27 novembre 2006
Sont forts ces chinois
Sont forts
ces chinois ...
J'ai déjà raconté qu'à Beijing, j'avais fait une orgie de DVD vendus par des
revendeurs à la sauvette dans la rue.
Ce que je n'ai pas raconté, c'est que, méfiant, arrivé chez moi, j'ai fait un
premier tri : en effet je me suis vite aperçu que les indications de langues
n'étaient pas toujours respectées. Ce que je veux dire par là, c'est que la
pochette peut très bien indiquer Cantonais sous-titré anglais, le fait
est qu'en pratique la piste de sous-titres anglais a disparu au profit de deux pistes chinoises (idéogrammes classiques et
simplifiés). Je me retrouve ainsi avec des DVD coréens sous-titrés mandarin ou
cantonais sous-titrés mandarin (dans ce cas là, c'est rageant puisqu'il s'agit
de deux Johnnie To inconnus au bataillon). Un petit quart de
"déchets", disons ... Sans compter les OVNIS : 1) d'une part deux DVD
japonais censés être sous-titrés en anglais, mais qui le sont en mandarin. Pas
si classique que ça, puisque la piste audio n'est en fait pas en japonais mais
en anglais avec un épouvantable accent japonais. 2) D'autre part des DVD US,
avec piste audio US, et des sous-titres anglais, mais qui semblent avoir été
extapolés soit de la piste en idéogrammes, soit phonétiquement depuis l'audio.
Parce que ça ne veut rien dire, et ça emploie d'ailleurs des mots qui
n'existent pas en anglais. Très très étrange, d'autant que cette piste
sous-titres est de toute évidence rajoutée avec une police immonde à moitié
illisible.
Hier soir, on devait aller voir Retour de Flamme au Trianon avec
B'. Mais devant la queue, nous avons renoncé. Moi surtout. Et donc, retour à la
maison après arrêt à Barbès pour acheter une brick végétarienne (avec deux
morceaux de vache qui rie) pour la petite qui avait faim. Et at
home, décidés à exploiter le stock de DVD, on se décide pour D-War II,
une merveilleuse production je-ne-sais-quoi, puisque tout est écrit en mandarin.
Première
surprise, quand le film commence, ce n’est pas le même titre. Ca s’appelle Shadow
Fury. On se dit : pas grave, ces fourbes d’asiates ont renommé le truc, ça ne sera pas la première fois. D’autant que le film s’avère rapidement
une zèderie à la Nu-Image, pas désagréable, mais en tout état de cause, une
production susceptible de changer de nom suivant les marchés. On continue à être
surpris parce que le film est tourné de toute évidence au Etats-Unis avec des
américains, à l’exception du savant fou et du clone ninja, mais toute l’équipe
technique est japonaise. De plus, ça ne ressemble pas du tout mais alors pas du
tout au visuel de la pochette. Comme entre-temps on est arrivé à LA séquence d’anthologie
du film, on oublie un peu toutes les remarques précitées. Il s’agit de la
séquence dite des perruques. En effet, nos deux héros (le clone ninja et
l’ancien baroudeur des Comores) affrontent le clone de Karaté-Kid ayant pris
1.20 m et 60 Kg en 3 jours tout en ayant perdu ses cheveux (oui, je sais, c’est
un peu compliqué expliqué comme ça, mais ça n’a pas une grande importance).
Big-Karaté-Kid est aidé (si l’on peut dire) par des clones ratés qui
ressemblent pas mal à des zombies, du moins au début, parce qu’ensuite ils
portent d’impayables perruques blondes qui leur retombent sur le visage. Bon on
se dit évidemment : waah, le mec il n’a même pas eu de quoi se payer 10
figurants, donc il réutilise les mêmes avec des perruques pour qu’on ne s’en
rende pas compte ! Même moi, j’ai pas osé faire ça … Mais tout de même :
il s’agit certes d’un petit budget, mais pas d’un film fauché au point de ne
pas pouvoir se payer des figurants. Le plus probable : le jour du tournage
de la scène, seuls 5 figurants se sont pointés au lieu de 10, et il a fallu
faire avec. D’où les perruques. D’autant que sur ces 5 figurants, il n’y a que
deux cascadeurs, qui se tatanent avec un des gentils en alternance, tandis que
les trois autres glandent à l’arrière plan, les bras ballants et les cheveux
devant les yeux.
Y’a pas à
dire : ils sont forts, ces chinois …
Commentaires
Pas tout compris, entre les sous-titres qui n'en sont pas, les libertés de traduction, les bandes audio trafiquées, les acteurs qui ne jouent pas dans le film (avec ou sans perruque), bref y'a de quoi s'embrouiller.
Et c'est sûrement là-dessus que comptent ceux qui entretiennent le marché des contrefaçons...
En fait, au sens strict, ce n'est pas de la contrefaçon, puisqu'il s'agit en fait, si on veut, de vendre un film qui n'existe pas en profitant de la renommé d'un autre et en utilisant un troisième (oui, je sais, c'est encore moins clair).
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