31 juillet 2007
Paris Rive-Gauche
Il y a des jours comme ça, plutôt le week-end, où l'on se promène dans Paris, le nez au vent. Sans appareil photo autour du cou, parce que c'est lourd, et qu'en plus, on ne nous confond pas avec des touristes lambda. De toute façon, là où on va, le touriste, il peut pas en saisir le concept.
Dimanche, c'était rue du Chevaleret. Ne me demandez pas pourquoi, moi-même je n'ai pas capté aux explications, d'ailleurs fluctuantes, de B'. C'est long, la rue du Chevaleret, mine de rien. Ca n'a pas enormément de charme, mais si un peu quand même, surtout lorsqu'on contemple par erreur les étrons vitrifiés mitoyens à la BNF (vers l'est). Mais on y reviendra.
Au bout de la dite rue, on découvre une gare abandonnée, probablement Masséna, d'avant que le Président Mitterand n'ait fait caca par terre et n'ait obtenu une bibliothèque à son nom avec la station de RER et Métro fournies en sus. Et qui ont rendu Masséna inutile. Ancienne gare de la petite ceinture, reconvertie en point d'arrêt RER, Masséna est promis à la démolition à brève échéance comme les 20000 hectares alentours, mais pour le moment, permet d'accéder à la petite ceinture avec une facilité déconcertante. On se demande à quoi pensent les ectoplasmes de la mairie de Paris.
En marchant un peu sur les extérieurs, on peut pénétrer par le sud-est dans la zone encore en construction et découvrir avec une joie qui serre le coeur, la sombre merde dénommée Paris Rive-Gauche par quelque cousin de Delanoe au service de la com. Cousin peu doté en neurones et en imagination. Moi j'aurais appelé ça Sam'Suffit-Land. Mais bon, la démocratie participative, c'est juste pour faire joli, ton avis, camarade électeur parisien, tu sais ce que tu peux en faire.
Evidemment, la question de savoir quel est l'intêret d'avoir refait la Défense dans Paris intra-muros est totalement hors de propos, et dénote un esprit à la fois réactionnaire et anti-humaniste. D'ailleurs, le site de la capitale nous explique bien que ce n'est PAS du tout le cas. Et le répète moultement, parce que pour le pékin moyen peu au fait des brain-stormings qui agitent le monde iridescent de l'urbanisme municipal, ce n'est pas très évident.
Déjà, même un golio de base comprend bien la stratégie électoraliste du projet : en injectant des immeubles (tartes) hors de prix, on attire des hordes de sous-péteux normalement scotchés dans le 9-2, qui vont faire basculer le vote vers les forces de progrès que nous allons apprendre à connaitre pendant encore au moins 5 ans. D'un autre côté, que ces sous-humains s'entassent là-bas, c'est très bien, ils n'iront pas polluer alilleurs.
Ensuite, il est assez fascinant de constater que sur un chantier de cette envergure, pas UNE seule idée n'ait su émerger. Pas UNE. Un village minier du nord de la France est plus pétulant. Et moins chichiteux.
Et puis, il n'y avait qu'en Roumanie que le neveu de Ceaucescu (celui qui avait la clé du coffre à pognon BTP) pouvait afficher son portrait le long des rues pour l'édification des masses. C'est ce que je croyais. Mais non : A Paris, on peut voir les sales gueules satisfaites des nains responsables de la plate nullité qui s'étale. Fascinant. Question à B'. :
- Putain, mais comment on devient urbaniste pour faire ces merdes ?
- Ben, on suit une école d'urbanisme, et ensuite on suce des queues.
Y'a plus de jeunes filles.
Dernière remarque : Primo Levi, de son vivant, aurait-il apprécié qu'on baptise de son nom, une rue minable dans un quartier minable ? Même chose pour Gosciny.
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