Mémoires d'un apathique

C'est hyper cool et c'est vachement bien !

30 juin 2007

Mitchell / Marcus

Pour une fois, je vais vous parler de livres. Ce que je ne fais jamais ou presque, malgré la quantité industrielle de bouquins que j'enfourne avec une précision de sertisseuse. Et ce pour plusieurs raisons :

  • Personne ne lit de livres (allez, avouez !)
  • Quant bien même ce serait le cas, tout le monde s'en fout. Ou plutôt qui se sentirait remué par une critique par dessus la jambe au point d'entamer la lecture conseillée ? Surtout quand elle est déconseillée.
  • Enfin parler d'un livre me parait un peu superfétatoire. Une sorte de paraphrase inutile. D'un autre coté, je donne bien mon avis sur le cinéma ce qui est autrement aberrant (traiter d'une forme de création par une autre, à mon avis pas vraiment compatible).

Donc, nous allons commencer par Ecrits fantômes de David Mitchell (Editions de l'olivier) qui est une grosse bouse prétentieuse. Comme cela, vous êtes fixés. Jusqu'à présent, naïf et peu au fait de la maliginité des choses humaines, je conspuais certes la critique française mais gardais au fond de moi une sorte de respect informulé pour sa consoeur anglosaxonne. Il ne fallait pas. Les critiques ricano-britanniques se tripotent honteusement avec les mêmes références qu'ils ressortent à tout bout de champs et en dépit du bon sens. Comme de bien entendu, le livre est étourdissant et évoque Calvino et Borgès. Pouf pouf. C'est ce qu'on appelle en franglais du name dropping. Autrement dit je sors mon cours de première année, je prends les noms soulignés en rouge comme me l'a demandé le professeur, et je les étale avec le sentiment du devoir accompli. Disons le tout de suite : aucun rapport avec Borgès (Calvino, je ne sais pas trop). Il est pourtant assez simple de se saisir d'un livre de l'argentin (ils sont peu épais) et de s'apercevoir de l'absence de tout rapport avec le livre de Mitchell.
Qu'est-ce qu'Ecrits Fantômes ? Eh bien, c'est un livre choral, c.a.d un livre avec une floppée de personnages s'agitant dans des endroits tout aussi variés, endroits plus ou moins hypes (Tokyo, Hong-Kong, St Petersburg, Oulan-Bator, on n'échappe à Beijing que par le plus grand des hasards). Il y a donc une multiplicité de points de vue, ce qui, a priori devrait nous permettre d'échapper au bon gros roman à la papa. Disons tout de suite que le livre choral n'est pas (plus) un principe très muy original. Evidemment, ça bluffe un pigiste du Guardian, qui n'en revient pas d'autant de modernité dont il n'avait pas entendu parler jusqu'à présent. Le problème, c'est qu'en matière de livre choral, par exemple, Monsieur watson doit mourir (P. Matthiessen) est d'un tout autre niveau (bien que la dissémination géographique soit moindre) et il est étonnant de ne pas le voir cité par les fourgeurs de dythirambes. Mais on est une brelle inculte ou on ne l'est pas.
Ensuite on apprend que [c']est une injection de culture pop dans une expérience post-moderne. Oui, oui. Texto. Post-moderne semble ici signifier que c'est pas du Joyce, mais un truc plus fun et cool. Plus djeunz. Quant à la culture pop, elle doit provenir des localisations hypes et aussi d'un style qui se relache de plus en plus pour aboutir à une sorte d'oralité à deux balles. D'ailleurs pour être honnête, c'est à ce moment là que j'ai laissé tomber, vers les 2/3 du bouquin. En tout état de cause, les dialogues de Boulevard de la mort sont autrement plus convainquants en tant qu'éléments d'une éventuelle culture pop.
Pour ne pas être entièrement négatif, certains passages d'Ecrits Fantômes ont une certaine élégance et, oserais-je le dire, procèdent d'une certaine poésie. Mais ils sont rares et donnent l'étrange impression que ce n'est pas la même personne qui les a écrits. Le chapitre sur la vieille chinoise, par exemple, semble sortir d'un numéro spécial de Courrier International sur la Chine, rien ne nous est epargné (les seigneurs de la guerre, la prise du pouvoir par Mao, le grand bond en avant, la révolution culturelle, ...) avec une sorte d'application scolaire tout à fait ridicule.

