénible est de porter un sac à dos de 25 kgs.
Mon grand-père a fait la guerre en Europe. Il était en Allemagne début 1945, dans la première DB. Il avait été inquiété sous Vichy (c'était un émigré espagnol de première génération), et il n'avait cessé de rempiler, même quand les circonstances ne l'obligeaient plus à le faire. Il n'en a pas gardé un bon souvenir. A vrai dire il n'en parlait qu'avec un profond dégout, quand nous (re)trouvions au fond d'un placard ses médailles et que nous lui demandions de raconter. Il avait du crever de trouille, par moment. Mais ce n'était pas des choses dont un homme parlait, et surtout pas à ses petits-enfants, des garçons de surcroit. Il commandait un canon automoteur (ou un peloton de ces engins, je ne me souviens plus bien). C'était comme tirer une fusée rouge. On croit toujours que les types qui ont la mitrailleuse sont vernis parce qu'ils peuvent plus facilement tuer les autres (et par conséquent ont moins de chance de l'être). C'est l'inverse : du fait du danger qu'ils représentent, les servants de mitrailleuse, dès qu'ils sont repérés (et ça va vite) servent de cible à tout ce qui peut projeter du métal à haute vélocité. Pareil pour les canons automoteurs. Encore plus aisemment repérables, du fait de leur hauteur. Mon grand-père a vu un de ces engins victime d'un coup au but : il a pris feu en quelques secondes et les 4 ou 5 membres d'équipage ont brulé comme des torches. Vu la répugnance qu'il mettait à raconter cette histoire, je soupçonne que certains des tankistes ont du sortir en flammes de la carcasse avant d'agoniser sur la neige.
C'était du moins comme ça durant les guerres conventionnelles. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale (et déjà durant cette dernière), les civils forment la cible prioritaire, et, en l'absence d'armées régulières, clairement identifiées/identifiables, les combats se déroulent souvent entre milices ou simili-milices. Qui dans certains cas s'évitent méticuleusement, d'un commun accord, pour réserver toute leur ardeur guerrière aux civils. J'ai lu quelque chose là-dessus à propos de la Bosnie. Ce ne doit pas être un cas isolé.
Les femmes dans ces conditions deviennent une cible de choix : non seulement elles peuvent être massacrées comme leur maris, frères et cousins, mais sont de plus en plus systématiquement violées. Avec éventuellement, le massacre en sus.
Je ne pense pas que mon grand-père ait violé qui que ce soit. Pour une foule de raisons. Mais je peux me tromper. A la même époque, et ça a été exceptionnel, 4 soldats de l'armée américaine en Italie ont été condamnés à la pendaison pour avoir violé des italiennes.
Ce qui nous amène à ce livre terrible écrit par une Berlinoise lors de la prise de la ville par l'armée rouge. On estime à 200000 le nombre de femmes violées dans la seule ville de Berlin. Et c'est très certainement en dessous de la réalité. Le livre s'appelle Une femme à Berlin (20 avril-22 juin 1945). Commencé dans une ville terrifiée en proie aux plus folles rumeurs suite à l'éventration de la Prusse-Orientale, il dépeint par la suite le calvaire de la narratrice (et de son entourage).
Face à ce genre d'ouvrage, on se dit que toute fiction devient caduque, si ce n'est mensongère. Que certains sujets ne devraient pas être traité sur le mode somme tout frivole de la fiction. Frivole parce que mensonger, d'abord, parce que dramatique (dans le sens de théatralisé) ensuite. C'est un peu le problème de la Liste de Schindler. Transformer l'Holocauste en scénario me parait obscène. Le transformer en une putassière histoire de bons et de méchants, avec des rebondissements, est obscène. Sans compter qu'au final le public, même s'il peut souffler un bon coup, avec le sentiment du devoir accompli, et celui d'être dans le bon camp, n'a rien appris sur rien. Il est dans une sorte d'histoire, d'aventure, Indiana Jones à Treblinka. Ce n'est pas par ce biais là qu'une compréhension réelle peut advenir. Si tant est, d'ailleurs, qu'elle puisse advenir, de toute façon.
Même chose pour la femme de Berlin, d'un côté, et de A. Hemon, de l'autre...
29 août 2007
Des gens savaient déjà écrire, vers 1850 ...
Comme vous le savez, ma tendre et douce lit le Manifeste du parti des cocos.
