Je me suis fait arnaquer à la médiathèque. Comme un bleu qui s'imagine avoir gagné une Maserati à un concours. Oui, sauf que c'est Maserati, le fabriquant d'épluche-légumes bien connu. Et donc, je vois dans les rayons La nuit des morts-vivants, et je me dis, super, ça fait longtemps, c'est un classique en plus, il faut que je l'aie. En fait, il s'agit du remake de. J'ignorais même qu'il existait. En regardant bien la pochette, au lieu de me polariser sur le nom de Romero, j'aurais surtout remarqué celui de Ménahem Golan. Oui, le Golan de la Canon. Et j'aurais compris de suite ; et me serais aperçu que le film est en fait réalisé par Tom Savini, qui, si je ne m'abuse, est maquilleur en temps normal.

Oh, ce n'est pas un mauvais film. Pas mauvais. Juste inutile. D'autant que l'histoire est bien connue et que la direction d'acteurs est épouvantable (les sous-titres sont des plus étranges aussi, used to be étant traduit par utilisé à être, par exemple). Le script qu'a écrit Romero ne change vraiment que vers la fin, avec les zombies transformés en divertissement par les rednecks exterminateurs, en particulier ce plan saisissant où des morts vivants suspendus par les pieds à la branche d'un arbre sont utilisés comme cibles semi-vivantes, tressautant à chaque impact. Idées qu'il reprendra d'ailleurs dans Land of the dead. L'ennui, c'est que c'est très très lourdement explicite ; mais très, alors, puisque l'héroine dit à voix haute devant ce spectacle un truc du genre Nous ne valons pas mieux qu'eux. Merci, on avait compris.

Bref, un moment de perdu, pas même un nanard, même si un des zombies sur lequel Barbara tape avec un tisonnier est clairement un torse en latex qui semble faire boing-boing à chaque coup, voire coin-coin, comme un canard en plastique. Ce qui est d'ailleurs confirmé par le making-of.