Voilà pour le mauvais livre.
Passons au bon, ce qui devrait être plus bref, tant il est vrai que les louanges sont un exercice autrement périlleux et encore plus superfétatoire, comme il a été dit plus haut.
Voici donc sous vos yeux émerveillés, Le silence suivant Jane Dark de Ben Marcus (le Cherche Midi). Dont je me méfiais a priori du fait d'une critique énamourée de Rick Moody, écrivain assez médiocre, et d'un 4ème de couverture qui annonce, ni plus ni moins, une expérience ultime en matière de fiction. Mais tenez-vous bien : c'est vrai ! c'est une expérience, sinon ultime, du moins assez unique. Et pour une fois, on pourrait citer Borgès, ce qui n'est pas fait, trahissant peut-être une pudeur de la part du Cherche Midi que je salue bien bas. Enfin, c'est ce que j'aime croire. Gébé pourrait être mis aussi à contribution s'il était considéré avec le respect qui lui est dû. Mais ne rêvons pas trop.
Alors de quoi ça cause ? Bonne question. A laquelle je ne pourrais répondre. De besogneux esprits pourraient parler d'une métaphore sur la guerre des sexes aux USA ou sur l'emprise des media. Ou autres fariboles laborieuses pour news-magazines (ou pour profs de lettres). Je préfère croire à la non-balourdise de Marcus et penser qu'il en est resté à une entreprise démiurgique, emporté par la (re)création d'un monde où - effectivement - les femmes ont pour mission d'imposer le silence. Ce qui est un résumé pour le moins desséché et desséchant du bouquin.
Dont le mode de narration est surprenant. Bien que sous-titré Roman, cette oeuvre n'en est pas un au sens strict du terme. Les chapitres s'enchainent sans ordre apparent, explicitant a posteriori les obscurités des précédents, certains se présentant comme des listes de faits, de dates et de personnages, d'autres pastichant les notices explicatives des médicaments ou prenant le lecteur (voire l'éditeur) à partie.
Inutile de dire que nous sommes à 20000 lieues du roman à la papa. Et d'ailleurs, comme je l'ai dit, ce n'en est pas un. Pour être tout à fait franc, l'idée que cela puisse être un foutage de gueule généralisé n'est jamais très loin.
Un livre très frustrant aussi : passionnant, mais dur à digérer, tellement loin du pré-mâché qu'il est difficile de lire, disons, 30 pages d'affilée sans souffler. Alors qu'on meurre d'envie de rester dedans, une expérience immersive rare et envoutante.

Voilà, vous savez tout. Signalons que les deux ouvrages sont disponibles dans les bibliothèques municipales (de Paris).


 

Posté par memapa à 00:19 - Kultur livresque - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 juin 2007