La gracieuse propriétaire d'un 90 m2 dans le IIème arrondissement (de Paris) a des velléités de révolution prolétarienne.
Cette charmante découvre dans un texte datant du milieu du XIXème siècle des annonces prémonitoires sur la tendance du capitalisme à la délocalisation, c'est à dire, et tout simplement, à la capacité à faire fabriquer les saloperies par des pauvres du tiers-monde. Pour maximiser les bénéfices. Et dire qu'il y a toujours des tocards qui causent dans le poste (et des pour y croire), pour nous raconter la belle histoire de l'incroyable nouveauté de la dite mondialisation. Un truc stupéfiant dont ils ont du mal à se remettre et qui mérite l'abattage massif de sapins, histoire de pouvoir raconter grâce à la pâte à papier ainsi collationnée combien il est important de les écouter eux, eux qui viennent de découvrir que les filles n'ont pas de zizi.
Il y a donc des gens qui lisent Le Monde ou Libé pour apprendre des choses datant de 150 ans au bas mot... Et certains sont même abonnés ! Evidemment, le sentiment anti-élitaire de ceux qui ont lu des livres ou dont la mémoire s'étend sur plus de deux jours, se doit, dans ces conditions, d'être ostracisée avec la plus grande vigueur. Un régiment d'empereurs à poil, ça la foutrait mal.
Et ça continue !
Zieux-bleus s'aperçoit que s'en prendre à la classe moyenne, n'est pas un bon calcul, car la dite classe moyenne en voie de prolétarisation, fournira des divisions supplémentaires pour la révolution. Bon, d'accord, un cruel démenti a été fourni par l'Histoire : la classe moyenne en voie de prolétarisation vote national-socialiste. Ou Sarkozy si on évoque la possibilité d'augmenter les impots de 0.02%.
Mais ça la scie, la magnifique ! Elle qui croyait, grâce au rôle éducatif de la télé, que Marx, c'était le type qui avait rédigé le réglement intérieur du Goulag !
Bon évidemment, elle ne comprend pas bien les disputes récurrentes entre la LCR et le PCF. Ah ouais, poupougne (elle aussi a droit aux petits noms affectueux et ridicules, y'a pas de raison), mais la LCR c'est des trotskystes. Des sociaux-traitres. Qui passent (à juste titre) pour les victimes du méchant Joseph, alors que le barbichu a créé et dirigé l'armée rouge durant le communisme de guerre (sympathique période, riche en massacres). C'est la IVème internationale, nunuffe, les cocos la IIIème, le PS-première version, la seconde. Et j'avoue à ma grande honte que j'ignore tout de la première. Evidemment, l'héritage des camps, c'est pour le PCF, c'est d'ailleurs pour ça qu'il se la joue profil bas tandis que les sociaux-traitres peuvent enfiler à peu de frais (et au mépris de toute réalité historique) la panoplie de la vie meilleure. De toute façon, la LCR, c'est pour les fils de famille avant qu'ils ne trouvent le chemin des stocks-options. Regarde Jospin, tiens !
Mais, mais, mais ... On aurait pu le prévoir, tout ça, avec un mouvement politique aussi guerrier. Qu'elle me dit. Une guerre, c'est une guerre, toujours, il y a des morts. C'est pas comme à la télé ; même les guerres d'intervention contre les méchants dictateurs du Moyen-Orient, elles font des morts. Le tout c'est de ne pas filmer les intestins sur le sol en gros plan, et de laisser des connards délirants parler au nom de grands principes qui ne coutent rien. En tout cas, pas à eux.
Voilà, t'as tout compris ma belle, le reste, c'est la page société de Libé. Du verbiage. Pour analphabètes. De l'idéalisme pour BAC+5. Rien n'a beaucoup changé depuis Adolphe Thiers. Et tu remarqueras au passage les points de rapprochement entre communisme et Islam : religion/idéologie guerrière de/pour creve-la-faim. Du moins dans la version initiale. On comprend mieux que nos propagandistes petent un cable lorsqu'ils parlent de l'une ou de l'autre.
Rude découverte : les grandes gueules, les escrocs, les démagogues ont capté tous les moyens de communication. Et oui : ils ne connaissent rien à rien. Ce qui n'a rien de nouveau, d'ailleurs. Le plus drôle, c'est que les plus croulants et les plus enkystés viennent du PCF. Ou de ses sectes. Probable qu'ils n'ont jamais lu le barbu - même à l'époque. T'en connais beaucoup des grenouilles de bénitier qui ont lu les Evangiles, toi ?
