11 mars 2007
Fournier

Essayez pas de faire comprendre à des ploucs que vous êtes désintéressé, ils arriveront jamais à s'en convaincre, y'a pas de place pour cette notion là dans leurs petites têtes. Toute leur éducation a été faite dans le sens du maquignonnage. Toujours être « plus malin » que le type d'en face. Pas leur faute. Pas la mienne non plus. Pour tirer quelque chose des ploucs faut avoir ce que je n'ai pas, des liasses de gros billets à leur faire passer sous le nez. Grâce à ça, on peut tout obtenir des ploucs. A près, y'a plus qu'à remettre les billets dans sa poche. Vous en veulent même pas. Vous trouvent « drôlement malin ».
Ce texte est extrait de Où on va ? J'en sais rien, mais on y va de Pierre Fournier. Fournier bossait à Hara-Kiri au début de années 70. Un autodidacte, un des types les plus brillants qu'il m'ait été donné de lire. Un oublié, alors qu'il était à mon avis un génie, parfois un peu confus et contradictoire, mais un génie, je pense. Un génie modeste, qui plus est.
Les ploucs de Fournier sont ici des ploucs au sens strict ; des ruraux madrés. Mais ce texte reste d'actualité. D'ailleurs, il concluait ce texte par Pas qu'avec les ploucs que ça marche, d'ailleurs. Avec tout le monde, dans une société où les gosses sont élevés dans l'hypocrisie de la hiérarchie et le respect des SICAV. Ca marche très bien en particulier avec les néo-ploucs urbains, à savoir les cadres, et tout particulièrement avec la sous-branche des commerciaux et financiers.
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