Dresden Memories

DRESDEN MEMORIES (2003) De Gregory Kulanovky

dresden Sorti en Direct-to-DVD, ce film franco-lituanien aurait mérité le grand écran. D'abord, parce que les films français le méritant effectivement ne sont pas légion. Même s'il est à moitié balte. Ensuite parce que le pitch nerveux et étrangement inventif (pour une production nationale) est à marquer d'une pierre blanche. Jugez-en plutôt : Dans un futur proche, les chômeurs de longue durée sont parqués dans des sortes de camps, de transit, suivant la terminologie officielle, mais qui ne conduisent finalement nulle part, sinon à la création de ghettos en lointaine banlieue. Dans l'un de ces lagers, une épidémie inconnue se déclare. Sophie, fonctionnaire du ministère de la santé y part enquêter. Je ne vais pas spoiler et je ne vous révèlerais donc pas la suite des évènements.
Passons tout de suite sur ce qui fâche, à savoir une HD dégueulasse qui n'a rien à envier aux DV les plus craspecs. Et un pseudo-scope des plus étranges. Un manque de budget flagrant aussi qui  nuit  à la  crédibilité des  internés, à la fois peu nombreux (pas plus d'une vingtaine par plan) et en trop bonne forme. Toutefois, malgré ces handicaps, le film réussit avec des moyens très réduits à rendre un futur possible assez bluffant, qui par moment atteint les niveaux de réalisme ou plutôt de plausibilité du Fils de l'homme.
Chose suffisamment rare pour être signalée, l'histoire d'amour pressentie dès le premier quart d'heure ne sombre pas dans la mièvrerie, et on ne peut que saluer la prestation d'I. Konlakova, interprétant un sous-fifre ministériel complètement perdu, désorienté, et incapable de croire que son avenir pourrait être l'étique et cynique interné qu'elle ne cesse de croiser dans l'abattoir transformé en camp (Le titre provient évidemment du roman de K. Vonnegut, particulièrement durant le survol par ... Non, je ne raconte pas la fin !)
En résumé, un excellent petit film, extrèmement ambitieux (un petit peu trop au vu du budget), pas juste un B-Movie réussi, le cran au dessus. Largement au dessus, même. Environ 15 euros chez MK2, ce n'est vraiment pas cher payé ...

Posté par memapa à 08:00 - Les films bons, oh que oui ! - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2007

Ha ho ! Les produits laitiers !

Comme tous les salauds de pauvres que vous êtes (et moi aussi), vous ne recevez pas la merveilleuse prose que chaque groupe industriel envoie à ses actionnaires.
Vous ne savez pas ce que vous ratez.
Et vous vous imaginez des choses. Comme quoi ces salauds de patrons se goinfrent de la sueur des travailleurs avec une cuillère (à soupe) en or. Tout en fumant des cigares gros comme ma cuisse avec un haut de forme sur la tête.
Mais pas du tout.
Bande d'archaïques.
Les patrons sont des gens hyper-cools. Kikoos, pourrait-on dire.

danone

Bon, lui, c'est Franck Riboud, PDG de Danone. Sympa, non ? Decontrassté et souriant. Rien à voir avec le méchant loup-garou qu'une certaine presse (tirant à moins de 5000 exemplaires) se complait à conspuer.
Déjà, il s'appelle Franck. Pas Francis. Franck. Il aurait bien aimé s'appeller Franckie, mais le big boss de la com lui a dit que ce serait un peu too much. Il y a aussi un paquet de vieux cons, genre cathos tradis, parmi ses actionnaires. Faut pas les affoler non plus. Il sait de quoi il parle, le manitou de la com. Il a fait Science-Po. C'est comme poser en tongs et bermuda. Ca passe pas bien.
Mais l'important, lui a dit le Petit Père de la com, c'est de sourire, sur le côté, ça fait plus spontané, on a l'impression qu'il parle à Momo (Conducator des ventes) et lui raconte l'histoire du rabbin qui en avait trois. Trop fun, le Franck. Un homme simple comme nouzôtres, quoi. En plus, c'est le fils de son père, donc une illustration des vertus familiales.

Après une page brute de fonderie (sur l'envolée du marché des biscuits en Asie), le volet social, car Danone est une entreprise ? Une entreprise quoi ? Citoi quoi ? Citoyenne ! Bravo dans le fond. Donc développement durable, machins pas très clairs autour du micro-credit, et yaourts à volonté et pas chers pour les petits gnenfants du tiers-monde. Le retour des dames patronesses post-modernes.
Pour tout dire, on apprend que Aujourd'hui la mission d'« apporter la santé par l'alimentation au plus grand nombre » est partagée par tous les collaborateurs du groupe.  Vous avez bien lu : n'importe lequel des cadres décérébrés de chez Danone est conscient de la mission de la boite pour plus de justice, de bonté et de proteines dans le monde. On ne l'aurait pas cru, étant donné qu'ils semblent plus préoccupés de changer de béhème tous les deux ans, d'acheter une baraque dans des ghettos de pairs et d'envoyer leurs gamins dans des lycées privés.

Il y croit le Riboud, à toutes ces conneries ? Difficile à dire. En partie probablement. C'est bien là le drame. Mais de toute façon, le problème n'est pas là. C'est la com qui a pondu ça. Pas l'ami Frankie. C'est une sorte d'exercice de style obligatoire pour la mongolo-band payée pour ça.