Mon dieu, où cela va-t-il nous mener une fois qu'elle aura fini de lire le bouquin ?
28 août 2007
Kannibal
Nous lisions. Moi Ada ou l'ardeur (Nabokov inside) et B'. Le Manifeste du parti communiste (Marx et Engels sont de sortie). Et elle commençait à me tanner parce que je suis un puits de science et donc une sorte de guru ou de Wikipedia avec des couilles. Alors j'ai proposé de regarder une merde sur la VOD de free, parce que je me sentais un peu las (et puis, il y a des jours où la grande littérature devient pesante tout comme le rôle de Dieu le père).
Bref, on s'est tapés Gangland. Et je crois qu'on a touché le fond en matière de bouse ultime.
Déjà, pour vous donner une idée, le mec qui a réalisé ça, c'est le type qui règle les cascades dans les derniers Seagal. Art Camacho qu'il s'appelle. Et le « scénario » a été commis par un enfant de 5 ans dans un corps d'adulte. Qui de surcroit joue un rôle de bad guy, le bras droit du super-méchant. Trop classe, le bad guy. Une sorte d'horreur SM gay, en cuir noir avec des pectoraux partout. Un peu comme du David de Coteau, mais pas assumé.
B'. a trouvé ça bien, moi, moins, 1.99 euros, ça fait un peu cher le post-nuke totalement fauché. Vraiment fauché. A côté de ça, les rip-offs ritals de Mad Max des années 80 avaient un budget digne de Cecil B DeMille. Et un post-nuke sans un rond, pas un seul, désolé, mais ça ne passe pas.
De toute façon, ce n'est pas de ça dont je veux vous parler. Mais de Kannibal. A mon avis, un merveilleux exemple de nanard contemporain. A 3 euros chez Cash-Converter.
C'est très fabuleux comme film. Une sorte de plagiat grand format. Fait par un type dont les goûts de chiottes feraient frémir un Bruno Mattei si le pauvre n'était pas déjà mort. En gros, c'est les aventures de Hannibal Lecter, un digest à la hache des 3 épisodes pour le cinéma.
Un vrai Hannibal Lecter, c'est à dire un type super raffiné qui tue des gens. Super raffiné, ça veut dire quelqu'un qui confond la classe et les affèteries de mémère. Du genre à collectionner les animaux en verre filé. Il est vrai que c'était déjà le cas avec les « vrais » épisodes. L'idée qu'un californien décérébré peut se faire de la classe. Par exemple, c'est un meurtrier qui joue du Richard Clayderman à la lumière de bougies ou boit du vin rouge sans glaçons.

C'est vraiment la classe : Hannibal Lecter joue du piano pendant que la méchante fait broute-minou (merci, le montage fort habile).
Donc, c'est un plagiat. Il y a même un bout de Orange Mécanique, avec les images en accéléré et la musique d'origine. Trop convaincant. Mais ne vous inquiétez pas, il y a aussi et surtout des vrais bouts de Hannibal Lecter qui mange les rognons de ses victimes - par exemple - en les faisant flamber (comme un saligaud d'ailleurs ; doivent être cramés et immangeables, les rognons). Ou à la fin, on repique in extenso la séquence où Jodie Foster rend visite à HL la première fois, à l'asile. Pompée plan par plan sauf que c'est fauché et que, de toute évidence, ç'a été tourné dans les couloirs de la chaufferie d'un lycée agricole. Et puis le type qu'elle découvre à la fin n'est non seulement pas le Lecter qu'on a vu durant le film, mais quelqu'un de tout nouveau et jamais encore entraperçu. J'ai rien compris. Ce doit être une sorte de twist. Notre ami Richard Driscoll (réalisateur/scénariste/producteur et premier rôle) a vu dans Usual Suspects qu'un twist à la fin, un retournement de situation, c'était trop cool. Mais il n'avait pas vraiment le temps d'en pondre un vrai. Alors, c'est une sorte de twist. Ca ne fait que rajouter une touche d'imbitabilité à un film déjà pas très clair.
C'est vraiment très très bien, comme nanard. D'abord le scénario est tout à tour incompréhensible, puis inepte, puis incohérent, et souvent les 3 à la fois. Les décors sont tout aussi somptueux. Ca se déroule essentiellement à Londres, mais certaines scènes sont censées se passer à New-York et à Florence (HL oblige). Donc en intérieur avec quelques stock-shots. A NY, on a droit en plus à une vue d'hélicoptère de la ville dont on se rend compte qu'il s'agit d'une maquette puisqu'à la fin, il s'avère que les voitures circulant sur la highway sont en fait rigoureusement immobiles et ressemblent à s'y méprendre à des majorettes. A Florence, c'est encore mieux : on met des gens parlant ostensiblement italien dans quelques pièces figurant un hopital malgré l'évidence, puisqu'il s'agit d'une baraque tout ce qu'il y a de plus banale sur les murs de laquelle des étiquettes en italien ont été collées, et mal collées d'ailleurs.
Richard, qui a le sens du public, a été confronté à un cruel dilemme : pour accrocher les quelques pervers prets à payer 3 euros pour voir sa merveille, il s'est dit que la meilleure méthode était encore de truffer son métrage de plans nichons suivant une méthode éprouvée par des hordes de tâcherons. Seulement voilà : les aventures de HL se pretent assez mal à la floraison de pouffiasses dénudées. Crotte alors ! Comment faire ? Facile, chers lecteurs : notre sympathique criminel ne va pas s'en prendre au hasard à des cibles anonymes, mais à des membres de la mafia russe, lesquels sont responsables de la mort de sa femme. C'est une vengeance, en somme. Et donc ? Allez-vous me dire. Et bien c'est très simple. Outre le trafic de drogueu, les mafieux s'occupent aussi de la production de films pornos. La voilà, la fesse à foison ! Quel script démoniaque !

Un petit plagiat au passage de Ilsa, Chienne SS, juste pour le plaisir. De dos, la chef des mafieux qui s'occupe de ses tournages dans leurs moindres détails. De face, le plan nichons, qui se donne beaucoup de mal pour avoir l'air d'une grosse chaude perverse.
Mais les acteurs méritent à eux seuls le détour. Dire qu'ils sont en free-style est à des kilomètres en dessous de la réalité. A ce niveau là, ce n'est même plus du n'importe quoi. Même des acteurs faisant ce qui leur passe par la tête ne pourraient atteindre ce niveau de portnawak généralisé. On sent que, quelque part, c'est volontaire. C'est fait exprès. La question est : pourquoi donc ?
Outre HL qui se donne un mal de chien pour nous faire croire qu'il lit l'Illiade dans le texte (et n'y réussit évidemment pas), nous avons droit au personnage le plus stupéfiant de toute l'histoire du cinéma. A savoir le chef de la police anglaise qui ressemble à un violoniste tzigano-hongrois dans les romans Harlequin du siècle dernier. Il porte - et ça fait très mal - un grand feutre sur la tête, un monocle et une écharpe blanche à la Isadora Duncan. Ainsi qu'une incompétence crasse en sautoir.

Comme promis, le fabuleux chef de la police anglaise.
Quant à la super méchante, avec ses lunettes noires, ses mouvements de lêvres méprisants fort subtils et un accent à la Ivan Rebroff, elle nous cloue de terreur à chaque apparition.

Le jeu monolithique de la méchante : le même quelles que soient les circonstances : interrogatoire musclé, brain storming autour du script de Ilsa, cochonne lubrique de Matignon, commande d'un saumon à l'oseille au restaurant ou séance torride avec sa secrétaire.
Pour finir, un des plans ultimes du film que nous allons décortiquer ensemble.

En 1) le micro. Vous allez me dire que c'est assez banal. Sauf qu'ici, il s'agit d'un plan séquence d'une bonne vingtaine de secondes durant lequel le dit micro, stoique, capte l'attention du spectateur avec une facilité qui doit dégouter le bon docteur Lecter (pour tout simplifier, il s'avère être médecin légiste en chef de la police made in UK).
En 2) le corps d'une des victimes. Même le moins attentifs des examens révèle un truc minable en latex. Et la « couture » bien visible semble indiquer que le corps a été moulé en deux parties, collées ensemble par la suite.
Hors champ, un inspecteur de police qui demande à Lecter s'il y a un endroit pour se laver les mains. Un robinet, quoi. Il est bien évident pour tout le monde que l'eau courante est quelque chose d'hautement improbable dans une salle d'autopsie.