Sources : Lettre aux actionnaires, mars 2006

Posté par memapa à 00:33 - Choses vues - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juin 2007

Des hommes pas très remarquables

J'ai regardé il n'y a pas longtemps Rencontres avec des hommes remarquables. De Peter Brook. D'après le livre éponyme de Gurdjieff qui y racontait les premières années de sa vie.
Le film en lui-même ne présente pas un intêret magistral, ni bien, ni mal, plutôt longuet, mais en tout état de cause, cela semble être du à la matière première,  le livre, que parait-il il suit fidèlement.
Ce qui stupéfie, c'est que cette production est présentée comme « inspirée de faits réels ». Il ne s'agit donc pas d'une fiction. Alors que pour tout spectateur un peu au fait des formes de narration, il ne s'agit que d'un roman-feuilleton auprès duquel les aventures d'Indiana Jones font figure de documentaire.
Que je vous explique : le jeune Gurdjieff part à la recherche du sens de la vie - vers le début du XXème siècle. On est content pour lui et on attend avec curiosité la suite des évènements. De proche en proche, il tombe sur une carte cachée depuis l'origine des temps (en bon état d'ailleurs la carte). Lequel document permet de localiser un monastère où est maintenue vivante une tradition remontant à « avant les sables de l'Egypte ». D'aaaaccooord ! Suivent des péripéties assez confuses qui font que Gurdjieff retrouve le dit monastère non pas à l'endroit indiqué sur la carte mais à environ 15000 kms de là. On a droit alors à des danses et exercices gymniques associés à une sagesse millénaire. Le tout, extremement grotesque et mal décalqué des cérémonies souffies.
Quand je parlais de roman-feuilleton, il ne s'agit pas d'une exagération de ma part : la quête initiatique, la carte au trésor, les protagonistes qu'on croisent et recroisent sur différents continents en dépit de toute vraissemblance, la cité cachée remontant à l'aube de l'humanité, cette dernière constituant le truc obligé (qu'on songe à Pierre Benoit ou à Lovecraft, voire à Dumas). Et je ne parle évidemment pas de tout ce qui contredit les sciences historiques et/ou archéologiques.
Bref, on reste un peu stupéfait que les mémoires de Gurdjieff n'aient pas été identifiées comme telles (une histoire qui ne tient pas la route) par tant de bons esprits (à commencer par Brook lui-même). Et que donc, Gurdjieff n'ait pas été catalogué in petto comme gourou-escroc (il en apparait un tous les 10 ans à peu près). Cela doit tenir au fait que tous ces bons esprits, membres de la haute société et nourris de hi-culture, n'ont probablement pas été sevrés aux pulps dès leur plus tendre enfance. Que tous ces bons esprits n'aient pas eu une once d'esprit critique ou une connaissance même superficielle de l'histoire et en particulier de l'histoire des religions est un peu plus inquiétant. D'un autre côté, la nullité des élites n'est plus à démontrer, il suffit de voir comment, par exemple, la secte Moon a pu s'approcher des cercles de pouvoir dans différents pays.

A peu près à la même époque, Howard racontait les histoires de Conan, grand guerrier venu d'Hyperborée combattant les hommes-serpents de Valusia. Personne, étrangement, ne semble l'avoir pris au sérieux...

Posté par memapa à 06:16 - Les films euh ... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juin 2007

Mots clefs

Je vais faire comme tout le monde : vous parler des mots clefs qui permettent d'arriver chez moi. Oui, je sais, c'est facile, c'est le pitch le plus paresseux qui soit. Mais c'est ça, ou je vous raconte que Paris-Toulouse en TGV, c'est 5h30, donc 3 heures de trop, et en plus, on arrive à Montparnasse avec la ligne 4 à l'autre bout du monde. Choisissez ...

Mais je vais choisir pour vous et vous narrer, fume-cigarette au bec et raybans sur le nez, qu'un quidam s'est pointé chez moi suite au topic : films qui commencent par Ilsa. Je ne sais pas qui tu es, ô ami des bons films de bon goût, mais je puis te donner la réponse tout de suite. Il s'agit de :

  • Ilsa, chienne SS
  • Ilsa, tigresse de Sibérie
  • Ilsa, gardienne du Harem (vraiment mauvais et répugnant).