Voili, voilou. J'espère vous avoir convaincu de l'indispensabilité de ce chef-d'oeuvre qui ne peut que me confirmer l'ennui incoercible que distille le cinéma français, incapable de produire ces petites merveilles que la putasserie anglo-saxonne strictement commerciale arrive à générer avec trois bouts de ficelle et un mauvais goût au delà des limites communemment admises. D'ailleurs, suite à la malencontreuse affaire du 3 jours, 3 euros, j'ai vu Les écorchés, et je n'en dirais pas plus parce que c'est un premier film et que je ne veux pas être trop salaud.
Et puis, il faut bien le dire : Kannibal gère la douloureuse problématique de l'intimité avec une maestria qui force le respect...
25 août 2007
Pas de titre rigolo, aujourd'hui
Ce week-end, B'. a eu une envie de bébé. Pas une petite, une comaque. Ce n'était pourtant pas le moment idéal ; outre que son bidule anticonceptionnel dans le bras est loin d'être arrivé à échéance, elle avait ses règles. Aucune chance d'agrandrir la famille dans ces conditions.
Et ça nous a fait penser que que si un jour l'heureux évènement advient, on allait devoir se fader nos familles respectives. Pénibles perspectives. Car on a toujours étanchéifié : nos parents nous insupportent à l'un comme à l'autre. Alors ils ne sont au même pas au courant de la présence, de l'existence du conjoint de l'autre. L'idée même des repas familiaux, des piquantes plaisanteries familiales, des insinuations familiales, de la niaiserie familiale, des noels familiaux nous ecoeurent, l'un comme l'autre. On a toujours voulu échapper à ça ; alors on a fait les morts. Rien n'a jamais filtré.
Evidemment avec un gamin, ça ne pourra plus être pareil. On pourrait bien sûr continuer à dissimuler, mais ce sera difficile. Et on a été quand même bien éduqués ; nous serions des monstres de priver les grands-parents de cette joie de leurs dernières années. Alors, on s'est fait une raison. On essaiera juste d'échapper au pire, de refuser le plus gonflant, surtout à répétition.
Et B'. m'a dit qu'elle ne voulait pas qu'on confie le gamin, si gamin il y a, à mes parents. Elle ne veut pas qu'ils lui fassent ce qu'ils m'ont fait à moi. Elle a raison, et j'ai ruminé cette idée jusqu'à ce qu'elle me sorte du lit à 6 heures du matin sans avoir réussi à dormir.
Alors quand ils demanderont à garder l'enfant, pour les vacances par exemple, il faudra dire non. Et il faudra que ce soit moi qui dise non. Pas question de me réfuguer derrière B'. et la laisser aller au casse-pipe. Je ne sais pas où je trouverais le courage, mais il va bien valoir que je m'y colle.
Arriverais-je à leur dire en face que m'ayant battu, humilié, insulté, trainé plus bas que terre, ayant fait de moi un handicapé mental au sens strict, je ne peux pas prendre le risque qu'ils détruisent et massacrent notre enfant ? Oh, ils joueront les étonnés, me feront plus ou moins subtilement comprendre et avec plus ou moins de mépris que je n'ai pas le sens commun ou toute ma raison (la faute à qui ?). Et je leur rappelerai la terreur permanente qu'ils faisaient régner, rien que pour moi, parce que j'étais l'aîné, parce que j'étais le plus brillant, et donc au quotidien le plus décevant vis à vis de mes potentialités supposées. Terreur permanente donc, d'autant plus terrifiante, qu'on ne savait jamais quand les coups et les insultes pouvaient tomber, ce qui me laissait au final dans un état de prostration, incapable d'anticiper et de prévoir une ou des défenses. Mais ce n'est pas de leur faute, ça n'a jamais été de leur faute. Grace à eux, j'ai enchainé une adolescence grise sous le signe de l'humiliation, puis 6 années d'enfer en université, puis des tentatives de suicides, et (corrolairement) des séjours prolongés en HP, puis une vie d'adulte qu'on ne souhaiterait pas au pire de ses ennemis, constellée de psychotérapies sans fin et globalement inutiles, neuroleptiques, antidépresseurs et benzodiazépines comme s'il en pleuvait, jusqu'à ce maintenant, pas terrible, mais où je peux enfin un peu respirer.
Mais ils ne seront pas responsables ; ce sera génétique, du à une lésion au cerveau, un défaut du métabolisme endocrinien, la faute à pas de chance, que sais-je.