Sans compter celui qui n'a jamais été tourné, à savoir, Ilsa contre Bruce Lee dans le triangle des bermudes (authentique). Mais j'en ai déjà parlé, je crois...

ilsavsbrucelee

Voilà, tu sais tout, cher cinéphile exigeant...

Posté par memapa à 01:12 - Tout venant - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juin 2007

C'est ça le secret ?

- (...) Sors de ce truc dégage. Fait des mômes qui jouent au ballon dans le jardin. Trouve-toi une nana avec qui c'est chouette de discuter, qui aime sucer la bite et se faire enculer. Dégotte-toi un barbecue, un coucher de soleil et apprécie la vie.
- C'est ça le secret ?

Rob Roberge, Panne Sêche, Série Noire, 2005

Posté par memapa à 08:18 - Citations - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2007

Quand je meurs

Quand je meurs, les gens viennent me voir. Une fois que j'ai été un peu rafistolé et qu'on a retiré les bouts de métal, parpaings et plastoc haute densité. Quel malheur, quel grand malheur, alors qu'il avait de si belles années devant lui, et ce front puissant, ces mains à frotter les anges, quelle perte pour nous tous. Peut-être mais il est quand même un peu ventripotent.
Il y a toujours un sale con parmi ceux qui défilent dans la chambre mortuaire.
Quand je meurs, je finis enfin de respirer le sable, les durillons broyés et autres saloperies. Les nerfs se posent au fond du lac étale. Les os cessent de se battre pour la première place.
Les pleureuses pleurent. C'est bien la moindre des choses.
Les prélats agitent l'encens et clament à la foule qu'à la tartine de merde se sont substituées la paix et la félicité éternelle.
Les petits enfants tripotent en douce les orteils qui dépassent pour voir comment ça fait quand c'est froid.
L'embaumeur m'éventre et remplace la gluante machinerie par de la bourre bien propre, me sculpte un joli sourire et me met du rose aux joues.
Quand je meurs, c'est toujours au mauvais moment, un lendemain de coupe de monde de foot, les porteurs titubent, les chevaux renaclent, le cercueil tombe de la falaise et s'abat sur une barque de pécheurs d'holoturies, c'est le jour des morts-vivants et le cimetierre est inaccessible. 
Quand je meurs, le Comité d'Entreprise abat à la hache 6 hongres et autant d'esclaves, puis met le feu au tertre tandis que le radeau  s'avance  lentement dans l'océan encombré d'icebergs.
Quand je meurs, un essaim de faucons est laché, récalcitrants porteurs du filet destiné à récupérer mon âme au vol.
Quand je meurs, tout le monde s'emmerde. Et moi le premier.

Posté par memapa à 08:41 - Ma vie qu'elle n'existe pas vraiment - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juin 2007