Bien sûr, il est très possible que je me dégonfle et que ça se noie dans les euphémismes, les non-dits, quitte à repousser l'échéance jusqu'à l'heure de ma mort ou de la leur. Ils m'ont détruit, et je n'aurais peut-être simplement pas les capacités pour le faire. Ils ont foutu ma vie en l'air. Faut pas que celle d'un possible gamin à moi et à B'. puisse être entachée par une seule de leurs scories.
24 août 2007
Pour vos derniers instants
Je lis des choses super interessantes. Ce que je ne cesse d'ailleurs de vous raconter, histoire que vous compreniez bien qu'il faut bien essuyer vos pieds avant d'entrer sur ce blog. Vous pénétrez, enregistrez bien le concept, dans un espace de sur-intelligence qu'il convient d'admirer avec dévotion.
Dont un merveilleux ouvrage casse-couilles de de M'Uzan, psychanalyste notoire. Que je sois clair : avec l'économie, la psychanalyse est probalement la littérature secondaire à laquelle je suis le plus rétif. Et contrairement à l'économie dont je décèle aisemment le foutage de gueule conceptuel et la fonction idéologique, il n'en est pas de même pour la production freudienne et post-freudienne. Tout cela est terriblement déprimant et ne va pas arranger mes niveaux de dopamine.
Travaillé au corps par les associations d'idées sauvages dont j'ai le secret, je me suis dit qu'avoir une bibliothèque bien rangée aiderait la police dans le cas où l'assassiné, pas mort mais moribond aurait le temps de laisser un petit message dénonçant le meurtrier. Vous ne voyez pas le rapport ? Moi non plus.
Je vais essayer d'être un peu plus clair. Quand une bibliothèque est bien rangée, aucun livre ne déborde, ne fait saillie ; ils sont tous bien alignés. Imaginons maintenant, qu'ayant un couteau dans le gigot, vous décidiez de laisser une petite explication aux futurs enquêteurs, et ce, en évitant que le bad guy, revenant sur les lieux du forfait, ne puisse la détecter, et donc l'effacer.
Non, non, ne partez pas tout de suite, c'est vachement interessant et ça pourra peut-être vous servir un jour.
Donc, un kriss dans le buffet, souffrant comme c'est pas t'y dieu permis, vous vous approchez de la bibliothèque et tirez vers vous, soit un livre, soit deux livres, le reste des ouvrages restant dans le plan initial. Vous obtenez ainsi une sorte de morse en braille (1 livre = un point / 2 livres = un trait).
En respectant un intervalle entre deux symboles et trois entre deux lettres, tout devrait baigner. Vous ne comprennez rien, c'est normal. Dans l'exemple qui suit, les livres alignés sont en jaune, et ceux qui font saillie en rouge.

Le message est donc clair (Sarko m'a tuer), et le commissaire divisionnaire, plein d'astuce et de connaissance de l'alphabet morse, n'aura plus qu'à aller choper le gnôme maléfique à L'Elysée.
Evidemment, n'essayez pas non plus de laisser des messages un peu trop longs ou vos dernières pensées pour la postérité. En effet, je lègue ma fortune à la charmante Odette de La Gare, aux seins lourds, au con frais et au rire cristallin comme une source vespérale necessiterait environ 11 mètres linéaires de bibliothèque (en considérant les intervalles et 2 cm en moyenne par livre - et c'est très optimiste).
En ce qui me concerne, c'est pas gagné, ainsi que le démontre une photo de ma bibliothèque.

Photo de ma bibliothèque (détail)
Il ne me restera donc plus que la méthode classique consistant à écrire le nom de l'assassin avec mon sang sur le sol. En espérant que je n'aurais pas mis de la moquette à ce moment là.
23 août 2007
Mauvais livre
On ne dira jamais assez de quelle manière la lecture peut affecter en mal les jeunes esprits. D'ordinaire, seule la télé est sur la sellette, hou la vilaine, la salope, la vérolée ! Certes, je dois admettre avoir vu à la tivi, étant jeune, un épisode de Sherlock Holmes au court duquel Moriarty tentait de tuer son adversaire en lui expédiant des mygales nuitamment. Et que depuis, j'ai une légère phobie de ces dégoutantes bestioles velues. Mais les livres aussi peuvent corroder les imaginaires presque vierges.