En terrasse

J'ai essayé d'être créatif. En terrasse. Avé une mousse. Et des clopes. Et un gros cahier à spirales. Tout le matos, quoi... Parce que mon problème, ce n'est pas de ne pas avoir d'idées, mais plutôt d'en avoir trop.  Alors, il faut que je me pousse au cul, histoire de finaliser un peu. Et ce n'est pas en restant chez moi, foutoir dépressiogène et malodorant, que je risque de concrétiser quoi que ce soit. Donc, à l'ancienne, au vu et au sus de tout le monde. Avec, vaguement derrière la tête, l'idée qu'une mignonne, subjugée par tant de créativité foutrement romantique, va me brancher et que je pourrais l'inciter à monter chez moi voir ma collection de raretés autographes d'Isidore Ducasse.
En fait, j'en chie comme un russe, car il y a des années que je n'ai pas tenu un stylo, et ma laborieuse écriture ressemble à des graffiti de parkinsonien cocaïné. Sans compter un début de crampe au poignet. Ouais, chochotte, on peut le dire.
Et plutôt qu'une ravissante, voilà qu'un quidam se pointe, en train de parler marketing stratégique dans le portable. Juste à coté de moi, il se pose, l'ignoble. Sauf qu'il n'a pas la dégaine à parler de marketing stratégique dans le poste. A la rigueur, dans le quartier, il peut faire illusion. Mais on ne trompe pas un vieux de la vieille comme moi. Sans compter qu'il a une voix trainante et mal assurée ; neuroleptiques ou héro, je ne sais pas. Ou les deux. Pas que la voix d'ailleurs. Il se lève avec difficulté pour aller prendre sa commande et me demande de veiller sur son cartable. Bon parano comme je suis, je me dis putain un terroriste qui laisse le colis piégé, que va dire ma maman quand on lui rapportera mon corps sous forme de lamelles qui remplissent à peine une soucoupe ? Puis, tout de même ... Al Qaïda ne va pas recruter des largués pareils. Ou alors, ils sont très très forts.
Le mec se pointe avec un pastis et une carafe. Moi, j'écris, fou de joie intérieurement de ne pas être promis à la dispersion en milliers de fragments.
J'écris.
Encore et encore.
Le mec balance le contenu de son verre sur le trottoir.
Rien de grave ; je continue à écrire.
Un bruit immonde. Le mec a rempli le verre avec de l'eau et a glaviotté dedans : il jette le tout sur le macadam.
Faisons comme si de rien n'était.
Il recommence, une fois, deux fois, trois fois.
Puis s'en va.
Je respire un peu, quand même...

Ce que j'ai écrit ? Top secret. Tout ce que je peux dire, c'est que c'est le FBI qui a fait le coup.

Posté par memapa à 08:28 - La vie des bêtes - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juin 2007

Sword and Sandals new look

- Alors c'est quoi le plan ?
Les scénaristes lèvent péniblement la tête. Enchainés depuis des mois à leur table de travail et nourris de mauvais gruau tiédasse, ils ont à peine la force de remuer les oreilles. Plus en forme, ayant appris à me nourrir de débris de tarentules depuis mes aventures dans les mines du Roi Congélo, j'ai été désigné de manière tacite comme porte-parole.
- Ben, une histoire de sword & sandals
- Gueu ?
- Sword and Sandals, épée et sandalettes. Un film à la Conan, quoi. C'est mieux de causer comme à L.A, ça fait plus pro.
- Putain, trop original. Et les armées de barbares venus du nord, tu les fais comment avec 2000 euros ?
- Ben, c'est un court-métrage, boss ... Et puis, y'a un concept, boss ...
- Un concept, voyez-vous ça ...
- Ouais, en fait, c'est un Sword & Sandals dans la vie réelle. A vrai dire, on préférerait faire la même chose avec un post-nuke. Y'a que du bénéf avec un post-nuke : les 5 premières minutes, on utilise des stocks-shots de déserts, de ruines, de foules en délire, de varans et tutti quanti. Avec une voix off et sépulcrale qui raconte que, tout à leur folie, les hommes n'ont pas su empécher la catastrophe écologique ou la guerre nucléaire. Genre prophéte vétérotestamentaire. Comme dans Virus Cannibal. Que du bon, chef. On pique les stocks-shots les plus honteux qui soient (grain, format, dominantes de couleurs qui changent de l'un à l'autre). 5 minutes sur un court-métrage, c'est cool. D'autant que ça permet de faire de l'ironie, et de la citation super à la cool, avec des références sorties de navets ritals des années 80. Tarantino est enfoncé, là.
- Ouais bon, admettons. Mais encore ?
- Ben, dans le monde-après-la-grande-catastrophe, Bob, notre héros, vaque à ses occupation : en costume ringard, mais en bagnole kitée comme dans Mad Max (ou mieux comme dans 2019 après la chute de New-York). Il arrive au bureau, une friche industrielle, où bossent des rangées de mecs sur écran. Un peu comme dans Brazil. Sauf que là, l'ambiance, c'est plutôt Hells Angels post-punk pleins de piercings, qui font de la saisie. Ou qui discutent de leur yorkshire autour de la machine à café. Ou alors, on va chez Carrefour acheter des produits commerce équitable en même temps que des hordes de mutants.
- C'est un peu léger. Pour ne pas dire potache...
- Bon faudrait quelques subplots...
- Comme quoi ?
- Ben si c'est du Sword & Sandals, il faut aller délivrer la fille du patron enlevé par Krull le Nécromant Maudit d'Hyperborée. Si c'est du post-nuke, c'est un peu pareil, sauf que c'est des poursuites démoniaques en 125 dans des carrières désaffectées.
- Ok. Mais vous en avez des ...
- Subplots
- Me prenez pas pour un con. Vous les avez, ces sous-intrigues ?
- Ben, vu notre régime alimentaire, on n'a pas des neurones très fulgurantes ...