La villa de mes grands-parents était un hâvre d'émerveillement, empli de verrières, d'azulejos au kilo et d'aigle bicéphale des Hasbourg en stuc bronzé. Une bulle protectrice qui me protégeait du monde extérieur et de sa méchanceté ontologique. Dans le sens où, tout à ma joie des découvertes perpétuellement renouvellées, je n'éprouvais aucun désir d'en sortir, l'ennui ne pouvant subsister en ce royaume. Bustes, miniature de chateau-fort, grands cactus et terrasses censemment inaccessibles. Sans compter les appentis. Domaine auto-suffisant, génialement autarcique.
Parfois, par dessus le mur mitoyen au caroubier, je discutais avec le garçon de la propriété d'à côté dont j'enviais les immenses palmiers. Il était atteint d'une maladie incurable, et sa présence lente et fragile ne pouvait constituer une menace pour moi. Je me demande d'ailleurs de quoi nous pouvions discuter, je ne parlais que très mal espagnol et lui pratiquement pas le français.
Pourtant, dans ce jardin d'Eden, quelques avancées du mal avaient fait leur nid. Sous la forme apparemment innocente de la bibliothèque rose. Je ne parle pas de la nouvelle bibliothèque rose, mais de la première du nom, aux couvertures de fait plutôt cramoisies. Il y avait là un exemplaire de Sans Famille, d'Hector Malot, digne représentant de toute cette littérature édifiante qui s'étalait sur l'étagère. Il est bien certain que je ne pourrais en lire plus de 3 pages maintenant, mais à l'époque, j'étais terrifié par cet ouvrage - que je relisais evidemment sans cesse, et en particulier par un passage, littéralement traumatique, où le jeune héros va mendier sa soupe et se fait jeter, bien qu'il « ait été bien poli et ait retiré son bonnet avant sa requête ». De mémoire, bien sûr.
Je pleurais comme un veau, et ne pouvait que reparcourir encore et encore ces quelques lignes, qui m'apparaissaient comme une quintessence de ce qui m'attendait dehors. Terrifié par cette perspective et en larmes de ne pouvoir y faire face.
22 août 2007
Savoir-vivre et trempage de nouille
Nos amies les femmes sont des victimes. D'une société patriarcale. Ce sont surtout celles qui n'ont pas lieu de se plaindre qui ne cessent de se plaindre. Pas celles qu'on tabasse ou qu'on paient avec des fanes de carottes, filles-meres non diplomées dans des provinces sinistrées. Par exemple. Dans un registre différent, c'est un peu comme si OJ Simpson ou Colin Powell se la racontaient crack et ghetto. Mais bon, c'est le principe de la représentation politique/médiatique. C'est jamais toi qui cause, mais toujours le notable du coin pour lequel on vote. Ou le fils/fille du susdit qui écrit les éditoriaux du Courrier Picard.
En particulier, c'est toujours aux gonzesses de se fader la contraception, les mecs, c'est des irresponsables, à un tel point qu'on se demande toujours pourquoi il y a une telle demande de bons maris. Ce n'est d'ailleurs pas tout à fait vrai au Japon, puisque la pilule n'y a été introduite que dans les années 90, et que la capote y représente toujours 75% des méthodes de contraception préventive.
Mais bon, ne pinaillons pas, avaler son cachet quotidiennement sans se tromper, je dis respect et rien que l'idée, ça me gave d'avance. J'en parlais à B'. qui a un implant anti-conceptionnel dans le bras, et que ça me fait mal rien que d'y penser, Elle : mais non, pas du tout, mais moi je souffre pour elle, rien que d'y penser, alors j'évite d'y penser. On a bien envisagé les solutions alternatives. Mais, bon, la capote, comme elle dit, ça manque de spontanéité, et moi, ça me fait mal à la bite (ok, c'est dans la tête, mais le cul, c'est essentiellement dans la tête). Et le préservatif féminin, outre que c'est horriblement cher, c'est comment dire ... L'impression de mettre ses pieds nus dans des bottes en plastique.
Et la pilule pour les zoms, que je lui demande, hein, les miracles de la science, ils sont où ? Minute papillon, qu'elle me répond et va chercher le bouquin de Winckler sur la contraception, pavé hyper-documenté à visées pratiques, ce qui n'est pas rien. Y'en a pas lourd sur le sujet. Ca bosse ferme dans le pharmaceutique, y'a un marché comac contrairement à ce que s'imaginent les pleureuses, mais c'est pas ça pour le moment. Y'a bien des prototypes, mais fiables à 80%. Ou non réversibles. Ou pour lesquels il faut un temps d'adaptation de 70 jours sans d'ailleurs que la fiabilité augmente en conséquence. Ou qui ont des effects secondaires tels qu'on ne sait plus si le conjoint fait encore partie de l'espèce humaine.
Résultat des courses : c'est pas pour tout de suite. Bon, évidemment, Winckler, c'est un mec, y'a donc complot. J'avais oublié ...
21 août 2007
Répétition générale
Un jour, très bientôt, j'arriverai au 300ème article de ce blog. Je m'en rapproche d'autant en tirant honteusement à la ligne comme je le fais maintenant.
Et je l'annoncerai. Que c'est le 300ème. J'ai laissé passé le 200ème, alors son grand-frère, c'est à toute la famille que je le présenterai. D'abord je roulerai des mécaniques, parce que 300, hein, les cocos, c'est pas rien, et que du bon, allez, presque rien à jeter, bon sang, ce que je suis fort, personne ou presque il est capable de tirer du jus de cervelle avec autant de constance et de bonheur. Les titans de la littérature ne seront pas mes cousins ce jour là.
Et puis évidemment, je ferais un BILAN. Sérieux et reflexif , le gusse. Oui, me demanderai-je, quelles conclusions puis-je tirer au terme de cette épopée, conclusions qui se doivent d'être offertes en pature aux lecteurs éventuels, lesquels économiserons ainsi pas mal de séances et donc de poagnon chez l'analyste (surtout s'il est lacanien) ?
Ce sera aussi le moment de pleurnicher un peu sur mon sort, sur le fait que personne ne m'aime et/ou me comprend, et de pouvoir jouer les Grandes Ames en Peine qui vaticinent sur la lande dans une bruine presque opaque. Normalement, c'est peu probable en aout, mais les élements sont avec moi cette année. En bon catholique sevré aux clous du Christ, je montrerai les blessures déchirées de mes poignets, et mon début de gangrène. Le blog, Gross Malheur, Helmut. Et puis, une louchée du gnartiste essouflé, celui dont l'inspiration montée sur un alezan shooté au PCP est partie vers des horizons inconnus. Je ne saurai plus quoi dire, quoi raconter, quoi mettre en scène. Mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Le créateur implorant le ciel en public pour que ce dernier (le ciel, pas le public) lui accorde un peu de ce pouvoir divin de raconter la recette de la pizza aux tetards. Ou de comment sa copine lui fait la gueule parce qu'il a sodomisé le yorkshire dans le lit. Ou un résumé drolatique de la tectonique des plaques. Figure imposée, que voulez-vous que j'y fasse.
Ca finira par la cérémonie des Cesars, où je remercierais ma maman (sans qui rien n'aurait été possible), mon éditeur, Axa-Assurance et la mairie de Paris. J'enverrai des corbeilles de lys vers les fidèles (qui se reconnaitront selon la formule consacrée). Des bisous, des smacks, des roulages de pelle en technicolor, tout ça pour vous, ô amis infatigables et last-but not least, l'annonce prima donnesque de mon retrait qui se muera après force minauderies en « peut-etre ».
Ce sera vraiment très beau, et j'ai hâte d'y être.
20 août 2007
PS
C'est incroyable ! Je raconte n'importe quoi, et personne ne remarque rien ! Dans le mail précédent, j'avais écrit : [...] mon oreiller [...] reste sous mes genoux [...], alors qu'évidemment c'est [...] mon oreiller [...] reste sous ma tête [...] qu'il fallait lire. Et nos lecteurs n'ont même pas rectifié d'eux-mêmes ! Vous en mettez souvent, vous, des oreillers sous vos genoux ?
Ah là là !
On leur donne la quintessence de la crème, et, macache, walou, que dalle, tout aussi incapables de découvrir qui du professeur Moutarde ou de Mlle Rose a tué le gros barbu dans le salon avec le chandelier.
Qu'entend-je ? Que j'ai qu'à me relire aussi ? Ho, mais je me relis ... Et plein de fois, encore. Mais ainsi que mes deux correctrices peuvent en témoigner, cela n'empêche pas la présence de coquilles, encore et toujours, certaines à la limite de la décence.
Sinon, j'ai fait la correction, quand même ...