Nos amis les scénaristes vont-ils réussir à avoir un peu plus de 1500 calories par jour ? Voire des protéines ? A boire l'eau avant qu'on la croupisse ?

Vous le saurez au prochain épisode de ce passionnant documentaire sur les affres de la création.

Posté par memapa à 08:48 - Ma vie qu'elle n'existe pas vraiment - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2007

Dimanche 17

Dimanche 17 au soir.
Tout le monde est content.
l'UMP par ce que ce sont les maitres du monde en valeur absolue.
Le PS parce qu'ils ne vont pas être réduits à une demi-équipe de foot.
B'. parce que Martine est élue.
B. parce qu'il a réussi à extorquer un hors-d'oeuvre à sa mère.
Moi parce que le bus arrive dans moins de 6'.
A la télé, les têtes de cons se succèdent pour bavasser comme des batraciens dotés de parole un peu par hasard.
Gerard Careyrou explique que 80% des électeurs de Bayrou ont voté PS. Malgré une remarque comme quoi ça contredit un peu les études de la SOFRES, il insiste. Il le sait. Pourtant on ne voit pas la boule de cristal, ni le bouc éventré dont il est en train de lire les entrailles.
« Débat » entre deux pines larynxées : échange de slogans, pas de phrase de plus de 10 mots, n'excedant pas 20 secondes au total. Essayez d'expliquer quoi que ce soit en moins de 20 secondes. Juste pour voir.
Balkany et Devedjian sont réélus. Malgré les casseroles qu'ils se trimballent. Je pensais qu'ils étaient frappés d'indignité nationale et qu'ils cassaient des cailloux à Cayenne.
2/3 des français pour un gouvernement d'union nationale et/ou de réconcilitaion. 2/3 des français sont des cons et l'on se demande dans quel monde ils vivent (et s'ils sortent des fois le dimanche).
Pendant ce temps LCI continue à essayer de faire croire à sa neutralité. Baverez raconte que la France qui tombe va tomber mais peut-etre pas si le Maréchal-Président a des couilles au cul. J'écoute pas. Qui c'est ce mec ? Combien y-a-t-il d'économistes en activité en France ? 1000 ? 2000 ? Pourquoi toujours lui et sa tronche de celui qui a vu le loup, lequel l'a enfilé à sec ? C'est quoi la légitimité de ce mec ? A part d'être comme cul et chemise avec Elkabach ?
La 1ere circonscription de Paris (Vert) dont on rappelle qu'elle est appelée Boboland (Par qui ? Par LCI ?). Curieux, personne ne juge bon de dénommer Mafialand les circonscriptions de Marseille (Majoritairement UMP).
Baverez déplore que les lois contre la pédophilie empêchent la venue des capitaux étrangers. Naannn, je déconne. N'empêche qu'à tout prendre, je préfèrerais Milton Friedman.
25 fois par minute, la séparation Hollande/Royal. Histoire de pieds qui puent. Et pas chez qui l'on croit. C'est un scoop.
Dubatifs devant les scores en banlieue. Le reste ne nous étonne pas : les bras-cassés, les assistés, les brelles, les trouillards ont voté UMP. Normal. Mais la région parisienne ? B' : Le banlieusard, à part sa bagnole, son pavillon et son clébard ... Suis un peu scié. Merde, j'ai une Ulrike Meinhof dans mon lit ?
On se couche.
Demain il fera beau...


Posté par memapa à 11:35 - Choses vues - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »